Le ministre de la Fonc­tion publique est contesté comme président de la commission de révisitation des ordonnances présiden­tielles signées en juillet der­nier et portant révocation, mise à la retraite.... Des agents des services pu­blics de l’Etat.

Cette préoccupation a été exprimée, mercredi 28 octobre par le Syndicat libre du Congo (Csc) à tra­vers son secrétaire géné­ral, au cours d’un entretien avec la presse, à son bu­reau de travail dans la com­mune de la Gombe.

M. Romain Muntumoy Tamudel a indiqué, au nom de ses collègues syn­dicalistes, que le ministre Botoro a induit le président de la République en erreur, en amenant le chef de l’Etat à signer les ordonnances erronées. « Comme si cela ne suf­fisait pas a-t-il dit, le ministre de la Fonction Publique s’arroge le droit de prési­der la commission de revi­sitation, au moment où les syndicalistes souhaitent voir les membres de cette structure élire librement un président de leur choix ».

A travers cet acte, M. Botoro semble, aux yeux du secrétaire général du Slc, vouloir défier le président de la République voire le Premier ministre, par son refus d’entamer la procédure de revisitation, quand bien même le chef de l’exécutif national le lui a recommandé publique­ment sur instruction du chef de l’Etat.

La commission de revi­sitation comprend, entre autres membres, les délé­gués de la présidence de la République, de la prima­ture, du vice-Premier ministre, ainsi que les minis­tres des Finances et de la Justice qui sont autant de personnalités que le Csc aurait voulu voir briguer la présidence de cette struc­ture. « Les agents de l’Etat démis de leurs fonctions jouissent, pour la plupart, d’une ancienneté de près de 40 ans ou plus et il y a une procédure à suivre pour les faire partir.

« A cause des erreurs commises, a déclaré le syndicaliste, Botoro doit démissionner de son poste ministériel, afin de permet­tre au président de la République de prendre acte de sa démission, au lieu de donner à ce dernier l’occa­sion de le révoquer ». Romain Muntumoy a rap­pelé que l’ordonnance n°94-012 du 25 juillet 1994 portant nomination des agents de carrière des ser­vices publics de l’Etat à l’époque de feu Maréchal Mobutu a été arriérée, en raison des erreurs dont elle était entachée.

En même temps prési­dent de l’intersyndicale des services publics de l’Etat, Muntumoy Tamunde a ex­pliqué que plusieurs dos­siers des fonctionnaires ont été sélectionnés et traités, mais ces derniers n’atten­dent que l’ordonnance présidentielle pour titulariser leurs propriétaires. Le Slc estime nécessai­re de titulariser d’abord ces agents, avant de les envoyer à la retraite selon la procédure en la matière.

Pour avoir demandé à ses collaborateurs mem­bres de son cabinet ministériel d’aller rejoindre leurs nouveaux postes où ils sont nommés directeurs, le mi­nistre a compromis ses propres fonctions, parce que l’ordonnance à laquel­le Botoro se réfère nomme également ce ministre au poste de directeur. C’est pourquoi le secrétaire gé­néral du Slc a jugé logique que ce ministre, qui refuse de revisiter les ordonnan­ces erronées, démissionne en vue de rejoindre, autant que ses collaborateurs, son nouveau poste de di­recteur et d’éviter l’incom­patibilité.

Asiyeshindwa/La Tempête des Tropiques


(TH/DN/GW/PKF)