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Une menace de mort plane sur la tête de François Mwamba, secrétaire général du MLC. Ses collègues, congénères comme lui du Grand Kasaï menacent de venger la mort de leur frère du terroir. Menaces pour menaces !

francois mwambaUn confrère de la place et non pas n’importe lequel, LE PHARE - pour ne pas le citer - dont on connaît les attaches matrimoniales à « l’espace grand kasaï » a dans sa livraison de lundi 02 octobre 2002, sous le titre « Les jours de François Mwamba sont comptés », rendu publique ce qu’il appelle « une fatwa prononcée par des libérateurs d’un genre nouveau, des individus qui veulent tout basculer et tout bousculer pour instaurer un nouvel ordre politique en République démocratique du Congo ».

La victime de ce décret de mise à mort programmée dans le temps n’est autre que François Mwamba, député national de son état, et de surcroît, a ajouté notre confrère, secrétaire général du Mouvement de libération du Congo (MLC). Car, comme le constate notre confrère après analyse du message lu sur le net, les griefs formulés contre ce dernier le vouent aux pires gémonies et mettent sur son dos toutes les vestes politiques essuyées par le parti de Jean-Pierre Bemba depuis que celui-ci a solennellement renoncé à l’option militaire pour prendre le pouvoir, « l’énoncé des griefs formulés à son encontre est accompagné d’une menace : François Mwamba doit évacuer la scène au plus tard le soir de la diffusion des résultats de l’élection du gouverneur de l’Equateur ».

Les mobiles étant clairement définis et l’échéance arrêtée, il ne fallait pas plus pour ameuter la communauté kasaïenne, toutes tendances politiques confondues, sur le sort macabre promis à François Mwamba qui est non seulement leur confrère, mais aussi et surtout l’un de leur terroir. Honnis peuvent être les esprits mesquins qui trouveraient à redire sur cette mobilisation spontanée des élus d’un coin de la République en faveur d’un de leur fils promis à une issue fatale si ouvertement exprimée !

On aurait souhaité qu’au lieu des seuls élus du Grand Kasaï on assistât à une levée de boucliers de la part de tous les élus de la nation face à cette menace qui les visent tous par leur collègue interposé. De la sorte, ils auraient alors fait preuve de solidarité nationale vis-à-vis de leur collègue et enlevé à la démarche des députés des deux Kasaï cette connotation ethno-tribale qu’elle exhale, nonobstant la pertinence de leur motivation.

Car l’absence de tout soutien du reste de la Représentation nationale laisse craindre un retour de flamme dangereux pour la sécurité et la paix intérieures dès lors que, refusant d’obtempérer aux injonctions que lui ont données ses correspondants sur le net, il ne vide pas le plancher au cas où ça tournerait au désavantage du MLC à l’issue du scrutin du 14 novembre prochain.

A quel scénario assisterons-nous, le cas échéant ?

Même si le message lu sur la toile reste circonspect sur le sort qui sera réservé à François Mwamba sur la tête duquel retombent tous les péchés d’Israël, ses adversaires déclarés semblent être décidés de lui en faire voir des vertes et de pas mûres. Si l’on n’y prend garde, Fr. Mwamba court le risque de se retrouver sur le sentier qui enfante les martyrs ! A moins que !...

Mais tel n’est cependant pas l’avis des 42 signataires de la Déclaration dite des « députés nationaux des provinces du Kasaï Occidental et du Kasaï Oriental ». Les congénères du secrétaire général du MLC envisagent pour leur part trois pistes de solution possibles pour sauver la tête de leur frère du terroir.

Dans un premier temps, « ils ont mis en demeure  le « chairman » et le MLC de prendre clairement position face à la campagne de dénigrement anti-Mwamba et de garantir la sécurité de son secrétaire général », écrit FORUM DES AS ce mercredi matin 04 octobre. Au demeurant, ceci ne fait que refléter l’exigence qu’ils formulent au troisième point de leur déclaration.

 Deuxièmement, ils en appellent à l’intervention de l’autorité publique afin qu’elle use des prérogatives régaliennes qui lui sont dévolues en pareille circonstance pour préserver la sécurité, la paix et l’ordre publics à l’intérieur au sein de l’espace national.

Soit alors - hypothèse plus qu’effrayante quand bien même elle n’est nullement envisagée parmi les six points de ladite déclaration - que toute atteinte à l’intégrité physique de François Mwamba soit suivie d’une riposte à la mesure de la situation. C’est-à-dire, nous nous permettons de le penser : le déclenchement d’une inutile saint Barthélemy aux conséquences incalculables, parce que celle-ci mettrait alors deux communautés nationales, les Kasaïens et les Equatoriens dans un face à face meurtrier ! On peut imaginer la suite !

Cette dernière perspective trop apocalyptique dans sa matérialisation et démoniaque dans sa conception ne pourrait avoir qu’un seul résultat: enlever à la RD Congo tout le bénéfice des avancées significatives que le peuple congolais a patiemment et laborieusement réalisées sur le chemin de la démocratie en trente ans de luttes fratricides et de tâtonnements. Ce peuple espère que toutes les parties en cause lui fassent l’économie d’un holocauste dont il n’a pas besoin, maintenant qu’il a ses efforts et son regard tournés vers les objectifs de satisfaction de son bien-être, et non d’une nouvelle guerre qui ne pourra, comme les précédentes lui apporter ni paix ni démocratie.

C’est ici l’occasion de nous interroger, à l’instar du PHARE, s’il n’y a pas lieu de mettre en parallèle d’une part, la menace de mort qui plane sur le secrétaire général du MLC et « le contexte d’insécurité aussi soudaine que bestiale qui a vu la capitale congolaise enregistrer une longue série de crimes inexpliqués imputée à une équipe armée roulant à bord d’une Jeep blanche Land Rover non immatriculée », il y a trois semaines à Kinshasa.

Et d’autre part, si ce parallèle ne peut s’avérer plausible, on pourrait également se demander si le déchaînement de la folie des hommes qui a fait plusieurs morts à Dongo et Kungu, deux localités non éloignées de Gemena, dans la province de l’Equateur – pour le contrôle des étangs, prétexte-t-on – ne serait pas suspect de connexion avec le Mouvement populaire de défense du Congo qui a lancé la fatwa contre le secrétaire général du MLC.
D’autant plus que ce mouvement donne l’impression, dixit LE PHARE, d’être une dissidence disposant des attaches solides au sein du MLC, et qu’il se manifeste surtout au moment où le sang coule abondamment et inutilement à l’Equateur ».

En tous les cas, on ne peut nier que telle qu’elle se présente, la situation donne l’impression que l’on se trouve en présence de coïncidences troublantes, même s’il n’existe apparemment aucun lien de causalité entre tous les faits qui en, constituent la trame! En tous les cas également, les Services ont du pain sur leur table. Pourvu que le petit peuple ne paie pas pour les autres !

Clément Vidibio/MMC


(CV/DN/Yes)



Last edited: 04/11/2009 18:00:06

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