La voix de la RDC a été bel et bien entendue à la revue à mi-parcours du 11ème Fonds africain de développement (FAD-11), organisée du 20 au 21 octobre 2009 à Helsinki en Finlande. Ce rôle a été confié au ministre des Finances, Athanase Matenda Kyelu, qui conduisait, à cet effet, la délégation congolaise.
Permettez-moi en ma qualité de Secrétaire du Caucus africain de souhaiter à tous la bienvenue à cette rencontre qui, à mon sens, revêt une importance majeure au regard des points à l’ordre du jour, à savoir : la revue à mi-parcours du FAD XI et la reconstitution du FAD XII.
La rencontre nous offre l’opportunité de jeter un regard rétrospectif sur les capacités de la Banque africaine de développement à faire face à la lourde mission lui dévolue, en tant qu’institution régionale, de piloter l’agenda de développement du Continent africain encore aux prises avec plusieurs défis, et de scruter les moyens adéquats pour lui permettre d’aborder les jours à venir avec davantage de capacités d’agir.
A la différence du contexte actuel, la reconstitution du FAD opérée en 2007 s’est faite dans un environnement plus prometteur pour la majorité des pays africains.
En effet, le continent présentait des signes encourageants avec un taux de croissance moyen de 5% depuis 2000. D’ambitieux programmes de réformes visant à améliorer la gouvernance économique étaient engagés par plusieurs pays, avec des résultats très satisfaisants.
On notera, en passant l’amélioration de la place de certains pays africains dans le classement Doing Business, dont le Sénégal, l’Ile Maurice, le Burkina Faso, et tout récemment le Rwanda.
Il sied aussi de souligner les efforts que nos pays fournissaient déjà dès le début de la décennie et qui ont permis d’assainir le cadre macroéconomique, facteur prépondérant pour engager nos pays sur la voie du développement économique.
Ainsi, selon les statistiques du Fonds monétaire international, en mars 2009, 20 pays africains avaient dépassé le Point d’Achèvement, 9 étaient en phase intérimaire (entre le Point de Décision et le Point d’Achèvement), alors que seulement 4 n’avaient pas atteint le Point de Décision.
Ce qui témoigne d’une réelle volonté politique d’inscrire le Continent dans l’orbite du développement, et lui donner sa place dans le monde. C’est donc dans un tel contexte que le FAD XI a été reconstitué.
A cette occasion, la Banque africaine de développement avait pris le ferme engagement de contribuer à la consolidation des résultats atteints par les pays membres. Cet engagement était assorti d’une série de réformes internes pour lui garantir le maximum d’efficacité tant au niveau des politiques que des instruments.
Aussi, permettez-moi d’axer mon propos sur quatre points clés : crise économique mondiale et conséquences sur l’Afrique ; engagements de la Banque africaine de développement dans le cadre du FAD XI ; essai de Bilan des résultats atteints, défis futurs
Crise économique mondiale et conséquences
Point n’est besoin ici de revenir sur la crise et ses effets sur les économies africaines. Mais soulignons que cette série de crises a touché tous les moteurs de croissance de l’économie africaine : les prix et la demande des produits de base, les flux de capitaux, les investissements directs étrangers et l’intégration régionale, en particulier dans les Etats fragiles.
Depuis la fin de 2008, les prévisions de croissance pour 2009 ont été drastiquement revues à la baisse, passant de 5,9% en novembre à 2,8% en février 2009. Il s’ensuit naturellement un dérapage du cadre macroéconomique, avec la reprise de l’inflation, la diminution des réserves de change, l’accroissement du déficit budgétaire.
Cette combinaison de facteurs défavorables constitue un obstacle majeur à la poursuite des efforts déjà engagés par les pays en termes de développement des infrastructures et d’atteinte des Objectifs du Millénaire de Développement.
Selon des estimations récentes, les projets d’infrastructures qui ont été retardés ou annulés s’évaluent à 1,35 milliard de dollars.
Ceci compromet substantiellement les efforts d’intégration des économies africaines, les privant d’énormes potentiels à générer par la création de marchés intérieurs, souhaitée de tout vœu par tous.
Compte tenu de leur caractère particulier, les Etats dits fragiles, dont le mien, demeurent naturellement les plus touchés. En effet, en raison de leur environnement exceptionnellement délicat, les Etats fragiles sont encore plus vulnérables aux chocs exogènes.
La précarité de leurs ressources, mais surtout les impératifs de reconstruction et de consolidation de paix auxquels ils font face laissent peu de possibilités budgétaires pour résister aux incidences négatives de la crise.
Pour faire face à ce tableau pessimiste, beaucoup d’efforts sont déployés par nos gouvernements, certes avec l’appui de la communauté des bailleurs de fonds tant bilatéraux que multilatéraux, dont la Banque africaine de développement. Cela a été relayé lors de plusieurs rencontres, notamment à Dar es-Salaam en mars, à Londres en avril et à Pittsburgh en septembre.
Engagements pris par la banque
La Banque africaine de développement avait pris, lors de la constitution du FAD XI, des engagements sur deux fronts : améliorer sa contribution au développement du continent ; rendre régulièrement compte des résultats de ses engagements sur le terrain (Accountability).
Cette opportunité nous donne l’occasion de nous interroger « Quels sont les résultats auxquels la Banque est parvenue à mi-parcours de la mise en œuvre du FAD-XI ? »
Le Potentiel
(CL/PKF)