stationAprès environ trois jours de distribution à des temps limités, le prix du carburant revu à la hausse. La nouvelle tarification est entrée en vigueur depuis mardi à 00heure; L’essence à la partie ouest (Kinshasa-Bas-Congo) est fixé à 895 Fc, gasoil 890 Fc; Essence à la partie Est est fixé à 1.120 Fc, gasoil 1110 Fc; Essence à la partie sud 1220 Fc, gasoil 1210 Fc.

Cependant, il reste au gouvernement d’encadrer cette hausse qui a souvent pour conséquence le changement de pres­que tous les prix des biens et services. Déjà avec une si­tuation sociale pré­caire, le gouvernement Muzito doit encore affronter cette nouvelle réalité.

Après environ trois jours de distribution perturbée à la pompe, les congolais sont soumis à un nouveau tarif du carburant. La raison principale de cette révision à la hausse, est la dépréciation de la monnaie nationale. A en croire certaines sources, l’an­cienne structure de prix était fixée quand le franc congolais s’échangeait à 795 le dollar. Aujourd’hui avec la dépréciation du franc qui s’échange avec plus de 860 Fc le dollar, les sociétés de distribution du carburant ont fait pression au gouvernement pour revoir le prix à la hausse pour  la raison ci-haut citée.

Les ménages vont trinquer

On sentait le dan­ger planer sur la circu­lation automobile tout le week-end dernier, les stations services ayant du mal à servir du car­burant. Enfin, la partie de cache-cache n’a pas trop duré, le prix du carburant à la pompe a été revu à la hausse. L’information est tombée hier sur les antennes de la Rtnc. En effet, selon le communiqué du ministère de l’Economie, le prix du litre d’es­sence passe désormais de 835 à 895 francs et ce­lui du gasoil de 830 à 893 francs, soit une hausse  de 60 francs pour chaque produit. Malheureuse­ment, comme Le Phare l’avait prédit dans sa li­vraison d’hier, c’est un gros nuage au-dessus de la capitale de Kinshasa et le réveil risque d’être très douloureux pour tous les usagers de la route, pas­sagers comme propriétai­res de véhicules à moteur qui font le transport en commun et les ménages les plus démunis.

Cette hausse, apprend-on dans les milieux proches des pétroliers, ne seraient étranger à la pression qu’exercent les opéra­teurs économiques de ce secteur sur le gouver­nement pour anticiper la dépréciation continue du franc congolais qui tend à franchir avant la fin de ce mois le cap de 900 francs pour un dollar américain. Cette explication seule ne suffit pas, on apprend aussi que les opérateurs du secteur veulent par cette action compenser la fiscalisation de pro­duits pétroliers importés décidée par le gouverne­ment.

Cependant, cette hausse impromptue du carburant risque d’avoir un effet d’entraînement et de conséquences fâcheu­ses sur tous les autres secteurs de la vie na­tionale dont le transport et le marché de biens et services, mais aussi dans le secteur de l’alimenta­tion. Voici pourquoi dans l’immédiat, des mesures d’encadrement doivent être prises dans l’urgen­ce tant au niveau national qu’au niveau de la ville de Kinshasa pour faire face à tous les abus que cette situation va certainement entraîner. Dès demain, le transport déjà un cauche­mar pour les kinois risque d’être invivable avec le retour en force des demi-terrain dont raffolent les transporteurs véreux. Pour les salariés, la nou­velle révision à la hausse du prix du carburant ar­rive malheureusement pendant que les salaires du mois d’octobre ont déjà été calculés.

Sur chaque litre de carburant vendu à la pompe, 10 % vont aller à l’entretien des routes

La taxe routière passe pour la manne du ciel en République Démocratique du Congo. Pendant des décennies, elle avait enrichi plusieurs mandataires publics et cadres ayant eu l’aubaine de se trou­ver aux avant-postes à l’Office des Routes. Sa récolte est des plus simples: prélèvement de 10% sur chaque litre de carburant vendu à la pompe, soit environ un dollar américain. Que chacun prenne sa calculatrice et fasse les comptes: des millions de litres de carburants ven­dus chaque jour sur l’ensemble du pays rapportent des mil­lions de dollars aux quotidien.

Au regard des in­terventions, souvent sa­lutaires il est vrai, mais nettement insuffisantes, de cette entreprise publi­que sur le réseau routier d’intérêt national, un projet de loi venu du gou­vernement a finalement atterri au Parlement (As­semblée Nationale puis Sénat) portant création du FONER (Fonds Natio­nal d’Entretien Routier). En fait, le Foner, c’est une « régie financière » de fait, capable de produire autant, sinon plus de re­cettes que l’Ofida (Office des Douanes et Accises), la DGI (Direction Géné­rale des Impôts) et la DGRAD (Direction Géné­rale des Recettes Admi­nistratives, Domaniales et de Participation).

Cet établissement public est juridiquement né, mais n’est pas encore opérationnel, faute d’un comité de gestion, d’un personnel, d’un siège et d’une logistique pour son fonctionnement. En atten­dant son démarrage, la « taxe routière » est logée dans un compte bancaire. En principe, notre pays ne devrait plus avoir des problèmes pour financer l’aménagement des rou­tes et leur entretien, tant le matelas des liquidités est volumineux.

Hélas, pendant des décennies, la « taxe routière » a davantage fait l’objet des pillages planifiés que servi la cause des usagers de la route. Au moment où le Foner est en gestation, le débat se focalise sur la nécessité de la ges­tion orthodoxe des fonds que vont lui rétrocéder la profession pétrolière. Par le passé, des particuliers se sont fait millionnaires sur le dos de l’Etat con­golais, qui en est ; courir aujourd’hui après les con­trats chinois pour cher­cher les fonds qu’exige la facture des infrastructu­res routières.

On voudrait voir cesser afin de mettre effectivement un terme au flou qui entoure l’utili­sation de cette cagnotte et à son détournement en douceur à des fins autres que celle à laquelle elle est destinée, les Congo­lais souhaitent que les autorités ayant le pouvoir de proposition et de nomi­nation portent leur choix sur des patriotes réelle­ment animés du souci de désenclaver le pays. Il est scandaleux de constater qu’au début de ce 3ème millénaire, des occupants des centaines de villages et territoires congolais ne puissent communiquer les uns avec les autres, alors qu’ils sont parfois séparés de moins d’un kilomètres. Il suffit qu’une route ou qu’un pont soit coupé pour plonger ses utilisateurs dans de longs détours, pendant des années voire des décen­nies.

Au moment où beaucoup de bruits sont fait autour des cinq chantiers de la République, le sec­teur routier devrait se faire plus visible que d’autres, car il ne souffre pas du manque de moyens. Des millions dorment dans les coffres du Foner.
Si les pillages de la « taxe routière » ne s’ar­rêtent pas, l’on peut devi­ner le sort de la RDC : elle ne pourra jamais créer l’abondance alimentaire, un des indicateurs du développement. Alors, vi­vement la tolérance zéro pour sauver les routes congolaises !

Vungbo/Kimp/La Référence Plus/Le Phare


(DN/TH/GW/Yes)