dossLe Représentant spécial du Se­crétaire général des Nations Unies en RDC a assuré que le parte­nariat qui existe entre la RDC et l’Organisation des Nations Unies va se poursuivre dans plu­sieurs secteurs de la vie nationale. Le chef de la Monuc s’est exprimé sa­medi au Palais du peuple à Kinshasa, à l’occasion de la journée des Nations Unies, marquée par l’or­ganisation des activités dans les grandes villes de la RDC. M. Doss a donné une illustration des actions menées par les agences onusiennes en faveur de la Répu­blique démocratique du Congo, rapporte radioo­kapi.net

Un échantillon de l’appui onusien à la RDC

Selon Alan Doss, les actions des agences des Nations Unies s’étendent dans tous les domaines. Il en cite quelques exemples « C’est l’Unicef qui a distri­bué des millions de mous­tiquaires imprégnés d’in­secticide pour protéger des familles de la malaria. C’est les 25 millions de person­nes qui ont été enregistrées sur les listes électorales en 2006 grâce à l’appui du PNUD, dans le cadre des élections nationales et l’as­sistance PNUD aux nou­velles institutions de la République, dans le cadre de son programme de bonne gouvernance.

C’est aussi les 300.000 enfants qui re­çoivent des repas chauds tous les jours à travers les cantines scolaires du Pro­gramme alimentaire mon­dial et les 610 maternités réhabilitées par le FNUAP dans les deux dernières an­nées. C’est aussi la mobilisation de quelque 563 mil­lions de dollars pour l’aide humanitaire au Congo pour des centaines de milliers de personnes affectées par les conflits et le désastre à l’Est du pays ».

Message de réconfort aux médias

La veille, le Repré­sentant spécial du Secré­taire général des Nations Unies avait conféré avec la presse dans le cadre champêtre du restaurant « La Ciboulette » à Kinshasa Gombe. Une rencontre sans tabous au cours de laquelle les patrons des médias con­golais ont fait part de leurs préoccupations au n°1 de la Monuc qui était, pour l’occa­sion, accompagné de cinq membres de son staff.

D’entrée de jeu, le patron de la Monuc s’est félicité de se trouver en face des dirigeants de la presse congolaise à qui il a transmis tout le soutien de la mission onusienne à la suite des assassinats ayant ciblé les membres de la cor­poration ainsi que des me­naces de mort et autres qui pèsent sur beaucoup d’en­tre eux. Il a saisi l’occasion pour souligner l’importance de la liberté de la presse et de la liberté d’expression en insistant sur la responsabi­lité des journalistes dans la diffusion des informations, un rôle capital car il s’agit de véhiculer des informations vérifiées et non de rapporter des rumeurs.

Monuc : un rempart con­tre l’insécurité à l’Est

Parlant de la Monuc dont la naissance remonte à 1999, Alan Doss a es­timé que dix ans d’existen­ce constituent une période suffisante pour évaluer son action par rapport non seu­lement aux objectifs, mais aussi aux attentes. La ques­tion principale est naturelle­ment celle de savoir si on a la paix et si l’équation aussi bien de développement que d’intégration connaît des avancées. La paix est une denrée que les Congolais consomment déjà même si des poches d’insécurité per­sistent à l’Est où tout est mis en branle pour l’éradiquer.

Il faut souligner, ici, que la question a connu un coup d’accélérateur à la faveur de la crise à Bukavu qui avait eu pour conséquence la mutation du mandat de la Monuc qui est ainsi passé du mandat d’observation à celui d’imposition de la paix. Depuis, les efforts sont con­centrés sur l’Est où opé­raient naguère cinquante­-six groupes armés.

L’Ouest, un problème du gouvernement

A la question de savoir si l’attention focali­sée sur les problèmes de l’Est seul ne favorise pas des développements dan­gereux à l’Ouest où l’on a l’impression de se trouver en situation de pré-guerre avec les incursions répéti­tives de l’armée angolaise au Bas-Congo, le patron de la Monuc a révélé que la Monuc n’est pas au Bas-­Congo, mais qu’en tout état de cause, la situation dans les autres parties du Congo en dehors de l’Est requiert une attention soutenue du gouvernement. Il se pose beaucoup de problèmes so­ciaux et de développement, et ceux-ci appellent des ré­ponses cohérentes.

Créer des emplois

Plusieurs autres questions ont été abordées, notamment celles en rap­port avec l’exploitation des ressources naturelles, le climat, la politique d’inté­gration des éléments sans formation issus des milices dans les FARDC, les abus sexuels, l’impact économi­que de la présence onusienne au Congo, les assurances etc. A toutes ces questions, Alan Doss par moments complété par le général Gaye et Mme Odia, a donné des réponses pré­cises. Il a reconnu la perti­nence des réserves émises au sujet de l’intégration des éléments issus des milices non sans avouer que c’est le prix à payer pour déman­teler celles-ci.

S’agissant des assurances, le patron de la Monuc a réaffirmé la position de son organisation qui est de ne pas être otage d’un monopole. Il a, au sujet des abus sexuels, réaffirmé la politique de tolérance zéro qui est de mise au sein de la Monuc. Il a enfin ter­miné par un plaidoyer en fa­veur du développement vé­ritable de la RDC, un pays qui pourra bientôt compter cent millions d’habitants à qui il va falloir donner des raisons d’espérer un avenir meilleur et, surtout, des em­plois ailleurs que dans l’ar­mée.

Renforcer la présence africaine au Conseil de Sécurité

Pour revenir à la manifestation du Palais du Peuple, il y a lieu de signaler que M. Alexis Thambwe Mwamba, ministre congolais des Affaires étrangères a relancé la question de la représentation de l’Afrique dans les organes de prise de décision des Nations Unies. Pour le chef de la di­plomatie congolaise, toute réforme du Conseil de sé­curité des Nations Unies doit, pour être viable, pren­dre en compte le poids politique et numérique de l’Afri­que à l’assemblée générale et c’est surtout parce que les deux tiers des situations examinées par le Conseil de sécurité concerne l’Afri­que. Alexis Tambwe Mwam­ba a lancé, à l’occasion de la journée des Nations Unies, la campagne de sen­sibilisation de la population congolaise aux idéaux de la charte de cette organisation internationale.

A titre de rappel, le Gabon et le Nigeria, figu­rent parmi les cinq Etats qui ont été élus jeudi 8 octobre 2009 au Conseil de sécu­rité de l’Onu pour la période 2010-2011 ( le Brésil pour l’Amérique latine, le Liban pour l’Asie et la Bosnie-He­rzégovine pour l’Europe). L’élection, par l’Assemblée générale en session plénière, a été annoncée par le président de cette ins­tance, Ali Triki. Elle s’est déroulée sans surprise, ces Etats étant seuls candidats aux cinq sièges non permanents à pourvoir dans leurs groupes géographiques respectifs.

Signalons que le Conseil de sécurité est le principal organe de déci­sion de l’Onu. Il compte quinze membres, dont cinq permanents dotés du droit de veto (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie). Les 10 autres sont élus chaque année par tran­ches de cinq par l’assem­blée générale - où siègent les 192 Etats membres de l’Onu - pour un mandat de deux ans. Le plaidoyer de la République démocratique du Congo pour une pleine représentation du continent africain s’inscrit notamment dans ce cadre.

Okapi/Le Phare


(DN/TH/GW/Yes)