Des hommes armés bra­quent un camion affrété par le Pro­gramme alimentaire mondial (PAM) et le vident de tout son con­tenu, soit 11 tonnes de produits vivriers destinés aux personnes vulnérables de Kitshanga. Les faits se sont passés mardi dernier à Kilolirwe, à environ 50 kilomè­tres à l’ouest de Goma, dans le territoire de Masisi.

Le PAM s’est fortement indi­gné de cette attaque et en a ap­pelé à tous les acteurs sociopolitiques de la RDC à facili­ter le travail des humanitaires. Selon la porte-parole de cette agence onusienne en RDC, Stéphanie Savariaud, la cargaison pillée constituait une aide alimen­taire pour des milliers de Congo­lais considérés comme des per­sonnes les plus vulnérables à Kitchanga, une localité située à environ 80 kilomètres du chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

En RD Congo, le PAM achemine de l’aide alimentaire dans des condi­tions souvent difficiles pour des milliers de personnes déplacées et retournées, s’est plainte Stéphanie Savariaud. De nom­breux écoliers congolais ont bénéficié de l’aide de cette institu­tion internationale ainsi que des personnes infectées par le VIH/ Sida, a-t-elle indiqué pour dénon­cer la gravité de l’acte.

La mission des humanitaires compromise

Le 20 octobre dernier, le bu­reau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) avait dénoncé des atta­ques contre les humanitaires dans l’est de la RDC. Des attaques qui rendent encore plus difficile la dis­tribution de l’aide nécessaire pour la survie des nécessiteux, selon Ocha.

« En diminuant notre accès aux endroits touchés, ceux qui en sont responsables contribuent à la souffrance des millions de per­sonnes vulnérables. Malheureusement, ils ne sont presque jamais traduits en justice », avait déclaré, dans un communiqué John Holmes, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coor­donnateur des secours d’urgence.

Les attaques contre les hu­manitaires tels que meurtres, enlèvements, ainsi que les vols de véhicules et d’autres biens, ont augmenté drastiquement au Nord­-Kivu, indiquait le même commu­niqué. De janvier 2009 à nos jours, un total de 108 attaques contre les humanitaires a été enregistré dans la province, contre 105 atta­ques durant toute l’année 2008.

La tendance a augmenté ces derniè­res semaines, avec sept incidents signalés la semaine passée dans les territoires de Lubero, Masisi, Rutshuru et Walikale, selon le même communiqué. La plupart des attaques ont lieu sur les rou­tes, loin des zones de combat, d’où la difficulté pour les humani­taires de les éviter.

Sur les 105 attaques contre les humanitaires signalées en 2008, moins de dix ont fait l’objet d’enquêtes formelles de la police. Moins d’attaques encore ont abouti à des actions judiciaires, précisait le communiqué d’Ocha. La province de Nord-Kivu héberge actuellement près de 980 000 personnes déplacées inter­nes, plus que n’importe quelle autre province de la RDC.

Malgré l’insécurité persistante qui a con­duit à la mort sept humanitaires de janvier 2008 à ce jour, les agen­ces des Nations unies et plus de 70 organisations non gouverne­mentales opèrent dans cette pro­vince. Elles distribuent de l’aide estimée à plus de 250 millions US sur la base de besoins humani­taires. On estime que les acteurs humanitaires opérant dans la pro­vince sont capables, à ce jour, d’aider au moins 70% des bénéficiaires ciblés, soulignait le com­muniqué d’Ocha.

Uhuru


(CL/Tkm/Yes)