Les pétroliers viennent de brandir leur menace de hausse du prix du carburant en gelant la vente dans les stations-service de Kinshasa depuis le week-end dernier, signe qui a toujours prévenu le renchérissement toujours redouté du coût des produits pétroliers
Les usagers du transport en commun de la capitale congolaise sont plus qu’inquiets. Il y a évidemment de quoi se faire du mouron pour tous ceux qui empruntent les divers taxi et taxi-bus souvent en état de délabrement avancé, et qui servent faute de mieux, au déplacement des milliers de Kinois des banlieues vers les milieux des affaires, situés principalement dans la commune de Gombe. En effet, le transport en commun dans la capitale congolaise risque d’être sérieusement perturbé, et même paralysé ce lundi. La cause en est simple depuis samedi soir, les stations service de la ville ont fermé leurs pompes. Conséquence : les revendeurs ambulants communément appelés « Kadhafi » se frottent les mains, sans doute avec la complicité des gestionnaires des stations d’essence ils ont vendu le litre d’essence à 1.500 francs congolais, soit près du double du prix officiel à la pompe.
Déjà, dès samedi soir, cette situation de hausse inattendue du carburant, sans l’aval de l’autorité compétente, a commencé à entraîner des perturbations. Comme toujours en pareil cas, les conducteurs des taxi et taxi-bus, pour faire face à la hausse du carburant, n’ont pas hésité à doubler le prix de la course. Causant par la même occasion des coupes forcées dans les prévisions liées au transport des Kinois. De nombreux Kinois, qui devaient répondre à des rendez-vous familiaux ou festifs ont dû, soit les annuler, soit les respecter contre leur gré. D’autant plus que ce samedi, quelques établissements d’enseignement supérieurs organisaient la collation des grades académiques de deuxième session.
Dimanche, un tour d’inspection organisé dans quelques stations service a révélé que celles-ci n’avaient pas rouvert leurs pompes. Les gestionnaires estiment que la flambée du dollar doit entraîner une revue à la hausse de leurs produits pétroliers.
Car, continuer à vendre encore ceux-ci au prix de 835 francs congolais le litre entraîne un manque à gagner considérable. Ce matin, il ne sera pas étonnant de voir de longues files de piétons sur les boulevards et autres artères principales de la capitale. La balle se trouve donc dans le camp de l’autorité qui doit trouver très vite une solution palliative pour éviter l’aggravement des tensions sociales. Et les apaiser notamment. Surtout que déjà, le panier de la ménagère, avec le dollar qui a gravi depuis quelques mois le palier de 850 francs congolais, condamne plusieurs ménages à la portion congrue.
Spectre de nouvelle envolée des prix conséquence de hausse du coût du carburant !
Les automobilistes étaient fort intrigués, tout au long du dernier week-end, par un rationnement « silencieux » de l’essence et du gasoil dans les stations-services de Kinshasa. Ce service minimum, qui refusait de dire son nom, et caractérisé par le fonctionnement d’une seule pompe, a trouvé son explication dans la rumeur d’une hausse imminente des prix de vente des produits pétroliers. Certaines sources indiscrètes sont allées jusqu’à avancer la date de ce lundi 19 octobre comme celle de la publication de la nouvelle grille tarifaire.
On comprend pourquoi les exploitants des véhicules commis au transport en commun et les particuliers se bousculaient dans les différents points de vente des carburants dans la capitale. Dans les milieux des opérateurs économiques du secteur pétrolier, on impute l’impératif de réajuster les étiquettes à la fois à la dépréciation continue du Franc Congolais, qui semble filer tout droit vers la barre de 900 FC le dollar américain, et à la décision du gouvernement de refiscaliser les produits pétroliers importés. Quoique l’on fasse, soutient-on, les Congolais sont appelés incessamment à payer leurs carburants plus cher. Or, personne n’ignore les effets d’entraînement du renchérissement des produits pétroliers sur l’ensemble des secteurs de la vie nationale. Afin d’éviter qu’un coup mortel ne soit assené au pouvoir d’achat des plus démunis d’entre nos concitoyens, l’on attend du gouvernement des mesures d’accompagnement de la hausse en chantier. Même si le ministère de l’Economie et du Commerce est sans titulaire depuis le décès du regretté André-Philippe Futa, tout le monde a les regards tournés vers le building Onatra, dans l’espoir qu’un message viendrait clarifier rapidement la situation.
La « vérité des prix étant têtue, tout ce que l’on souhaite est que le gouvernement se batte pour ramener le matelas des devises de la Banque Centrale à un niveau compatible avec les contraintes d’approvisionnement du pays en produits et biens divers, notamment pétroliers. On se souvient qu’il y a un mois, Le Phare avait agité la sonnette d’alarme au sujet de l’assèchement des réserves du Trésor Public, situation due, entre autres facteurs, à la récession mondiale, à la faillite des « mining » et au refus de la profession pétrolière de s’acquitter de ses obligations fiscales vis-à-vis de l’Etat.
Tout en décidant de refiscaliser les produits pétroliers importés, les pouvoirs publics auraient intérêt à aller chercher, du côté des exploitants miniers, des millions de dollars qui prennent le chemin des poches des individus, ainsi que vient de le prouver la Commission Mutamba du Sénat. Ce secteur si porteur devrait aider le gouvernement à engranger des devises étrangères fort précieuses pour soulager la bourse des consommateurs prêts à avaler l’amère pilule de la révision à la hausse des taux de vente des produits pétroliers.
Le Palmarès/Le Phare
(DN/Milor/GW/Yes)
Last edited: 19/10/2009 14:10:32