La vitrine Coopearte de cette fin de décennie, permet de témoigner le niveau technique des plasticiens angolais.
Les voies thématiques empruntées sont à la hauteur des ambitions identitaires et sociales des plasticiens participant à l expérience commune. L’on y retrouvera, avec beaucoup de bonheur, des fixations de pinceaux attentives, qui alternent message énergique et convictions identitaires.
Une cinquantaine d’artistes plasticiens y participeront en proposant des remarquables pièces dans des domaines d’exercice plastique que la peinture à l’huile, la peinture acrylique, la sculpture sur bois, la sculpture sur fer, la céramique, le papier mâché, la bande dessinée, la peinture sablée , le batik ou la photographie digitale.
Parmi eux, Virginia Romao, dont l’élan pictural certifie la touche de designer expérimentée, Francisco M. Dongala, Nsimba Diongo, Mudilu Silava ,Ngandu Kapela, exemples parfaits du meilleur cru de la peinture contemporaine africaine.
Sozinho Lopes, par l’originalité de ses compositions, est l’un des peintres angolais appelé à intégrer, avec un énorme potentiel de succès, le marché international de l’art. Le plasticien Sozinho Lopes est, à n’en point douter, le peintre le plus doué de sa génération.
Technique à succès en Afrique centrale, Paulo Yoka propose, dans le cadre du studio collectif, la séduisante peinture sablée. Quant aux artistes Jeannette van Honk (de la Hollande), Adalberto Ferreira, Carlos Leonardo et Daniel Calufele Tumoma, venus de la métropole du centre de l’Angola, ils vont démontrer leurs talents dans le modelage du papier mâché.
L’autre créateur venu du cœur de l’Angola est Pedro Hospital. Cet artiste tient à sceller le succès de la danse kuduro, une démonstration chorégraphique issue du fameux rythme à orchestration très sommaire, nihiliste mais populaire.
Le professeur et doyen Fernando Vinha, rappelle, grâce à un courageux montage en fer, la nécessité d’une sérieuse réflexion philosophique sur la vie. Cette recherche ontologique est reprise dans les sculptures anthropomorphes de Dongala mais également dans l’agencement de Agostinho Jose Piranha.
L’immense Van, le Directeur, parfaitement accroché - avec raison – à sa condition d’artiste, se permet d’entrer dans ces sollicitations philosophiques en construisant une composition associant ses animistes sona (pictogrammes), inspirateurs, au catholique et mobilisateur sanctuaire Muxima ( une révélation de la diversité religieuse du pays de « l’hérétique » Kimpa Vita).
Solange Escosteguy Cardoso, la brésilienne, comme il faut s’y attendre, est bien fascinée par les masques à force signification sociale des puissants lundas. La brésilienne rejoint dans ce sentier anthropologique, Nkulu avec son éclatant masque solaire, ainsi que Carlos Leonardo, l’un des plasticiens descendus, pour l’occasion, des plateaux centraux, Jaime David, Tembo, Geovane Manuel qui redessine les attirants mwana pwo et Bangui, maître des rondeurs féminines, tous ces artistes passionnés par le secret des masques lundas.
L’exaltation des femmes, invariablement, grand thème des arts, ici et ailleurs, est reprise par Pedro Tchivinda, peintre évoluant dans le frais plateau Huila, riche de femmes élégantes et authentiques. Le persistant Nsimba Diongo, qui s’est acharné, consciencieusement, à rehausser leur finesse dans une démarche remarquablement poétique ou à les capter dans leurs attitudes quotidiennes à l’image de Gika Binanga, Pascoal Ventura, ne s’éloigne pas de l’esthétique féminine, surtout de leurs corps, que Avelino Kenga, se permet du reste de dévoiler....
La Coopearte est l’unique occasion de large regroupement professionnel des arts plastiques à Luanda, qui s’efforce de concilier la rigueur technique et les choix thématiques bien identitaires des œuvres d’art.
(CL/PKF)
Le Potentiel