Sur initiative du Premier ministre Adolphe Muzito une commission spéciale devrait quitter Kinshasa pour se rendre incessamment à Dongo.
Une commission spéciale, qui comprendrait des ministres du gouvernement central et des députés nationaux, devrait quitter Kinshasa pour se rendre incessamment à Dongo à plus de 130 Km de la ville de Gemena, dans le district du Sud-Oubangui province de l’Equateur, ou perdure une forte tension après les affrontements meurtriers de jeudi, vendredi et samedi, entre la police et des insurgés armés appartenant au clan Enyele. Sa mission serait de collecter le maximum d’informations sur la situation sécuritaire qui prévaut dans cette localité, et que certaines sources assimilent à une petite « rébellion ».
Née sur fond d’une querelle autour des étangs piscicoles et des sentiments xénophobes entre le clan précité et celui des Monzaya, ce mouvement insurrectionnel n’est pas à banaliser car de nature à embraser un espace géographique plus important.
C’est cela l’option levée mercredi soir par le Premier ministre Adolphe Muzito, au terme de l’audience qu’il a accordée à une délégation des députés nationaux originaires de l’Equateur, conduits par leur collègue.
Patrick Mayombe. La rencontre avait pour témoin très intéressé le ministre chargé de l’intérieur, de la Sécurité et de l’Ordre Public, Célestin Mbuyu Kabango. La proposition a été largement partagée par les interlocuteurs du chef du gouvernement, qui ont exprimé le voeu de voir ce dernier trouver des solutions urgentes à un problème foncier ayant des ramifications économiques et non politiques.
Selon des sources sûres, le Premier ministre a décidé la mise sur pied depuis 48 heures, d’un groupe restreint de travail, comprenant des députés de l’Equateur et des experts de son cabinet, chargés de suivre au jour le jour l’évolution de la situation à Dongo et de lui faire rapport la fin de chaque journée.
L’objectif déclaré est de ramener rapidement la paix sociale dans cette partie de la province de l’Equateur, d’y rétablir l’autorité de l’Etat présentement en ballottage, de favoriser le retour de tous les déplacés internes réfugiés dans les villages et forêts environnants ainsi que de l’autre côté de la rive du fleuve. Congo En gros citoyens congolais et étrangers vivant à Dongo et sa périphérie devraient se sentir sécurisés par les gouvernants.
Le gouvernement ni indifférent... ni impuissant
Le silence observé jusque-là par le gouvernement au sujet des événements de Dongo, que certaines méchantes langues commençaient a interpréter comme un signe d’indifférence ou d’impuissance dans son chef, indique-t-on dans les couloirs de la Primature, résultait d’une fausse impression. Depuis que la milice des « Enyele » avait ouvert les hostilités contre les « Monzaya » et les éléments de la police nationale, soutient-on, Adolphe Muzito ne dormait que d’une oreille et cherchait à avoir un état des lieux exact avant de décider de la moindre initiative à prendre.
Le chef du gouvernement voulait s’entourer de toutes les précautions pour prévenir toute récupération politicienne du dossier. Ses échanges avec Patrick Mayombe et compagnie l’ont davantage conforté dans sa volonté de résoudre la crise par des moyens pacifiques, en privilégiant notamment le dialogue avec les parties en conflit. Tout ce qui se passe à Dongo est pris fort au sérieux à Kinshasa. La situation est si préoccupante que le gouvernement a résolu de « s’approprier le dossier, comme ont dit.
Adolphe Muzito s’est engagé à rester constamment en alerte, aussi longtemps que les filles et fils de Dongo et ses environs ne retrouveront pas la paix des coeurs et des esprits pour vaquer à leurs occupations traditionnelles, à savoir l’agriculture et la pêche.
Kimp/Le Phare
(TN/Milor/GW/Yes)