L’ABAKO (Alliance des Bâtisseurs du Kongo) ne cesse d’alimenter ces derniers temps la chronique des partis politiques de notre pays. La polémique s’enfle au jour le jour au point qu’elle nourrit les titres des journaux et des sites Internet. Pour avoir assez duré, cette crise a atteint même les abysses.

Il s’agit d’un feuilleton qui secoue le corps représentatif de ce parti, d’un contentieux administratif et judiciaire dont la portée des faits traduit une inculture juridique et un justicisme mal orienté dans le trop long stationnement d’un dossier où divergent deux opinions diamétralement opposées. Donnant libre cours à des radotages, aux racontars les plus fabuleux et aux amalgames les plus dangereux.


Au lieu d’aborder frontalement le problème autour d’une table, c’est dans les gazettes que la fronde se cristallise avec un degré d’ampleur très médiatique. Au centre de ce tourbillon médiatique se pointe une personnalité politique, Mr.KIMASI MATUIKU BASAULA François dont les implications dangereuses et les récriminations portant sur l’insoumission, son goût d’intrigues dans le parti; et les flagrances constatées dans la gestion calamiteuse des ses ambitions politiques, dénotent le déviationnisme idéologique, le divisionnisme, le népotisme et violation du code de conduite du parti.

Ainsi pour avoir été demis de ses fonctions de Président Général de l’ABAKO et après s’être abstenu volontiers d’assumer les devoirs de ses fonctions par des manœuvres  dilatoires, lesquelles avaient mis en péril le fonctionnement régulier du parti qui l’a porté au pouvoir (Président de l’Assemblée Provinciale du Bas - Congo), un procès - verbal de constat de sa démission d’office de ses fonctions fut établi par ses pairs le 12 Septembre 2008. Décision notifiée le 9 Octobre 2008 au Ministère de l’intérieur de l’époque Monsieur Denis KALUME NUMBI qui avait pris acte de sa teneur et des autres changements intervenus au sein du parti ainsi que de la modification des statuts organiques publiés au journal Officiel de la République Démocratique du Congo du 1 mars 2009 du 1er mars 2009, enregistrés et notariés également à l’Office notarial de la ville de Kinshasa.

Les turpitudes d’un homme politique

Loin d’accepter cette défenestration, Monsieur KIMASI, frappé d’ostracisme, n’a jugé mieux que de décréter une démobilisation en tirant à boulets rouges sur l’équipe dirigeante qui l’a succédé au pouvoir, croyant avoir trouvé en l’ABAKO une terre promise où lui seul est maître inamovible; un outil de marketing politique où ce géronte autoproclamé à la Direction du parti, brandit ostensiblement sa dictature considérant ses semblables comme des pantins dans ses mains, comme de froides pièces d’un échiquier qu’il pourrait manier à sa guise. Nourri de cette culture éhontée, il a bien du mal à redescendre l’escalier. Un recours fallacieux établi par Monsieur KIMASI et adressé auprès du Ministère de l’intérieur, obligera le Ministre Célestin MBUYU KABANGO le 9 Octobre 2008 à reporter la lettre de son prédécesseur, reconnaissant implicitement la qualité du Président de l’ABAKO à KIMASI. Et le recours de l’ABAKO se heurte aujourd’hui à des réticences du Ministre Célestin MBUYU qui oblige les membres de ce parti de régler ce différend en épuisant tout d’abord la procédure interne prévue par les statuts conformément aux dispositions de l’article 32 de la loi n°04/002 du 15 mars 2004 portant organisation et fonctionnement des partis politiques. Pour le ministre, cette procédure doit tout d’abord être épuisée avant la saisine des cours et tribunaux. Cette position du Ministre met actuellement la poudre au feu, créant ainsi une barrière infranchissable entre les protagonistes de l’ABAKO et Monsieur KIMASI.

L’ABAKO qui n’entend pas céder à cette voie, ni faire des concessions à ce sujet, se fondant sur le fait que les statuts d’un parti politique régulièrement enregistré sont opposables à tous, une fois publiés au journal officiel et que le ministre est incompétent pour trancher les conflits internes qui opposent les membres d’un parti. Le dossier a tant roupillé et risque de placer l’ABAKO dans une capitulation forcée, croient-ils, ils ne tiennent qu’à porter l’affaire à la Cour Suprême de Justice pour éliminer les germes du désordre au sein de leur parti et opérer une pathologie du terrain qu’il faut assainir.

Cela n’obéirait qu’aux règles de démocratie et aux contingences exigées par la loi, affirment-ils. Une analyse qui conduit à penser qu’un clivage s’est tracé entre ce fils égaré et les membres de ce parti qui s’en remettent à la sagesse de la justice en dépit de la jurisprudence mal orientée du Ministre MBUYU. Voila une erreur d’analyse qui place Monsieur KIMASI dans un « Ilot protégé » et qui l’engage dans un combat clandestin plus machiavélique que manipulateur tel un noyé qui s’accroche à un bouée de sauvetage pour ne pas perdre une prérogative dont il s’en institue le principal ayant - droit. Ceux qui dénient ce droit à KIMASI le considèrent comme un usurpateur malhabile, un je menfoutiste patenté qui n’a jamais eu une identité politique.

Hier dans le MPR, parti -Etat, puis dans le parti démocrate chrétien ou il fut exclu pour insoumission avant de se rabattre dans l’ABAKO, après avoir courtisé avec le MLC de l’ancien Vice - Président BEMBA et aujourd’hui avec l’ABAKO sur laquelle il crache de façon manéchinéenne, un parti qui lui a servi d’ascenseur politique et dont il s’en sert comme une entreprise de prédation, de mensonge et d’avilissement. Voilà un débauchage politique qui évoque son passé et qui met à nu ses beaux rôles joués dans les enjeux du pouvoir. Mais cette fois- ci, il n’a pas réussi sa tour de force.

Cette position de faiblesse lui a ouvert tout grand un abîme certain. Au vu des plusieurs déconvenues qui le précarisent pour le moment et au vu de la rétrospective intégrale des faits ayant provoqué sa défenestration du grand fauteuil du parti, les voix s’élèvent de toutes parts pour condamner les turpitudes de monsieur KIMASI.

Tout d’abord, ceux des militants de l’ABAKO, qui a leur cri déchirant, craignant voir l’avenir de leur parti hypothéqué, organisent une veillée d’armes afin de secouer les inerties provoquées par ce dossier qui a trop duré en interpellant le ministre sur le bien fondé de laisser ce contentieux entre les mains de la justice et suivre son cours normal à l’heure de la tolérance Zéro qui prône la force de la loi devant la loi de la force. « Le sieur KIMASI contre qui planent aujourd’hui une série de plaintes tant dans son parti, qu’à l’Assemblée régionale du Bas-Congo où il est voué aux gémonies par une motion de méfiance et un vote qui lui a fait perdre son poste de Président de l’organe Législatif de cette province », n’a qu’à s’en tenir à lui-même au regard de certains anti-valeurs qu’il a tristement affichées. Le Ministère de l’intérieur est appelé à éteindre le brasier tendant à prendre les dimensions d’un grand feu au sein de ce parti qui voudrait fonctionner légalement régulièrement avec ses dirigeants actuels.

Johnny – Kokolo/Uhuru


(Ern/TN/GW/PKF)