enfantsNombreux  sont ceux qui  croyaient que le trafic des êtres humains appartient à l’histoire. Erreur, car ce commerce déshumanisant est en­core d’actualité à travers le monde, y compris en République démocratique du Congo.

La traite des êtres humains, particulièrement les enfants, se déroule sous plusieurs formes. C’est l’organisation non gouvernementale «  Afric Action » qui vient de rappeler à l’opinion cette triste réalité, pourtant en­core d’actualité, que beau­coup semblaient ignorer.

C’était au cours du séminaire qu’elle a organisé au centre catholique Bon­deko du 29 au 30 octobre, 2009, avec l’appui financier de l’Organisation interna­tionale de la Francophonie
(OIF).

Une trentaine de participants issus de diver­ses catégories sociales, dont les journalistes, enseignants, artistes et activistes de la société civile ont sur « la formation des formateurs sur la traite des enfants et pratiques similaires en Ré­publique démocratique du Congo.

De la pire forme qu’on connaît (échange d’être humain contre des pièces de monnaie) à celle voilée, la traite continue à faire rage dans le monde, surtout dans les pays pau­vres.

Pendant deux jours, les participants ont suivi des exposés au cours desquels les intervenants ont expli­qué toutes les formes de traite. Ces communica­tions aux thèmes diversifiés portaient respectivement sur les droits des enfants, la traite des enfants et ses conséquences, la protec­tion sociale des enfants vic­times de la traite et faits si­milaires, la protection légale et juridique des victimes de la traite, le rôle des médias dans la sensibilisation et la prévention contre la traite des enfants.

Un fléau à éradiquer

Dans son discours d’ouverture des travaux, le président d’Afric Action a déclaré que la traite des en­fants et pratiques similaires est une réalité peu connue de beaucoup de personnes en République démocrati­que du Congo, mais ayant des conséquences néfastes directes ou indirectes sur une portion importante de la population.

Pour ce faire, Guy Ikobo Kobo en appelle à la conjugaison des efforts en vue de combattre ce qu’il a qualifié de forme moderne d’esclavage, en créant une synergie pour le bien-être des enfants et de la socié­té.

Dans son adresse, il a démontré comment l’es­clavage se pratique dans sa forme moderne. Elle consiste à dé­placer un enfant du toit pa­rental aux fins de l’exploiter.

Cette exploitation revêt plusieurs formes, no­tamment la prostitution, le travail ou service forcé, l’exploitation sexuelle, la servitude, l’esclavage ou pratiques analogues, le pré­lèvement d’organes, etc. Dans ce sens, l’en­fant est considéré comme une marchandise qui peut transiter d’un pays à l’autre ou s’effectuer à l’intérieur des frontières nationales.

Face à ce danger qu’il faut à tout prix combattre et éradiquer, l’orateur a dit que son organisation a décidé de mener des actions de plaidoyer pour sensibiliser tout le monde aux menaces de ce fléau déshumanisant.

Ce qui justifie le lancement des activités de sensibilisation sur la traite des enfants et pratiques si­milaires en Rdc. Pour revenir aux communications, la plupart des intervenants ont dé­montré noir sur blanc que la traite des enfants existe bel et bien  à Kinshasa, sous plusieurs formes.

A titre d’illustration, ils ont pointé du doigt les petits mineurs qu’utilisent les tenancières des gargots au grand marché. Tout com­me ceux qui font des tours à travers la ville avec un gros bassin d’eau pure sur la tête, etc.

Même chose avec des enfants placés qui chez un proche parent ou une connaissance. Souvent ces enfants sont employés comme de véri­tablement esclaves, et non des êtres humains ayant des droits.

Des images insupportables

Hormis les exposés, des films documentaires ont été aussi projetés. Le premier portant sur les droits de l’enfant est l’oeu­vre de notre compatriote Guy Kabeya. Le second a été réalisé en Afrique de l’Ouest par un sujet européen.

Un moment émou­vant, vraiment insupporta­ble pour tout être humain créé à l’image de Dieu. Le film réalisé au Be­nm, Nigeria et dans les pays voisins démontrait à quel niveau se situait la cruauté humaine!

Des mineurs dont certains âgés de six ans commis dans des carrières pour concasser les pierres ; d’autres soumis au commerce ambulant, au travail de ménage sans moindre répit... bref, aucun partici­pant n’est resté insensible en regardant ces images.

Pire, certaines fa­milles conscientes de ce danger ne manifestent pas le moindre souci. Pour elles, l’essentiel est de se débar­rasser de la « charge » en expédiant des enfants chez les proches parents qui à leur tour les placent auprès des commerçants pour y travailler sans être rémunéré. Et c’est le placeur qui per­çoit le salaire à la fin de cha­que mois. Soit ils sont gar­dés dans les familles où ils ont été envoyés... mais pour y subir quel traitement!

Une réalité atroce et difficile à supporter qui in­terpelle quiconque. Surtout les dirigeants africains qui ne cessent de crier développement, alors que le so­cle de celui-ci qui s’appelle l’être humain vit dans des conditions inhumaines qui ne peuvent promouvoir son épanouissement.

Dom/Le Phare


(DN/Milor/GW/Yes)