Le producteur Godefroid Elongama aborde la dernière ligne droite qui mène à la sortie du premier album Nsombe de Chiga Chiga enregistré entre Kinshasa et Neuchâtel. À quelques semaines de l’événement, l’intéressé est sur tous les fronts et quasi quotidiennement sur la route entre Genève, Neuchâtel, Lausanne et la France voisine. En point de mire, la date du 28 novembre 2009 arrêtée pour la sortie officielle de l’album à Lausanne.

Un clin d’œil au destin car c’est cette ville helvétique qui a été la première à accueillir Godefroid Elongama lorsqu’il est arrivé en Suisse pour y poursuivre ses études. Entretien à bâtons rompus avec le producteur…

AFRIQU’ÉCHOS MAGAZINE (AEM) : Votre passage à Lausanne n’est sans doute pas fortuit…
GODEFROID ELONGAMA (GODÉ) : J’annonce une grande fête, un moment historique, la sortie effective de l’album Nsombe qui est fin prêt. Le master vient de sortir du studio Top Master La source, qui est une maison de référence à Paris. La deuxième bonne nouvelle : nous aurons une représentation exclusive pour l’Angola où la personne désignée est aussi le sous-éditeur et le sous producteur de l’album. Ce qui lui donne le droit de représenter la maison et, en même temps, l’album « N’sombe » dont le pressage et la distribution se feront sur place à Luanda. Cette personne est quelqu’un de qualité, elle jouit de mon entière confiance et se rendra bientôt à Luanda.

AEM : Comment se passera la distribution en Suisse et ailleurs ?
GODÉ : En Suisse, dans un premier temps, c’est moi-même et ensuite on verra avec une maison de distribution qui serait intéressée et avec laquelle je suis en négociations. L’objectif est de placer l’album notamment dans les rayons de la MIGROS et de la FNAC. Pour ce qui est de la France, c’est en principe le cinéaste et producteur Laurent Stunis qui est le représentant exclusif de la Maison Godefroid Elongama et qui sera le sous-producteur et le sous-éditeur de N’sombe. C’est également lui qui va tout organiser et négocier la diffusion du clip de la chanson « Bonne année », qu’il va lui-même réaliser, sur MTV et M6. Quant à la distribution, elle se fera dans le circuit traditionnel : Virgin Megastor, FNAC ... Pour la Belgique, tout comme pour le Royaume Uni (UK). la RDC, le Congo-Brazzaville, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, les personnes intéressées peuvent nous contacter via le site www.chigachiga.org . La porte reste donc grandement ouverte.

AEM : Les chansons de cet album sont, pour la plupart, plutôt longues par rapport au format souhaité par la majorité des radios et télés occidentales…
GODÉ : Les chansons de Chiga Chiga, à l’instar des chansons congolaises, ont un style particulier, leur propre identité : il y a le chant ensuite la cadence, il y a aussi des chansons avec du « sebene » au démarrage, puis une accélération au refrain, avec un chant stable. Les chansons durent entre 5 et 10 minutes. Le morceau « Makoulé » sur lequel intervient Stefaine a une durée de 5 minutes, « Bonne année » dure environ 6 minutes... Pour Chiga Chiga, le plus important, c’est de plaire aux mélomanes. Auparavant, il était prévu 2 « génériques » ; on a dû retirer 3 chansons. L’album a donc 11 titres au lieu de 14. Avec les thèmes développés dans les chansons comme«  Lombombokodji » par exemple (qui veut dire papillon en français), l’artiste entend valoriser non seulement la musique mais aussi la culture africaine à travers cette musique. C’est un message fort pour l’Afrique où la culture est basée sur la tradition orale. Et l’artiste a ce pouvoir, cette force de faire passer le message.

AEM : À vous entendre, l’album va cartonner, n’est-ce pas un optimisme démesuré ? Chiga Chiga n’en est qu’à son premier coup d’essai malgré ses 20 ans de carrière...
GODÉ : C’est vrai que Chiga Chiga a un long parcours, mais cet album est à 80 % différent de tout ce qu’il a fait auparavant. Au départ, l’ingénieur du son Jérôme était sceptique, aujourd’hui, il a les mots justes pour apprécier les qualités de l’album. Beaucoup d’autres personnes, pas de Congolais, pensent aussi que c’est un bel album et qu’il va cartonner. C’est le cas de Stefaine, une Suissesse, prof de musique qui fait les choeurs dans l’album, de Yann, qui intervient au saxophone, Florian Marsaud le « Mundele Swede » que vous avez d’ailleurs interviewé, Johnny Bastienne qui est passé dans « Échos d’Europe » (une émission de la Radio-Télévision nationale congolaise) ... Enfin, bref, tous les amateurs de la bonne musique, aussi bien africains qu’européens qui ont pu écouter un ou des extraits de cet album, attendent impatiemment sa sortie.

