Jean-Claude Baende, Gabriel Bolonge, Michel Bongongo Ikoli, Jean-Lucien Bussa Tongba et José Engbanda Mananga sont retenus comme candidats gouverneur de la province de l’Equateur. Ils vont concourir pour occuper le poste laisser vacant voici plus de dix mois par José Makila Sumanda, à la suite d’une motion de défiance.

La Cour d’appel de Mbandaka qui a reçu le mercredi 21 octobre 2009, une requête en invalidation de la candidature de Vincent Mokako au poste de vice- gouverneur et de candidats gouverneur Gabriel Bolenge et Michel Bongongo s’est prononcé pour le maintien de ces candidats.

Pour le MLC, Vincent Mokako, qui n’a jamais quitté ce parti, ne peut figurer sur la liste de l’ADH, conformément à la loi sur les partis politiques. La même requête vaut également pour les candidats gouverneur indépendants Gabriel Bolenge Boponde et Michel Bongongo Ikoli, qui restent toujours membres de MLC.

La Cour n’a pas retenu ce moyen, suivant l’avis du procureur pour qui le MLC n’avait pas respecté la procédure en la matière. Le verdict qui est tombé est donc lié à la forme. En fait, dans le prononcé de la Cour d’appel, il est reproché au MLC de n’avoir pas produit l’arrêté de sa création comme parti politique, à en croire des sources judiciaires sur place à Mbandaka. En plus, la procuration autorisant les personnes qui avaient engagé l’action n’a pas également été versé au dossier. Se fondant sur ces irrégularités, la Cour d’appel a débouté le parti de Jean-Pierre Bemba.

Des juristes contactés expliquent cette décision par l’obligation de préserver les libertés fondamentales notamment politiques reconnues aux citoyens de se présenter comme candidat à l’exercice des mandats publics.

Suivant le calendrier de l’élection des gouverneur et vice-gouverneur de la province de l’Equateur rendu public en date du 1ier octobre 2009, la publication de la liste définitive devrait intervenir le 29 octobre 2009. Ce qui a été fait.

Au regard du verdict rendu par la Cour d’appel de Mbandaka, les apparences donnent les faveurs des pronostics au candidat Jean-Claude Baende, gouverneur intérimaire et candidat indépendant à la course pour le gouvernorat de l’Equateur. Soutenu officieusement par l’AMP, il aurait fédéré autour de son ticket avec le MLC Mokako, plus de 70 députés provinciaux affirment ses proches !

Ce revers judiciaire, le MLC aura du mal à l’effacer. «Un revers qui risque d’annoncer le naufrage» pour le candidat MLC Jean-Lucien Busa. Erreur réplique-t-on au MLC. L’alliance avec l’Udemo de Mobutu Nzanga tiendrait le coup face aux autres forces en présence. Le MLC compte sur la majorité qui avait porté José Makila à la tête de la province de l’Equateur, et l’appui de l’Udemo. Mathématiquement, cela est jouable, si tous les membres du MLC se soudent les coudes, à tous les niveaux.

Pour l’état-major de Gabriel Bolenge, tous les espoirs sont permis. «Nous avons ratissé large dans tous les bords politiques», a confié Dieudonné Menzu déjà sur le terrain dans la capitale de l’Equateur. D’ailleurs, a-t-il poursuivi, «un sondage auprès des députés provinciaux édifierait quiconque aurait encore des doutes sur la victoire de notre candidat». Dans son communiqué, la CEI annonce par ailleurs que la campagne électorale est prévue pour la période allant du 09 au 11 novembre 2009. Les urnes vont trancher le 13 novembre prochain.

L’Equateur à la portée de Kabila ?

Ce n’est plus qu’une question de quelques jours, l’Alliance de la Majorité présidentielle (AMP) pourrait sa­vourer une grande victoire dans le Chef lieu de la province de l’Equateur où se tien­dra l’élection du gouverneur de cette province la plus prisée du président de la Répu­blique. Aux dernières nouvel­les, la « Commission électo­rale indépendante (CEI) a pu­blié hier jeudi 29 octobre la liste des candidats en lice dont Lucien Busa, Gabriel Bolenge, Claude Baende, le gouverneur intérimaire. Tou­tes les candidatures enregis­trées au dépôt ont été jugées valides et retenues par la CEI et la semaine prochaine sera une semaine de grands en­jeux dans la province de l’Equateur.

Selon certains analystes, le Mouvement de Libération du Congo de Jean Pierre Bemba n’a plus les mêmes chances qu’à la première élection de 2006 qui a porté José Makila à la tête de l’Equateur. Le parti de Jean Pierre Bemba s’en va en ordre dispersé avec deux can­didats (Lucien et Gaby Bolenge) qui risquent de faire le lit d’une candidature AMP. A l’annonce des candidatures, beaucoup d’observateurs étaient sceptiques quant à la capacité du MLC de mobiliser les 108 députés provinciaux de l’Equateur dont une soixantaine soutenait déjà le gouverneur intérimaire Claude Baende, élu Vice-gouverneur AMP en 2007.

Certaines indiscrétions ré­vèlent que l’AMP ne compte­rait plus sur Claude Baende qui est en froid avec le sénat pour avoir refusé la commis­sion diligentée par cette der­nière d’enquêter sur sa ges­tion.

Si Lucien Busa reste le candidat officiel du MLC, Gaby Bolenge serait déjà dans les bras du camp prési­dentiel. Dans les milieux du MLC, on chuchote que le candidat Gaby Bolenge aurait été reçu par le Chef de l’Etat, il y a 24 heures. Ce rappro­chement serait lié au fait qu’une épée de Damoclès pèse sur la tête Claude Baende pour avoir fait obs­truction à la commission d’enquête parlementaire. La candidature de Gaby Bolenge vise à cet effet à affaiblir Lu­cien Busa qui aurait pu faire le poids. Mais les enjeux sont de taille au point que l’heure a sonné pour l’AMP de rééditer son exploit de l’élection du gouverneur à Kins­hasa, au Bas-Congo, au Bandundu et au Kasaï Occi­dental où le MLC avec ses alliés disposaient d’énormes chances pour gagner. Mais la mauvaise gestion des ambi­tions au sein de l’Union pour la Nation a porté un coup dur aux candidats de l’opposition. L’AMP a su bien négocier pour ravir 10 sur 11 provinces.

Avec l’absence de Bemba et la disparition de son père Jeannot Bemba, l’Equateur devient sans doute à la por­tée de l’autorité morale de l’AMP.

Le Potentiel/La Référence Plus


(Tkm/CL/GW/PKF)