Neuf mois après avoir reçu du gouvernement RD-congolais la mission de stabilisation des activités de l’ONATRA, la firme PROGOSA peut se targuer d’avoir accompli à 40% son contrat, ce malgré le climat social délétère créé par l’ancien ADG Claude Pécune Ponson, contesté par le personnel pour son manque de dialogue.
Cependant, l’ADG démis, malgré son caractère atypique et son orgueil, n’a pas été pour autant incompétent. Il a réussi à accomplir une part importante de la mission de stabilisation des activités de l’ONATRA. Il n’a laissé derrière lui aucun contentieux commercial entre l’entreprise et des tiers et, encore moins, des arriérés des salaires. A Mbandaka, par exemple, les travailleurs avaient 32 mois d’arriérés des salaires, il a tout apuré.
C’est à croire, s’interroge-t-on, si la mésentente entre lui et le personnel n’était pas cristallisée à dessein par des groupes d’intérêt qu’il a combattus. L’on ne le saura jamais. Mais, ce qui est vrai, la firme PROGOSA via ses experts qualifiés placés dans des postes organiques à l’ONATRA est parvenu à augmenter de 5 à 30% le chiffre d’affaires, et est parvenu à recouvrer 85 % des montants factures.
Elle a ensuite bloqué toutes possibilités de fraude. Actuellement, il n’est plus question d’entreposage au port de Matadi comme avant. Ce port est un port de transit et non d’entreposage. Avant la mission de PROGOSA, les entreposages faisaient perdre mensuellement 4 à 5 millions USD par des notes de débits frauduleux à travers un système mafieux pyramidal. Les clients véreux profitaient des entreposages au port de Matadi.
L’ONATRA leur demandait de faire garder leurs marchandises dans des entrepôts du port par les propres services. Curieusement, chaque fois, il y avait la disparition des 50 ou 100 sacs de sel, riz ou farine. Cette disparition était mise sur le compte de l’ONATRA du fait de cette complicité mafieuse impliquant un vaste réseau de ses propres agents, du plus petit au plus grand dans la hiérarchie de l’entreprise.
L’ONATRA émettait, pour payer sa faute et chaque mois pour des cas similaires, des notes de débit pour ces pertes. En compensation, il transportait gratuitement les marchandises de ces commerçants véreux. Ayant mis fin à cette fraude qui grevait les ressources de l’entreprise, la firme PROGOSA fait gagner présentement à l’ONATRA, chaque mois, pour les entreposages de marchandises, 10 à 12 millions USD.
Un long processus porteur
Et comme l’on peut se rendre compte, cette mission est loin d’être ce que l’on croit: une combine pour liquider cette entreprise des transports. Les partisans d’un tel discours savent ce qu’ils cherchent.
Mais ce qui est vrai, le gouvernement, en 2001 déjà, avait remis en question la gestion des affaires commerciales de l’Etat. Il envisageait plusieurs pistes de solutions telle que le partenariat avec une tierce partie, via la gestion privée/ publique. Au fond, il était plus question pour les décideurs de réfléchir sur des voies et moyens de la révision du mode de gestion des entreprises publiques et, de la même manière, de trouver des mécanismes novateurs de financement des investissements à leurs profits.
L’option de la mission de stabilisation à l’ONATRA autant qu’à la RVA et à la SNCC procède de cette option du gouvernement. La firme PROGOSA est donc appelée à remettre à flot l’ONATRA, non seulement qu’il redevienne nécessairement comme il était il y a 20 ou 18 ans, pour que ses activités, quasiment en cessation, se stabilisent et arrêtent de se dégrader. Elle doit produire, chaque mois, des rapports sur les flux de la trésorerie et de la production et, également, sur la gestion générale de l’ONATRA. Et, après une année de sa mission qui s’étale sur deux ans, une fois renouvelable, il sera procédé à la revue à mi-parcours de sa gestion. Et, plus tard, à une deuxième revue.
Au demeurant, la firme PROGOSA a été recrutée pour sauver l’ONATRA de disparition. Parce que l’entreprise avait perdu toute confiance.
Criblée de dettes, aucune banque ne pouvait lui céder un crédit à long terme pour financer l’investissement en outils de production lourds. Et, selon des sources crédibles, il est indiqué que la firme PROGOSA avait, au début de ses activités, produit son plan de stabilisation lequel devait être validé par le gouvernement.
Les mêmes sources affirment que ce plan de PROGOSA, envoyé au gouvernement depuis 2008, n’a jamais été validé et ce, sans la moindre explication. Et pourtant, ce plan contient les informations de premier ordre sur les moyens d’optimaliser la gestion de cette entreprise de manière à créer des ressources internes et à répondre aux problèmes structurels qui se posent sur les plans opérationnel, organisationnel et financier.
Dans tous les cas, le nouvel ADG Raymond Georges qui est arrivé à Kinshasa depuis le week-end dernier et qui sera présenté aux travailleurs ce lundi 2 novembre, sauf changement de programme, va certainement renouveler la démarche auprès du gouvernement en vue d’obtenir le quitus de ce plan.
Portrait du nouvel ADG de l’ONATRA
Le nouvel Administrateur directeur général de l’Office national des transports -ONATRA- a pour nom Georges Raymond. De nationalité française, il est né le 18 novembre 1943. Il a une formation d’ingénieur diplômé de l’Ecole nationale des Travaux publics de l’Etat de Paris, en 1968.
Cet homme qui vient de remplacer Claude Pécune Ponson dans ses fonctions d’ADG de l’ONATRA a fait son service militaire au Gabon, au titre de la Coopération technique française où il était affecté au service d’études et travaux neufs au port de Libreville entre 1968 et 1969.
De 1976 à 1982, en France, il était ingénieur subdivisionnaire du Service maritime et de navigation du Languedoc Roussillon où il a supervisé, entre autres, 1’extension et de grosses réparations et entretien des ouvrages d’infrastructures du Port de commerce, de pêche et de plaisance de port de Vendrez. Entre 2003 et 2007, Georges Raymond a été Directeur général de la Société d’investissements et de gestion des ports et rades du Gabon -SIGEPRAG- pour le compte de la Firme PROGOSA.
C ‘est en fait une société anonyme de droit gabonais créée en 2003 suite à la mise en concession par l’OPRAG des ports commerciaux de Libreville et de port Gentil. Enfin, entre 2008 et 2009, il était Directeur régional de PROGOSA pour les pays du Sahel, Burkina Faso où il résidait, Mali et Niger.
AfricaNews
(Tkm/CL/PKF)