muzitoC’est devant tout le corps diplomatique que le premier Ministre Adolphe Muzito s’est fait l’avocat de la cause congolaise, concernant particulièrement la perspective d’entrée en programme avec le Fonds Monétaire International. En effet, il sied de rappeler que la RDC qui n’était plus en odeur de sainteté auprès de cette institution monétaire internationale, avait connu trois longues années d’interruption.

Parmi les problèmes qui opposaient les vues se trouvaient notamment la question de la convention sino-congolaise. Désormais, assure le premier Ministre, un avenant à cette convention a été signé le 24 octobre 2009. Après amendement de cette convention, il appert qu’elle est compatible avec la viabilité de la dette et que plus rien ne s’oppose à l’allègement significatif de la dette dans le cadre de l’initiative PPTE.


Mais, cela ne peut se faire tout seul, car il y a la conclusion avec le FMI, avant la fin de l’année 2009, d’un programme triennal appuyé par la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC). Le Club de Paris qui se réunit ce 18 novembre prochain est le cadre incontournable pour que le Conseil d’administration du FMI mette ce programme en faveur de la RDC, et ce par l’obtention des assurances de financement.

Aussi, et c’est à l’objectif primordial de la rencontre Muzito-corps diplomatiques accrédités en RDC pour leur demander de faire le plaidoyer de la RDC auprès de leurs capitales respectives afin que le Club de Paris lui soit favorable. Pour en savoir plus, nous invitons nos lecteurs à la lecture intégrale du discours prononcé à cet effet par le premier Ministre Adolphe Muzito à cette occasion.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de mission diplomatique,

J’aimerais vous remercier pour avoir accepté de participer à cette rencontre afin d’échanger sur une question importante concernant la R.D. Congo, à savoir la perspective d’entrée en programme formel avec le Fonds monétaire international (FMI) dans les tout prochains jours, après 3 années d’interruption. En date du 24 octobre 2009, sous l’impulsion du Président de la République, Joseph    KABILA KABANGE,  mon Gouvernement a signé avec la partie chinoise un avenant à la convention de collaboration sino­-congolaise.

Cette convention posait initialement le problème de compatibilité avec la viabilité de la dette de la RDC et celui de la concessionalité de l’emprunt chinois. L’avenant signé avec la partie chinoise a été transmis et examiné par les services du FMI et de la Banque Mondiale. J’ai le plaisir de vous annoncer la réception, par mon Gouvernement, ce samedi 31 octobre 2009 de la lettre du FMI et de la Banque mondiale, confirmant deux points majeurs :

  1. La convention de collaboration ainsi amendée est compatible avec la viabilité de la dette; et
  2. Le montage financier est concessionnel, avec un élément don variant entre 42% et 46%.

Il s’agit ici d’une bonne nouvelle qui permet au Gouvernement de concilier l’objectif d’accélération du développement des infrastructures, dans le cadre du programme sino-­congolais, avec l’impératif d’obtention d’un allègement significatif de la dette, dans le cadre de l’Initiative PPTE. Mesdames et Messieurs, le Gouvernement s’engage vers la conclusion avec le FMI, avant la fin de l’année 2009, d’un programme triennal appuyé par la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC), de manière à consolider la stabilité du cadre macroéconomique  et accélérer notre programme de réformes structurelles.

Ce programme contribuera à avancer vers le point d’achèvement de l’Initiative PPTE et l’allégement de la dette auquel nous souhaitons parvenir le plus rapidement possible l’année prochaine. Cependant, la mise en oeuvre par le Conseil d’Administration du FMI d’un programme FRPC en faveur de la RDC passe par l’obtention des assurances de financement lors de la prochaine réunion du Club de Paris prévue pour le 18 novembre prochain.

C’est dans ce cadre que le Gouvernement a transmis hier au Secrétariat du Club de Paris une étude sur l’analyse de viabilité de la dette et l’évaluation par les services du FMI et de la Banque mondiale du degré de concessionalité du financement des projets dans le cadre de la Convention de collaboration sino-congolaise. C’est ici pour moi l’occasion de vous demander de faire le plaidoyer auprès de vos capitales respectives pour que l’issue de cette réunion du Club de Paris soit favorable à la RDC.

Mesdames et Messieurs, Qu’il me soit permis de vous remercier pour l’attention que vous avez toujours accordée aux multiples défis de développement auxquels font face les pays post conflit et à faible revenu en général, la R.D. Congo en particulier.

Je pense ici à deux actions précises :

1. Votre mobilisation et votre soutien actif pour le décaissement rapide par le FMI de l’aide d’urgence de 200 millions de dollars au mois de mars 2009 pour faire face aux dures conséquences de la crise financière internationale ; et

2. Le rôle discret, mais éminemment décisif que vous avez joué pour nous accompagner dans nos discussions avec nos partenaires chinois pour l’harmonisation de nos deux objectifs, à savoir, le programme des infrastructures  et l’allègement de la dette. L’approbation par le FMI de cette aide d’urgence au titre de la Facilité de Protection contre les Chocs Exogènes avait permis à mon Gouvernement de mobiliser plus de 300 millions de dollars supplémentaires. auprès d’autres bailleurs multilatéraux et bilatéraux: la Banque mondiale, la BAD, l’Union Européenne et la Belgique.

Mesdames et Messieurs,

Comme je l’ai dit tantôt,  mon Gouvernement mise sur la reprise d’une coopération formelle avec le FMI pour stabiliser davantage le cadre macro-économique et accélérer, via la mise en oeuvre des réformes structurelles et l’établissement    d’une plate-forme minimale d’infrastructures, le processus de reconstruction et la modernisation de l’économie congolaise. Cette modernisation passe par l’assainissement de la gestion des finances publiques à  travers l’amélioration de la qualité de la dépense publique et la restructuration des administrations de collecte d’impôts et taxes ainsi que la transformation des entreprises publiques.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de mission diplomatique, Nous sommes pleinement conscients que nous devons redoubler d’efforts pour remplir en 2010 les conditions budgétaires nécessaires à la consolidation de la bonne gouvernance et de la transparence, à la stimulation de la croissance économique et à la réduction de la pauvreté. Le projet de Budget de l’Etat pour l’exercice 2010 que mon Gouvernement a soumis au Parlement prévoit des ressources propres de l’ordre de 50% des recettes totales, ce qui est parfaitement réalisable au regard des performances déjà accomplies en matière de collecte d’impôts, de taxes et redevances depuis 2001.

Nous comptons en effet consolider les efforts de rigueur et de bonne gouvernance instaurée comme mode de gestion, notamment en relevant le niveau des recettes par rapport au PIB et en, améliorant l’équité fiscale. Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de mission diplomatique, J’ose espérer que ces remarques préliminaires serviront de matière à discussion pour nos échanges aujourd’hui. Je vous invite à aborder ces questions dans un climat de franchise. En ce qui nous concerne, nous sommes ouverts à vos avis et conseils.

Je vous remercie.


Adolphe MUZITO


Le Palmarès


(DN/TH/GW/Yes)