L’intervention du Chef de l’Etat congolais est requise, en sa qualité de garant de la nation, pour imposer une vigilance et une discipline lorsque la RD Congo doit traiter avec les partenaires internationaux.
Il a été découvert dans le lac Kivu, une forte concentration de gaz méthane dissout dans ses eaux. La découverte de ce gisement a fait l’objet d’un protocole d’accord entre deux pays riverains à savoir, la RD Congo et le Rwanda.
Ce gisement gazeux présente, d’une part, selon les scientifiques, des potentialités susceptibles d’engendrer des retombées économiques sérieuses et bénéfiques aux deux co-propriétaires, en l’occurrence, le Rwanda et la RD Congo. D’autre part, il constitue, en même temps, un grand danger d’explosion gazeuse pouvant exterminer, à la minute, toutes les populations environnantes.
Face à cette catastrophe humanitaire quasi imminente et dans l’optique et l’espoir d’une exploitation pouvant générer des recettes (devises), le Rwanda et la RD Congo ont convenu de mettre sur pied, une structure mixte pour la surveillance du lac Kivu, en vue d’une exploitation mutuelle conforme aux normes et aux standards internationaux d’exploitation du gaz méthane contenu dans les eaux du lac Kivu.
Cela avait été recommandé par un groupe de scientifiques réunis dernièrement à Copenhague, au Danemark.
Devant cette réalité salvatrice pour les gouvernements congolais et rwandais, ce sont les Rwandais qui ont pris une avance évidente.
Agissant avec méthode dans ce dossier, ils ont déjà construit une plate-forme d’extraction qui produit deux mégawatts d’énergie. Celle-ci alimente en courant électrique toute la ville de Rubavu, ex-Gisenyi, la Brasserie du Rwanda (Bralirwa) et une cimenterie.
Notre pays, la Rd-Congo, est encore dans le tâtonnement. Ceux qui ont la charge du dossier prennent beaucoup de temps pour négocier, notent les observateurs. Et quand ils agissent, ils le font avec une certaine légèreté et en ordre dispersé. Car la structure mixte d’exploitation traîne encore à voir le jour.
Le ministère, qui a les hydrocarbures dans ses attributions, ne donne pas encore la mesure de l’avancement du dossier. On observe, au contraire, à ce sujet, une cacophonie entre le ministre René Isekemanga et le vice-ministre Gustave Beya Siku.
On a d’abord vu l’Administrateur Délégué général de la Snel descendre à Kigali, au Rwanda pour ce faire. Ce qui, selon les experts, ne serait pas encore dans ses prérogatives.
C’était ensuite, le tour du ministre de l’Environnement de représenter le gouvernement congolais à ces négociations, alors que le gaz est parmi les hydrocarbures, et à ce titre, relève des attributions du ministère des Hydrocarbures. Comme pour marquer son désintéressement, le ministre des Hydrocarbures, René Isekemanga a confié le traitement de ce dossier à son vice-ministre, Gustave Beya Siku.
A ce niveau aussi, on note que les violons ne s’accordent pas entre les deux membres du gouvernement qui ont chacun, une conception et une vision des choses, au point qu’aujourd’hui, Isekemanga et Beya Siku se regardent, dit-on, en chiens de faïence.
La turpitude de ces deux fils du pays risque de causer de sérieux préjudices aux intérêts de l’Etat congolais au point d’amener le Rwanda à reprocher, un jour, à la RD Congo, de négliger l’exploitation du gaz méthane parce que le Congo regorge de beaucoup de richesses…
Les Rwandais prennent déjà en exemple les trois bassins sédimentaires du pétrole non encore exploités dont dispose la, RD Congo. Ce qui précède concerne la production qui va générer des recettes au pays. Qu’on se le dise, le danger d’une fuite éventuelle du gaz ne cesse de guetter les populations environnantes.
Selon les scientifiques, il faut vite mettre sur pied, une structure de surveillance du lac Kivu. Car, le niveau du gaz ne cesse d’augmenter et les dernières études indiquent que le niveau est à quelques mètres de la saturation. Son explosion peut donc surgir à tout moment et va décimer toutes les populations qui vivent aux environs du lac.
Et dans la mesure où l’air vient toujours de l’Est pour l’Ouest, les Congolais sont plus exposés à ce danger que les Rwandais. Cela étant, il faut donc procéder au de gazage du lac Kivu, au niveau de Kabunu (golfe où l’on a fait des études pour procéder au dégazage).
Pour plusieurs observateurs qui suivent l’évolution politique du pays, l’intervention du Chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila Kabange, est requise, en sa qualité de garant de la nation, pour ramener de l’ordre dans la boutique, et surtout pour imposer une vigilance et une discipline lorsque nous (RD Congo) devons traiter avec les partenaires internationaux.
Uhuru
(Milor/CL/PKF)