Classée dans la phase 3 par l’Onu, la Rdc fait peur aux investisseurs qui réfléchissent 7 fois avant de se risquer à venir y faire des affaires.
Quel est le rapport que la Monuc fait au Conseil de sécurité au sujet de la Rdc ? Cette question peut paraître banale lorsqu’on sait que la Monuc, bien qu’impliquée et présente partout en Rdc, sait tout ce qui se passe dans ce pays. Qu’est-ce que la Monuc sait-elle ? En tout cas, elle doit savoir que la Rdc a une superficie de près de 2 millions de km2. Soit 4 fois la France et 80 fois la Belgique. La Monuc sait également que la guerre, mieux la situation d’insécurité dont tout le monde parle, ne touche qu’une petite partie du territoire nationale. Une partie de la province Orientale, soit le district de l’Ituri, une partie du Nord-Kivu et une partie du Sud-Kivu.
Même lorsqu’il y avait plus d’un mouvement rebelle dans ce pays, une bonne partie du territoire national était épargnée. La capitale Kinshasa située à l’Ouest du pays n’a jamais été sérieusement menacé au point d’empêcher les étrangers d’y habiter ou d’y arriver. Plus concrètement, sur onze provinces plus la ville de Kinshasa, huit sont totalement hors de la zone d’insécurité créée par la guerre à l’Est, trois sont partiellement touchées.
Il n’y a aucune province qui est aujourd’hui totalement un no men’s land. Celles qui sont partiellement touchées, sont sécurisées dans leurs chefs-lieux respectifs. Ainsi, Kisangani, Goma et Bukavu ne vivent pas dans la psychose de l’insécurité due à la guerre. A Kinshasa, à Bandundu, à Matadi, à Lubumbashi, à Mbujimayi, à Kananga, à Mbandaka, on apprend la guerre par les médias comme tout le monde à New York ou à Paris. Il serait donc injuste de faire croire que le pays serait dans la même situation que quelques localités du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. La question que plus d’un se posent, c’est celle de savoir pour quelle raison l’Onu garde la Rdc sous la phase 3, une situation qui ne change pas depuis que le pays a mis fin aux rebellions et a organisé les élections pour se doter d’institutions démocratiques ?
Cette situation a pour conséquence, les réserves qu’affichent certains investisseurs qui viennent et repartent pour ne plus revenir. Alors vice-président de la République, Yerodia Abdoulaye a fait le tour du monde pour appeler ceux qui ont des capitaux à venir les investir en Rdc. Très peu ont tenu à leurs promesses. Il a été créé l’Anapi pour faciliter les démarches pour les investisseurs qui pouvaient en un seul contact tout réaliser. Dans beaucoup de milieux on accuse Kinshasa de négocier les contrats au rabais en donnant trop d’avantages aux investisseurs. La conséquence logique serait que les gens se bousculent aux portillons. Tel n’est pas le cas. On peut alors se poser la question de savoir pourquoi.
Un vrai complot
Il nous revient que beaucoup d’investisseurs sérieux avant de se décider et après avoir pris contact avec les autorités congolaises, se réfèrent à l’Onu. Lorsqu’ils se rendent compte que la Rdc est classée dans la phase 3 en matière de sécurité, ils vont chercher ailleurs. Car, l’argent, dit-on, n’aime pas les bruits de bottes. Et pourtant l’Onu classe la Rdc dans la catégorie des pays où les bruits de bottes sont permanents. Le fait que le mandat de la Monuc est sans cesse prolongé contribue à entretenir ce sentiment d’insécurité permanente. En plus, pour donner la preuve que ce pays permanemment et totalement sous pression, les commissions de l’Onu n’arrêtent pas de faire des rapports qui attestent cette situation d’insécurité, mieux cette situation de non Etat.
Les Ong locales comme internationales jouent le rôle de sous-traitant pour entretenir l’image d’un pays à la banqueroute. C’est pour cette raison que ces Ong se sont liguées pour défendre la présence d’un rapporteur spécial en Rdc en matière des droits de l’homme. C’est aussi dans ce cadre que les Ong ont pris le parti de s’opposer aux opérations militaires en vue de la traque des Fdlr. On multiplie à ce sujet les critiques contre cette opération qui tend à démonter l’existence de l’Etat. Car, la présence des Fdlr qui ont créé leur petite république en pleine République démocratique du Congo, permet de démontrer comment l’Etat n’existe pas dans ce pays. Cela corroborait la théorie qui empêche les investisseurs à prendre la bonne décision pour ce pays.
Un rapport de plus et de trop
On ne pouvait que s’attendre à ce que le rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extra judiciaires, Phillip Alston, soit mis à contribution pour grossir certains faits afin de justifier le maintien du pays dans la phase 3. Dans son dernier rapport, il a indiqué que des soldats congolais auraient tué au moins « 50 réfugiés hutu-rwandais ». Il se refuse de parler des Fdlr. Il refuse également de comprendre qu’il y a plusieurs années que l’on demande à ces Rwandais qui ne sont pas mêlés au génocide de se rendre en vue d’un rapatriement volontaire. Il refuse également de préciser si ceux qui auraient été massacrés dans le Nord-Kivu fin avril dernier étaient dans un camp sous la sécurité de la Monuc ou parmi les combattants qui se cachent dans la jungle d’où ils sortent pour semer la mort.
