La lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme à l’ordre du jour en RDC où vient d’être installé dans les locaux de l’Hôtel des Monnaies la Cellule nationale des renseignements financiers suivant la loi édictée en la matière.
Résolument engagée dans la lutte contre le blanchissement des capitaux et le financement du terrorisme, la RDC va se conformer aux exigences des programmes avec la Banque mondiale et le FMI qui évaluent les pays membres notamment sur un volet anti-blanchissement des capitaux. La Cellule nationale des renseignements financiers va devenir opérationnelle suite à la mise à la disposition de ses membres des locaux. Ainsi, depuis ce mercredi 28 octobre la Banque centrale du Congo, par le biais de son gouverneur, Jean-Claude Masangu, a remis à la CENAREF des locaux situés au 6ème niveau de l’Hôtel des monnaies.
La cérémonie solennelle d’installation des membres de la CENAREF dans ces locaux s’est déroulée en présence du ministre de la Justice, du vice-ministre des Finances, du gouverneur de la BCC, du procureur général de la République, du représentant résident du FMI, du président du Conseil des experts comptables. Parmi les membres de la CENAREF, on retrouve des hauts cadres venant de la magistrature, de la Cour des comptes, de la douane, de la Direction générale des impôts, de la Banque centrale du Congo... Pour le gouverneur de la BCC, Jean-Claude Masangu, cette cérémonie solennelle marque la mise en place effective du dispositif opérationnel de lutte contre le blanchissement des capitaux et le financement du terrorisme, considérés à l’échelle planétaire comme les pires fléaux hérités du 20ème siècle. Ceux-ci constituent une menace pour les systèmes économiques et financiers, la paix et la sécurité internationale. L’installation de la CENAREF est rendue possible, dira-t-il, en raison de la promulgation de la loi du 19 juillet 2004 portant lutte contre le blanchissement des capitaux et le financement des capitaux.
C’est un lot conforme aux standards internationaux en la matière, mais aussi aux exigences des programmes avec les partenaires (FMI et Banque mondiale). L’occasion était bonne pour le n°1 de la BCC pour brosser l’historique de la lutte contre le blanchissement des capitaux et le financement du terrorisme enclenchée en novembre 2002. C’est en ce moment là qu’une stratégie nationale avait été mise en oeuvre et la Banque centrale du Congo fut chargée de piloter cette stratégie. Cela s’est opéré suivant deux axes à savoir: l’élaboration d’un cadre légal et juridique ainsi que la mise en place du dispositif opérationnel. Pour ce faire la BCC avait d’abord mis en place un Groupe de réflexion et d’études contre le blanchissement des capitaux et le financement du terrorisme (GREB).
Ce groupe s’est attelé à l’élaboration des avant projets de loi. Dans la foulée en novembre 2004, il y a eu 3 projet de décret portant organisation et fonctionnement de la CENAREF ; création d’un Fonds de lutte contre le crime organisé (FOLUCO) et création du comité Consultatif contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (COLUB). 5 ans après la promulgation des ordonnances, il y a aujourd’hui la mise en oeuvre de l’application sur terrain. La RDC se dote des outils essentiels contre cette menace de temps moderne. Selon J.C Masangu, toutefois il reste encore d’autres étapes à franchir. Il s’agit de l’adhésion à un groupe régional notamment à la SADC, la ratification des instruments juridiques internationaux et la formation permanente des juges, des policiers, des douaniers. Sans oublier la poursuite en provinces de la vulgarisation de la loi précitée.
“Tolérance Zéro”
Dans son intervention, le vice-ministre des Finances, César Lubamba, s’est félicité de l’installation de la CENAREF. C’est, dira-t-il, la traduction de la volonté du gouvernement de procéder à la moralisation de la vie économique en RDC. Mieux, les bases sont posées pour lutter contre la criminalité financière organisée. Cela s’inscrit aussi dans le cadre de l’opération « Tolérance Zéro» lancée sous la houlette du chef de l’Etat Joseph Kabila.
Le vice-ministre César Lubamba a félicité la BCC qui à travers son gouverneur s’est investi pour la mise en place du dispositif légal et opérationnel. En outre, il a salué l’apport des partenaires (FMI et Banque mondiale) pour leur apport technique et financier.
S’adressant aux dirigeants de la CENAREF nommés, César Lubamba leur a prodigué des conseils. Le CENAREP est un instrument de l’Etat contre le blanchissement des capitaux et le financement du terrorisme. Le gouvernement attend de vous la rigueur, l’intégrité et l’abnégation. C’est une mission au gré des intérêts de la République. Le ministère des Finances s’est engagé à apporter son appui à la CENAREF. Le vice-ministre a remercié la BCC pour avoir offert de loger la CENAREF. Au nom des membres de la cellule, le premier avocat général de la République, Katuala Kaba Kashala, secrétaire exécutif de la CENAREF, a exprimé sa gratitude au chef de l’Etat et au Premier ministre pour les avoir associés à la lutte contre les anti-valeurs. Il a aussi remercié le gouverneur J.C Masangu pour avoir été parmi les premiers à sentir le besoin d’assainir le secteur financier en créant le GREB, avoir initié les projets de loi, avoir offert des formations au pays et à l’étranger.
Pour mémoire, le CENAREF est une unité d’investigation financière chargée de lutter contre les fléaux susévoqués. Elle est appelée à s’assurer de la légalité des fonds utilisés dans les transactions. C’est l’équivalent de ce qui existe sous d’autres cieux pour lutter contre les capitaux illicites vente d’armes, drogues et êtres humains, corruption détournement des fonds publics,...
Didier Munsala B./L’Observateur
(TH/DN/GW/PKF)