grossessePlusieurs femmes connaissent au moment de l’accouchement des complications qui mettent en danger leur vie et celle des enfants qu'elles enfantent. Dans la province du Bas-Congo (ouest de la République démocratique du Congo), singulièrement, les femmes sont de plus en plus nombreuses à utiliser, souvent en secret, des plantes sauvages afin d’accoucher rapidement et sans trop de douleurs.

Malheureusement, cette pratique, non reconnue par les services compétents, n’apporte pas que bonheur ; car il arrive que malheur s’en suive du fait qu’elle entraîne des complications, notamment la rupture du col de l’utérus, et mène jusqu’à la mort.


L’on note, par ailleurs, que la fameuse pratique est surtout adoptée par les adolescentes qui craignent souvent les douleurs qu’elles sont censées supporter lors de la première maternité. C’est ainsi qu’elles tombent, inconscientes, dans le piège de cette pratique dont, malheureusement, elles sont les seules à pâtir et qui va jusqu’à leur coûter la vie, au grand dam des membres de leurs familles.

Pour une maternité sans risques dans le monde

Les complications qui surviennent pendant la grossesse et l’accouchement sont désormais la principale cause de mortalité et d’infirmité des femmes en âge de procréer dans le monde en développement.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que 529.000 d’entre elles en meurent chaque année, soit une femme chaque minute dans le monde, et pour chaque femme qui meurt, une trentaine d’autres subissent des blessures, des infections ou des lésions durant la grossesse ou l’accouchement. Cela signifie que la santé d’au moins 15 millions de femmes est menacée chaque année.

Sur la totalité des décès maternels survenus, selon les estimations, en 2000, 95% se sont produits en Afrique et en Asie, contre seulement 4% en Amérique latine et dans les Caraïbes, et moins de 1% dans les régions plus développées.

Selon l'OMS, sur les 20 pays où le ratio de mortalité maternelle est le plus élevé, 19 appartiennent à l’Afrique sub-saharienne. Ce qui signifie que dans les pays où MSF intervient, une femme enceinte peut avoir 200 fois plus de risques de mourir que dans les pays industrialisés.

Qu’à cela ne tienne, les risques liés à la grossesse peuvent, selon l’Unicef, être considérablement réduits si la femme est en bonne santé et bien nourrie avant d'être enceinte, si elle se fait examiner au moins quatre fois pendant chaque grossesse par un agent de santé compétent et si une personne qualifiée (médecin, infirmière ou sage-femme) l'assiste pendant l'accouchement.

Il faudrait également vérifier l'état de santé de la jeune mère 12 heures après l'accouchement et six semaines après la naissance.

Il incombe en particulier aux autorités ayant la santé dans leurs attributions de s'assurer de la disponibilité des services prénatals et postnatals, de former des agents sanitaires capables d'assister les femmes pendant l'accouchement, de leur fournir des services spécialisés et de les diriger vers un spécialiste en cas de problème grave pendant la grossesse et l'accouchement.

La plupart des gouvernements ont ratifié un accord international, la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. Ce faisant, ils ont pris l'engagement juridiquement contraignant de fournir aux femmes enceintes les services nécessaires.

Diego Yesaya/MMC


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