Le président de la République a reçu en audience le week-end dernier à Kinshasa les facilitateurs internationaux dans la crise à l’Est du pays, les ci-devant anciens présidents nigérian Olusagun Obasanjo et tanzanien Benjamin M’Kapa venus lui signifier la fin de leur mission après constat de la fin de la guerre
MM. Olusegun Obasanjo et Benjamin M’Kapa, anciens Chefs d’Etat du Nigeria et de la Tanzanie, facilitateurs de la crise dans l’Est de la République Démocratique du Congo, ont annoncé au Président de la République, Joseph Kabila Kabange, samedi à Kinshasa, la fin de leur mission compte tenu des progrès évidents qu’ils ont constatés sur le terrain.
M. Obasanjo a déclaré, à l’issue d’un entretien avec le Chef de l’Etat, que la fin de leur mandat est consécutive à l’amélioration sensible de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC, de même qu’aux progrès constatés notamment dans les relations entre la RDC et ses voisins de la région des Grands Lacs.
L’ancien Président nigérian s’est par ailleurs réjoui de constater qu’il n’y a plus de guerre au Kivu et que les déplacés de guerre sont en train de regagner leurs milieux d’origine.
Bien plus, le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple), un ancien mouvement rebelle qui était en guerre contre l’armée nationale, s’est transformée en parti politique et ses éléments ont intégré les FARDC (Forces armées de la République Démocratique du Congo).
Il a, en outre, fait savoir que les FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) en déroute ne représentent plus un danger pour les populations du Nord et du Sud-Kivu.
Dans la crise dans l’Est de la RDC, les anciens Présidents Olusegun Obasanjo et Benjamin M’Kapa représentaient respectivement l’Organisation des Nations Unies (ONU) et l’Union africaine (UA).
O. Obasanjo : « Le processus de paix dans l’Est de la RDC a connu des avancées significatives »
Interrogé au sujet de sa visite en RDC, il a déclaré : « Ce que nous sommes venus faire, c’est de rendre compte des progrès évidents que nous avons réalisés l’année dernière. Par exemple, le 7 novembre 2008, il y avait une crise humanitaire assez importante dans l’Est de la RDC. Cela n’est plus le cas aujourd’hui. Les relations entre la RDC et ses voisins se sont beaucoup améliorées. La question du CNDP n’est plus une question qui a la même envergure qu’avant, aussi bien au plan politique qu’au plan militaire ».
Pour rappel, Olusegun Obasanjo, a été mandaté par l’Onu comme facilitateur dans la crise du Nord-Kivu avec comme co-facilitateur un autre ancien chef d’Etat, le Tanzanien Benjamin M’kapa.
Ces deux envoyés spéciaux internationaux ouvrirent les négociations entre le gouvernement congolais et le CNDP, alors encore un mouvement armé, à Nairobi, au Kenya, en novembre 2008.
Après plusieurs rounds auxquels d’autres mouvements armés congolais de la région seront associés, un accord de paix sera signé en mars, à Goma, au Nord-Kivu même.
Entre l’ouverture des négociations en novembre 2008 et mars 2009, un certain nombre de faits majeurs, aussi bien politiques que militaires s’étaient passés entre-temps. Le CNDP, décapité de son chef, Laurent Nkunda, arrêté par l’armée rwandaise, s’était désengagé pour permettre l’aboutissement du processus de paix amorcé à Nairobi.
Et presque dans les mêmes circonstances de temps et de lieu, la RDC et le Rwanda s’étaient engagés dans une opération militaire conjointe contre les FDLR dans la province du Nord-Kivu.
Ces faits ont eu une incidence positive sur les relations bilatérales entre Kinshasa et Kigali, notamment avec des déplacements de part et d’autre de leurs ministères des Affaires étrangères, et pour couronner ce processus, le rétablissement de leurs relations diplomatiques.
Acp/Le Potentiel
(DN/Tkm/Yes)