Deux prisonniers morts par balle, plus de 90 évadés et  plusieurs dossiers brûlés par les prisonniers. Tel est le bilan de l’évasion des prisonniers de la prison centrale de Kindu, lundi en début d’après-midi. Selon la tren­taine de prisonniers restés dans cette maison carcérale, le man­que de nourriture et d’eau depuis trois jours serait à la base du mé­contentement qui a entraîné cette évasion, rapporte radiookapi.net.

Le mouvement brusque des prisonniers a commencé vers 12 heures (locales), après un repas que ces détenus ont préparé eux-­mêmes. Ils ont commencé à escalader les murs intérieurs avec des morceaux des briques et des pierres. Des pierres qu’ils ont ensuite lancées en direction de la garde formée des policiers et des militaires, 6 au total. Selon un des prisonniers, la fuite s’est opérée vers deux grandes directions derrière la prison et à droite vers le couvent des frères maristes. C’est dans cette dernière direc­tion qu’un policier a tiré. Et deux fuyards, touchés, sont morts sur place.

Surpopulation et délabre­ment des infrastructures

Selon les témoignages, le manque d’eau, de nourriture et des soins médicaux serait à la base de la révolte qui a entraîné cette évasion. Avant l’évasion, la prison comptait 136 prisonniers. Apres cette fuite, la prison ne compte qu’une trentaine de déte­nus, en majorité, des hommes en prisonnier parmi les rares civils restés, la discussion a com­mencé le matin. Ils ont réclamé à manger au directeur de la prison, qui a confirmé les faits. Celui-ci aurait promis une solution quand soudain il a vu une pluie des pier­res tomber là où se trouvaient les gardes. C’est vers 15 heures (lo­cales) que le procureur a ordonné à l’autorité urbaine d’enterrer ceux qui étaient décédés.

Les évasions sont fréquentes dans les maisons carcérales de la RDC. La surpopulation, les mauvaises conditions de déten­tion, la corruption et le délabre­ment des infrastructures carcéra­les en sont les causes principa­les, selon plusieurs témoignages. 4 soldats détenus à la prison mi­litaire de Gbadolite, à l’Equateur, se sont fait la belle le 29 août. Le président du tribunal militaire de cette ville, Joseph Kadima, a jus­tifié ces évasions par l’absence de militaires de garde à cette maison carcérale. Cinq jours après, l’auditeur militaire de gar­nison d’Isiro, en Province Orien­tale, major Maurice Lianza, an­nonçait que 22 détenus militaires et policiers se sont évadés de la prison centrale d’Isiro, dans l’in­tervalle d’environ quatre mois. Selon le magistrat militaire, cette fuite massive a été facilitée par le directeur de la prison et son équipe de surveillants. Allégation rejetée par ces derniers.

RO/La Références Plus


(Milor/GM/PKF)