Un communiqué de l’Alliance de la majorité présidentielle lève les confusions que d’aucuns cherchent à entretenir autour de l’enjeu de l’élection prochaine du nouveau gouverneur de l’Equateur pour laquelle le camp présidentiel garde une neutralité positive sans gêner aucun candidat
Dans exactement dix jours les députés provinciaux de l’Equateur vont procéder à l’élection du nouveau gouverneur et nouveau vice-gouverneur de leur province. Il s’agit d’une élection au second degré particulièrement déterminante pour l’avenir de cette province actuellement au centre de gros enjeux politiques de l’heure. C’est donc à une croisée des chemins décisive que se retrouve ainsi la province de l’Equateur considéré généralement comme des fief et bastion naturels du parti de l’opposition MLC (Mouvement de libération du Congo) dont le leader Jean-Pierre Bemba a été incarcéré à la Cour pénale internationale (CPI).
Parce qu’il est question de remplacer un nouveau gouverneur au poste convoité d’où a été éjecté un titulaire leader du MLC désavoué, le scrutin est donné comme lieu de bataille de reconquête, sinon de perte de contrôle de la province par le parti de Jean-Pierre Bemba. Cette situation fait déjà exploser le malaise interne qui couvait déjà au sein de cette formation politique. Les ténors s’entraccusent de tous les maux politiques du fait du manque de cohésion apparu dans leur conduite des affaires du parti. Telle est la toile de fond de la guerre des tranchées qui vient de s’ouvrir récemment entre l’intérim de la direction du MLC incarnée par son Secrétaire général François Mwamba et son concurrent l’ancien gouverneur José Makila.
Comme souvent dans des pareils cas, l’on aime déplacer le problème et trouver ailleurs des boucs émissaires, des spéculations vont bon train pour indiquer que la débâcle dans les rangs du MLC proviendrait de manœuvres déstabilisatrices du camp adverse, donc de l’Amp, l’Alliance de la Majorité présidentielle. C’est vite dit mais sans être si évident. Face à ces confusions, l’Amp ne pouvait laisser se faire prêter de telles insidieuses manœuvres. Son Secrétariat exécutif a réagi le week-end en publiant communiqué qui présente sa réelle position dont voici le contenu intégral.
L’Amp communique : que le meilleur gagne !
« Alliance de la majorité présidentielle « AMP ». Secrétariat Exécutif. Communiqué de presse. La CEI vient de rendre publique la liste des candidats retenus pour briguer le poste de Gouverneur de province de l’Equateur. Ainsi, le 13 novembre 2009, un nouveau Gouverneur et Vice-gouverneur seront élus dans la province de l’Equateur. L’Alliance de la majorité présidentielle suit ave une attention particulière ce processus qui intervient 10 mois après la vacance créée par le départ de l’ancien gouverneur José Makila Sumanda.
Soucieuse de voir ce scrutin se dérouler dans la paix, la transparence et en toute liberté, l’AMP en appelle à la tolérance, gage du respect des principes démocratiques fondamentaux et invite les députés provinciaux de l’Equateur à se surpasser pour ne regarder que l’intérêt général de la province ainsi que le bien-être de sa population. L’AMP saisit cette occasion pour informer l’opinion qu’elle n’a aligné aucun candidat dans cette compétition provinciale, mais qu’elle reste attachée à la réussite totale du vote qui permettra de doter cette province d’un gouvernement capable de rassembler toutes les filles et tous les fils de cette province, un gouvernement à la hauteur de multiples défis auxquels font face au quotidien nos compatriotes qui habitent cette province.
C’est pourquoi l’AMP recommande à ses députés de recourir aux principes de base à l’honneur dans la famille politique du Chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange , à savoir : la concertation, l’esprit d’équipe et l’union dans l’action pour opérer un choix de conscience, afin de servir les intérêts réels et bien compris de la province. Fait à Kinshasa, le 21/10/2009. Pour l’Alliance de la majorité présidentielle. Koyagialo Gbase te Gerengbo, Secrétaire exécutif adjoint ».
Ce communiqué ne pouvait mieux faire clamer à l’AMP le cri consacré « Que le meilleur gagne » dans la course électorale pour l’élection du nouveau gouverneur à l’Equateur, et c’est judicieux de la part de ce camp politique démontrant qu’il n’interfère en rien dans le scrutin en lice par de quelconques manœuvres déstabilisatrice de qui que ce soit. Sans afficher de couleur pour tel ou tel candidat, l’AMP ne peut être accusé de parti pris. Interpréter autrement sa position démontre qu’on est à côté de l’appréciation de la situation par le camp présidentiel.
Baende a le droit de jouer loyalement comme ses concurrents !
Cela veut dire en clair que les candidats officiellement reconnus partants dans la course sont laissés libres de jouir de toutes leurs manœuvres pour gagner la compétition dans laquelle ils sont engagés. Personne n’est gêné. L’on devrait dès lors comprendre que les attaques sordides auxquels s’adonnent d’aucuns contre tel ou tel candidat est un jeu déloyal que l’AMP n’approuve pas. Il faut que soient laissées à chaque candidat toutes les chances de concourir.
Le gouverneur intérimaire actuel Jean-Claude Baende qui s’est porté candidat, tout comme ses concurrents, ne devraient pas être diabolisés simplement parce qu’ils se sont engagés dans la bataille. De malveillantes attaques sont ourdies contre lui en le ciblant pour le disqualifier. C’est même le concurrent le plus pris à partie, depuis le Sénat qui a recouru à l’accusation fatale de détournement des fonds, parce que c’est cela qui avait liquidé le titulaire désavoué. Pire, torpillage suprême, Jean-Claude Baende est sali pour que l’AMP ne soit même pas bienveillante à son égard. Le communiqué d’une très significative neutralité de l’AMP devait édifier sur le jeu loyal que le camp présidentiel soutient.
Il semble que Jean-Claude Baende est très conscient de la déstabilisation dont il est l’objet et face à laquelle il garde, imperturbable toute sa lucidité. Tout en veillant au suivi des lourdes fonctions qu’il assume dans son intérim qui court toujours jusqu’au scrutin, il ne se déboussole pas. Beaucoup d’enseignements expérimentés le fondent à garder la tête froide. Par exemple que c’est un arbre qui porte des fruits qui essuie les jets de pierre. Le courage qu’il faut garder dans de tels durs combats, c’est tout un art comme disait Kennedy à la suite de l’écrivain Hemingway, de « l’élégance devant l’adversité ».
Daniel Nzuzi/MMC
(DN/Yes)