Les députés nationaux du Grand Kasaï, toutes tendances confondues, ont battu le rappel des troupes. Solidaires avec leur collègue, les élus sonnent le tocsin, dénoncent des SMS de la mort en demandant au Mlc de sécuriser son SG inquiété.
François Muamba est en danger. Le contenu de ce message anonyme -bien que la source se dévoile- mais qui le cite nommément laisse pantois: « Nous, militaires du MLC, nous avons été trahis par des traîtres dans nos rangs, mais nous avons été capables de les sécuriser, nous pouvons aussi les mettre en insécurité. C’est pourquoi, François Mwamba n’est plus considéré comme étant qualifié pour mener le combat. Nous exigeons sa démission et son remplacement par Thomas Luhaka qui nous semble mieux indiqué pour l’instant.
A défaut de s’exécuter au plus tard à la diffusion de l’élection à l’Equateur, nous n’hésiterons pas à le neutraliser. Ainsi, nous invitons les cadres du MLC à prendre les mesures nécessaires afin d’éviter une incursion », signé colonel Joris Nkombe, peut-on lire dans ce SMS du week-end dont le caractère menaçant n’est pas à mettre en doute, ça donne plutôt matière à réfléchir en ce moment où le parti de Jean-Pierre Bemba est secoué par des dissensions liées à une lutte injustifiée pour le fauteuil du gouverneur de l’Equateur.
Des gens, à la manière des fauves blessés, ont décidé de se jeter dans l’arène en candidats indépendants lorgnant ce poste qui normalement, revient de plein droit au parti du chairman. Des analystes se posent la question de savoir qui serait en train de tirer les ficelles dans l’ombre pour semer le doute au sein du MLC en ce moment où son leader continue de passer des jours sombres dans une cellule de la CPI, une institution judiciaire qui non content de continuer de détenir JPBG après lui avoir fait miroiter les perspectives d’une liberté provisoire, est passée à la vitesse supérieure la semaine dernière en indexant ses biens qu’elle ambitionne de saisir. La communication faite par Paul Madidi, le chargé de communication de CPI/RD-Congo le même week-end est encore fraîche dans les mémoires des RD-Congolais et des sympathisants du chairman. De quoi conclure qu’une main noire tapie dans l’ombre tire les ficelles.
L’alerte des Kasaïens
Cela, les députés nationaux des deux Kasaï, toutes tendances confondues, l’ont compris. L’urgence s’imposait. C’est ainsi qu’ils se sont réunis le samedi 31 octobre 2009 pour tirer les choses au clair. A l’issue de leur rencontre, les élus kasaïens ont publié une déclaration par laquelle ils tapent du poing sur la table en dénonçant et condamnant avec énergie les menaces de mort et de déstabilisation politique qui pèsent sur leur collègue François Muamba Tshishimbi. La déclaration des députés souligne que ces menaces sont contraires aux règles élémentaires de la démocratie et à la morale.
Une raison pour eux de mettre en garde tout individu ou groupe d’individus qui seraient tentés de porter atteinte à l’intégrité physique du SG du MLC. Poussant loin leur logique, les députés du Grand Kasaï ont lancé un appel vibrant au MLC, son parti: « compte tenu des hautes responsabilités que notre collègue François Muamba assume à la tête du MLC et de la situation qui prévaut actuellement, nous exigeons, dans les meilleurs délais, du MLC et de son autorité morale, une position sans ambiguïté et des garanties de sécurité pour lui », conseillent les élus du peuple. Ils prennent l’opinion à témoin non sans avoir demandé aux notables des deux Kasaï de se mobiliser et de prendre toute initiative requise afin d’approcher leurs collègues de l’Equateur, province d’origine supposée de l’auteur du message de mort diffusé sur Internet.
Laurent Buadi/AfricaNews
(TN/TH/DN/Yes)