Dans ce rapport, le représentant spécial de l’Onu en matière d’exécutions sommaires tend à démonter que les Fdlr ne tuent qu’en représailles à la suite de ce massacre. Pour semer la confusion, il parle tantôt de réfugiés hutu rwandais qui auraient été tués, tantôt des Fdlr. Qu’à ce niveau, il ne puisse pas faire la différence entre les réfugiés hutu et les Fdlr (Force démocratiques pour la libération du Rwanda) qui ont choisi d’engager un bras de fer avec l’armée nationale, cela n’est pas pardonnable. A ce jour, à moins que Phillip Alstron propose un autre mot, les Fdlr sont en guerre contre l’armée nationale congolaise.
Haro sur Kimya 2
On voyait venir le représentant spécial de l’Onu. Il voulait arriver à la conclusion que ces opérations pour la traque des Fdlr doivent être arrêtées pour cause que de manière générale, avait-il affirmé, ces opérations militaires conduites par les troupes gouvernementales avec l’appui de la force onusienne contre les rebelles hutu-rwandais ont eu des conséquences catastrophiques. Ceci n’aurait pas d’impact dans la communauté internationale si le discrédit ne touchait pas toute l’armée congolaise. Le groupe mis en cause est celui des soldats intégrés venant de la rébellion du Cndp.
L’objectif poursuivi, c’est de mettre en accusation Zimu-Linda dont l’arrestation ne serait pas sans conséquence sur les soldats intégrés, anciens combattants du Cndp. Ce serait une bonne manière de mettre fin aux opérations contre les Fdlr. C’est aussi une façon de revenir au statu quo avec une nouvelle rébellion du Cndp. On voulait d’abord obtenir ce but en poussant sur l’affaire Bosco Ntaganda. Devant la réticence du gouvernement, la pression a changé de camp en ayant Zimu-linda dans le collimateur.
Diviser pour régner
Le rapport tant également à développer dans l’esprit des Congolais une certaine animosité contre les ex-combattants du Cndp. Ces derniers sont accusés de manquer de formation et d’avoir été intégrés dans les Fardc à la va vite. Tout cela est connu de tout le monde. C’était une question de choix pour la paix. Pour revenir aux circonstances du massacre de 50 réfugiés hutu, le rapport semble d’une part soutenir une fusillade aveugle dans le village de Shalio et d’autre part, il démontre qu’il y a eu triage parce que les femmes n’ont pas été tuées.
Le rapport parle de 40 femmes enlevées. Dix parmi elles se seraient échappées. Pour aller où lorsqu’elles ont pour bourreaux les soldats des Fardc ? Pourquoi ces femmes n’avaient-elles pas fui ou simplement rejoint les camps de rassemblement en vue de rapatriement au Rwanda ? Tout est mis à contribution pour peindre en noire les soldats des Fardc, quelle que soit leur provenance. C’est le cas de la description des scènes de tortures : bouts de seins coupés, viol collectif, ... En définitive, il n’est pas question d’accuser les soldats de la Monuc qui sont pourtant partie prenante aux opérations militaires contre les Fdlr. Le rapporteur spécial de l’Onu refuse de rejeter sur les soldats de l’Onu le côté viol des droits de l’homme.
La Monuc mise hors-jeu
Le rapporteur spécial de l’Onu accuse le Conseil de sécurité de l’Onu d’avoir transformé la MONUC en une partie au conflit dans le Kivu. Il pense qu’il y aurait complaisance de la part de la Monuc. Une façon de demander au Conseil de sécurité de l’Onu de faire plus confiance à son rapport qu’à tout ce que pourrait lui dire les responsables de la Monuc. Cela fait également que la Monuc, selon toujours le rapporteur de l’Onu, ne soit pas en même d’enquêter valablement sur les accusations d’atteinte des droits de l’homme. Il est de plus en plus clair que le rapporteur spécial de l’Onu marginalise la Monuc et donne la preuve qu’il a ses propres sources d’information.
Il va de soi qu’il obéit désormais à une logique qui n’est pas seule de la Monuc. La finalité est également différente. De ce point de vue, qui peut douter encore un seul instant que beaucoup d’intérêts se bousculent en Rdc et qu’au sein de l’Onu, tout le monde ne parle pas le même langage. Ceux qui veulent maintenir la Rdc dans la phase 3 ont certainement un but à atteindre. Il revient aux Congolais de chercher à savoir lequel. Tout indique qu’il y a un vrai complot contre ce pays que l’on ne veut pas voir décoller avant que les vautours aient atteint leur but.
Joachim Diana G./L’Avenir
(Ern/TN/GW/PKF)