Le ministre de la Communication et des médias, M. Lambert Mende Omalanga a présenté, jeudi, devant la presse nationale et internationale le Livre Blanc sur la sécurité et la répression des droits de l’homme en RDC intitulé « Terre fertile » en réponse à l’avalanche de rapports au vitriol déversé sur le pays. Le Livre Blanc restitue et contextualise, a dit le ministre, les faits tels que la confusion entre les causes de la guerre et ses effets, les vrais défis à relever aujourd’hui, l’amélioration de la situation sécuritaire dans les Kivu et en Province Orientale, les crimes commis par la secte politico-religieuse Bundu dia Kongo et leur répression en 2008 ainsi que la problématique de l’impunité.

Les violations massives des droits humains en RDC remontent au début des années 90 avec l’arrivée des réfugiés Hutus rwandais dans le Nord-Est du pays qui a exacerbé l’insécurité à la frontière commune entre la RDC et le Rwanda, a affirmé le porte-parole du gouvernement ajoutant que les actions de la rébellion ougandaise de l’Armée de libération du Seigneur (LRA) qui avait sanctuarisé une partie de la frontière congolo­-ouganadaise pendant plus de 15 ans ont aggravée l’instabilité dans la région. Le ministre Mende citant l’International Rescue committee a évalué à 5,4 millions de Congolais morts entre 1998 et 2008 du fait direct ou indirect de la guerre de l’Est, soit une moyenne annuelle de 540.000 morts.

Il a fustigé les attitudes ambivalentes qui tournent en dérision ou à l’invective les efforts du gouvernement pour reformer le système sécuritaire du pays, lutter contre la corruption par l’opération Tolérance zéro ou rétablir l’autorité de l’Etat sur tout le territoire national et qui sont « des questions de vie ou de mort pour l’Etat congolais » car de ces réformes dépend la solution à divers autres problèmes qui ne sont que des sous-produits de la situation post-conflit du pays.

Un conseil de guerre de garnison a été affecté spécialement dans les zones perturbées de l’Est, a révélé le ministre. Les statistiques des affaires menées par la juridiction sont présentées dans le Livre Blanc, a-t-il ajouté. « Aujourd’hui, a poursuivi Lambert Mende, le gouvernement avec le soutien de la MONUC est occupé à rétablir l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire. Les dernières nouvelles du front au Nord et à l’Est du pays incitent à l’optimisme ».

Le porte-parole du gouvernement a plaidé pour qu’on fasse la justice aux FARDC qui ont mérité de la nation tout en sanctionnant les criminels qui se trouvent en leur sein. « Cette armée que l’on prend plaisir à malmener est tout de même celle qui a bravement chassé les FDLR du Sud-Kivu et la LRA de la Province Orientale », a-t-il fait valoir. Le ministre a également plaidé en faveur de la Police nationale congolaise qui a été durement critiquée par Human Rights Watch à propos de son intervention au Bas-Congo pour rétablir l’ordre public mis à mal par les partisans de Bundu dia Kongo, en avril 2008.

 « On se demande quelle attitude les détracteurs du gouvernement auraient recommandé aux services de police face à des militants violents, armés et meurtriers d’un mouvement dont tout le monde savait qu’il dissimulait des visées et des pratiques terroristes sous une casquette politico-sectariste », s’est écrié Lambert Mende. Le ministre de la Communication et des médias a réitéré la volonté du Président Joseph Kabila et du gouvernement de changer le Congo pour en faire un pays où il fait bon vivre.

ACP


(TH/DN/GW/PKF)