Le ministre de la Coopération de la RDC Raymond Tshibanda, en sa qualité de président en exercice de la conférence des ministres de la CEEAC, a ouvert les travaux de ce Conseil des ministres qui prépare les dossiers à soumettre au 14ème Sommet des Chefs d’Etat
Le ministre de la Coopération internationale et régionale et président en exercice du Conseil des ministres de la CEEAC, Raymond Tshibanda a procédé mercredi, au Salon Congo du Grand Hôtel Kinshasa, à l’ouverture des travaux du Conseil des ministres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) prélude à la 14ème Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de cette organisation sous-régionale.
M. Raymond Tshibanda a circonscrit, dans son allocution, les défis majeurs de la 14ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEEAC, notamment le point de l’évolution des dossiers d’intégration communautaire de la région depuis le 13ème sommet, l’examen des perspectives d’avenir, dans le souci à la fois de consolider les avancées et de donner un nouveau souffle à « nos efforts là où ils sont restés insuffisants ».
Le président en exercice du Conseil des ministres de la CEEAC et ministre congolais de la Coopération internationale et régionale a reconnu que cette 14ème session ordinaire de la CEEAC se tient à un moment critique de la sous-région, qui voit menacés les résultats obtenus ces dernières années, en matière de croissance et de stabilité macroéconomique, du fait des conséquences exercées sur « nos économies par la crise financière et économique mondiale ».
Cette crise financière internationale, a-t-il souligné, a rendu hypothétique la réalisation des programmes prioritaires des trois axes stratégiques définis par la 13ème conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement à l’horizon 2015, à savoir la paix, la sécurité et la stabilité ; les grandes infrastructures, notamment le transport et l’énergie, l’eau et l’environnement.
Il a, par ailleurs, rappelé à cet effet, le rapport déjà finalisé par la Commission consultative, il y a près de 4 mois, à présenter aux Chefs d’Etat et de gouvernement notamment sur la question de la libre circulation et de la traite des personnes, le COPAX (Commission pour la paix), les répercussions de la crise financière et économique mondiale sur l’Afrique centrale et la contribution communautaire d’intégration.
La question d’intégration reste un souci majeur permanent en vue de la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Afrique centrale, a indiqué le ministre Raymond Tshibanda. Il s’est également penché sur deux thèmes d’actualité brûlante : d’une part la crise financière internationale et ses répercussions en Afrique centrale et d’autre part, le changement climatique.
L’absence quasi-totale des contributions des Etats membres de la CEEAC n’a pas permis au secrétariat général d’accomplir ses tâches au regard de l’inadéquation criante actuelle entre les missions lui assignées et les ressources dont il dispose. Enfin, il a émis le vœu de voir le Conseil des ministres de la CEEAC faire des propositions constructives aux Chefs d’Etat et de gouvernement pour renforcer la crédibilité et la visibilité de l’action de la CEEAC.
Attention portée sur les difficultés financières de la CEEAC
Auparavant, le secrétaire général de la CEEAC, le général Louis Sylvain Goma avait dressé un rapport synthétique des activités menées par son organe depuis juin 2009 et qui se sont focalisées autour des trois axes prioritaires retenus par la 13ème sommet de la Communauté que sont la paix et la sécurité, les grandes infrastructures, ainsi que l’environnement et l’eau.
L’activité du secrétariat général a été dominée, a-t-il fait savoir, par la sécurisation urgente du Golfe de Guinée et le lancement des premières patrouilles conjointes, sous les auspices du secrétariat général, du premier plan d’opération de sécurité maritime (SECMAR).
Dans le même registre, il a épinglé la 10ème réunion de la Commission de défense et sécurité tenue à Luanda (Angola), le 18 septembre 2009 qui a recommandé notamment l’organisation d’une conférence maritime internationale, l’accélération de l’étude de financement de la stratégie par la ré-affectation partielle des ressources de la taxe versée à l’Office maritime de l’Afrique de l’Ouest et du Centre et la signature du Protocole d’accord sur la stratégie de sécurisation des intérêts vitaux en vue des Etats de la CEEAC du Golfe de Guinée.
Dans le domaine des transports, Louis Sylvain Goma a mis l’accent sur les résultats des trois projets dans le Plan directeur consensuel des transports en Afrique centrale. Il a cité, dans ce cadre, le suivi de la convention d’étude signée entre la RDC et le Congo sur le projet du pont route rail entre Kinshasa et Brazzaville et le prolongement du chemin de fer Kinshasa-Ilebo, les études préliminaires du pont sur l’Oubangui entre Bangui (RCA) et Zongo (RDC), et le financement partiel par la Banque africaine de développement du projet routier Ouesso-Sangmelima de l’axe Yaounde-Brazzaville.
Le lancement du Programme d’appui pour la conservation des écosystèmes du bassin du Congo cofinancé par la BAD a également retenu l’attention du secrétariat général. Il a aussi évoqué la réunion pour l’élaboration de la position commune des pays de l’Afrique centrale en matière du changement climatique en prévision de la conférence de Copenhague de décembre 2009. « L’intégration régionale est un levier incontournable de croissance et de développement des Etats », a dit le général Goma avant de plaider pour le financement des activités de la Communauté.
Garantir la paix et la sécurité au sein de la CEEAC, mission dévolue à la FOMAC
La mission de garantir la paix et la sécurité au sein de la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC) est dévolue à la Force multinationale de l’Afrique Centrale (FOMAC), indique un document du secrétariat général de cette organisation sous-régionale parvenu, mardi, à l’ACP. La FOMAC est dirigée par un chef d’état-major régional (CEMR) qui a la mission d’assurer la planification pré-décisionnelle des opérations d’appui ou de soutien à la paix, d’assurer l’instruction, l’entraînement et la formation des brigades régionales.
Le CEMR entretient également la cohésion et la coopération entre les Forces armées, les gendarmeries et les polices des Etats membres de la CEEAC. A l’instar d’autres organisations sous-régionales, notamment la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe), la CEEAC envisage de disposer d’une force dissuasive et d’intervention rapide pour garantir la paix et la sécurité des personnes et de leurs biens au sein de cet espace. Les assises de Kinshasa auront entre autres tâches d’adopter un budget pour le fonctionnement des structures de la CEEAC, particulièrement pour permettre à la FOMAC d’être opérationnelle sur le terrain.
ACP
(DN/TH/GW/Yes)