La petite Charlotte Elongama, très ravie de présenter le Master de l’album Nsombe

AEM : Le succès d’un album dépend aussi d’une bonne promotion, qu’est ce qui est prévu concrètement dans ce cadre ?
GODÉ : Nous sommes en train de travailler par étapes, pour le moment nous en sommes à l’organisation, à la mise en place, et nous allons bientôt arroser les chaînes de radio et de télévision du Congo, de l’Angola. Et à partir de Novembre (l’interview a été réalisée à la fin octobre ndlr), nous allons passer à la vitesse supérieure, accentuer le niveau de la promotion car il faudra à ce moment-là mettre un coup d’accélérateur. Nous sommes en train de franchir les étapes pas à pas car il faut un suivi et c’est très important.

AEM : Qu’est-ce qui va réellement se passer le 28 novembre au CPO à Lausanne ? (1)
GODÉ : Ce sera le lancement, le coup d’envoi officiel, la mise sur le marché du disque de cet album que le public attend impatiemment.

AEM : Ce retour sur scène de Chiga Chiga sera aussi marqué par des concerts en Suisse, en Belgique et en France. Avec quelle équipe va-t-il se produire ? Serait-ce avec les musiciens qui l’ont accompagné au studio en Europe ou plutôt avec ceux de Kinshasa ?
GODÉ : Quand on aime la poule, on doit forcément en apprécier les œufs. C’est pour dire que les artistes de Kinshasa, si pas tous mais au moins une partie d’entre eux, seront également associés à ces concerts. Pour leur présence et leur contribution ô combien précieuse dans l’album, ils méritent respect et reconnaissance, on doit donc les honorer.

AEM : Chiga Chiga parle très peu de son album, il préfère laisser d’autres personnes le faire à sa place
GODÉ : Comme le commun des mortels, Chiga Chiga a, lui aussi, ses qualités et ses défauts. S’il ne parle pas beaucoup, c’est parce que, en tant que réalisateur de son album, il est plus concentré sur son travail. Chiga Chiga est lié à la musique comme l’est un bébé à sa mère par le cordon ombilical. Il faut dire qu’il n’a jamais eu la chance d’être produit sur disque. Aujourd’hui, je suis fier de lui car il a franchi tous les obstacles qui le freinaient. L’album va faire un malheur.

AEM : Le tout s’annonce bien alors et il n’y a plus qu’à attendre ?
GODÉ : Je lance un appel à quiconque souhaiterait produire Chiga Chiga de nous contacter. Donc, je leur tends la main. Chiga Chiga est déjà un champion des spectacles, avec la sortie de cet album, il va passer à la vitesse supérieure. Mais, qu’il vente ou qu’il neige, Chiga Chiga va remonter sur scène. Je profite de cette tribune pour saluer et remercier Jérôme, l’ingénieur de son, Florian Marsaud "le Mundele Swede" qui chante dans l’album, qui a beaucoup fait et continue à apporter énormément, Mimi Orange qui a embelli l’album de sa voix angélique, le guitariste Auguy Lutula qui a réalisé un travail fantastique, Jhonny Bastienne (Suisse d’origine seychelloise) qui s’occupe des questions juridiques dans notre maison de production, Laurent Stinus, le réalisateur du clip de la chanson « Bonne année ».

Je n’oublie pas ma famille à Kinshasa : Philomène Elongama qui s’est beaucoup investie dans le projet, Paulo qui continue à encadrer le groupe à Kinshasa, Emma Elongama, votre consoeur Mamie Ilela, ainsi que vos confrères Kim Kim Afri et José Mpaka Ikombe. Mes remerciements également, pour sa bonne collaboration, à JB Lubangi qui nous a toujours soutenus et qui s’est engagé à organiser les premiers concerts, à la Maison Grafal, à Roberto de Photo Torno à Lausanne, à votre confrère JP Onema ainsi qu’à son réalisateur Jerôme Miguel. Ma profonde gratitude, pour leur soutien indéfectible, à Afro Chic, à Jeanny Express, Ma Ele Kina de Genève, à Mamie Mbeka, Marie-Claire du Restaurant Fula Ngenge, à tous les fans de Lyon, et ils sont tellement nombreux que je ne peux les citer tous...

Ce mot de remerciement va également à Ekoko Mbonda, pour ses précieux conseils, aux artistes musiciens Kennedy Mbala et Jerryson de Genève, à Gaël Vigouroux le webmaster, à Blanca Landiheer, au Tropical shop La Diaspora, à Duran Maku. Enfin, je tiens à remercier Thomas, mon voisin, Marwan, Marianne et mes enfants Charlotte et Emmanuel qui m’ont toujours été d’un grand soutien dans ce que je fais.

Jossart Muanza/AEM/MMC


(BT/PKF)