L’Association nationale des entreprises du portefeuille (Anep) est sortie depuis le mardi 16 octobre de son mutisme en condamnant ouvertement l’arrestation, suivie de l’incarcération à la prison centrale de Kinshasa (ex-CPRK), de l’administrateur délégué général et administrateur directeur technique de l’Office de gestion de fret maritime (Ogefrem).

Le Syndicat national des entreprises du portefeuille n’y va par le dos de la cuillère. C’est donc sans circonlocutions que l’Anep condamne avec véhémence une procédure entachée de graves irrégularités. La déclaration publiée à la date du 13 octobre 2009 porte les signatures de son administrateur secrétaire exécutif, le prof Richard Ngu’Usim Mpey-Nka, son directeur administratif et financier, François Migumbu Kahozi, et son directeur adjoint à la direction technique, Patrick Ngulu Mbiobawhul.

Dans un premier temps, l’Anep se dédouane de son silence par rapport à ce dossier. Ainsi, rappelle-t-elle, « au nom du Conseil d’administration, le Comité de direction de l’Association nationale des entreprises du portefeuille « ANEP» suit avec bienveillance la situation qui prévaut au sein de l’Ogefrem après l’arrestation de deux membres de son Comité de Gestion, à savoir l’Adg Emile Ngoy Kasongo et l’Adt Roger Andende ».

En bon défenseur des entreprises du portefeuille, elle renchérit en faisant observer que « cette arrestation crée non seulement un climat malsain au sein de cette entreprise, mais jette également un émoi parmi les autres comités de gestion du corps des entreprises membres de notre association ».

Dès cet instant, le syndicat des entreprises du portefeuille se déchaine, en fustigeant notamment les prétendus griefs mis à charge de ces deux mandataires publics. Il ne s’empêche pas, entre-temps, de donner sa version de faits. « Des éléments en notre possession, note l’Anep, les concernés sont sous condition judiciaire à la suite de la signature du contrat FERI avec une firme Italienne à la place d’une firme Belge malgré le bonus que ce contrat dégage au profit de I’OGEFREM (RDC) ».

Comment ne pas conclure face à ce tableau qui, à première vue, innocenterait ses deux membres. L’Anep ne s’en écarte pas. C’est alors qu’elle poursuit : « A moins qu’il y ait autre grief non élucidé jusqu’à présent et s’il s’agit seulement du contrat FERI qui serait le nœud du problème, l’ANEP estime que l’arrestation de ces deux mandataires ne se justifie pas ».

Cependant, la RDC vibre depuis quelque temps au rythme de la campagne « Tolérance zéro ». L’Anep s’en est souvenu. C’est ainsi, note-t-elle dans sa déclaration, que « tout en soutenant l’opération ‘Tolérance zéro’ initiée par le chef de l’Etat et en ne faisant nullement ombrage au travail du Parquet d’établir la vérité et d’assurer la justice distributive, l’ANEP qui prend en confiance notre justice: constate que l’arrestation suivie de l’incarcération de l’Adg et l’Adt dont la fuite n’était pas à craindre fait subir à l’Ogefrem des préjudices énormes autant qu’aux personnes même de l’Adg et l’Adt ; sollicite par conséquent, auprès des Autorités attitrées la libération de l’Adg et l’Adt, qui jouissent jusqu’ici de la présomption d’innocence ».

Aussi constate-t-on que, comme avec le traitement cavalier de la suspension de l’Adg de la Société nationale d’assurances (Sonas), la RDC est en train de salir ces rares mandataires qui s’efforcent, en ces temps difficiles, de sauver les entreprises publiques en difficulté placées sous leur commande. Ce qui ne va nullement dans le sens de recréer la confiance tant recherchée en cette phase de transformation des entreprises publiques, suivant le décret du 24 avril 2009 signé par le Premier ministre.

Il y a lieu pour l’Etat congolais, qui s’est fixé un certain d’objectifs de savoir exactement ce qu’il veut. Il ne faut vouloir une chose et son contraire à la fois, dit un vieil adage. Comme pour dire, il ne faut demander aux mandataires publics d’accompagner la réforme en prenant des décisions de gestion allant dans ce sens tout en les ridiculisant par des mesures judicaires disproportionnées.

Si grief il y a, il existe des procédures prévues par la loi pour faire éclore la vérité aux fins de condamner les coupables, indique l’Anep. Elle ne s’en dédouane pas, outre mesure. C’est notamment lorsqu’elle déclare que : « En plus, l’affaire (Ndlr : celle mettant en cause l’Adg et l’Adt de l’Ogefrem) relevant du civil pourrait connaître d’autres issues de procédure interne de l’Administration ». En encadré, la déclaration de l’Anep.

Déclaration de l’Anep à la suite de l’arrestation de l’Adg et de l’Adt de l’Ogefrem
Au nom du Conseil d’administration, le Comité de direction de l’Association nationale des entreprises du portefeuille «ANEP» suit avec bienveillance la situation qui prévaut au sein de l’Ogefrem après l’arrestation de deux membres de son Comité de gestion, à savoir : 1’Adg Emile Ngoy Kasongo et l’Adt Rager Andende.

Ces derniers sont écroués au Centre pénitencier de rééducation de Kinshasa «CPRK/Makala» depuis le 12 octobre 2009 en détention provisoire et après avoir passé 48 heures de garde à vue au cachot du Parquet général de la République.

Cette arrestation crée non seulement un climat malsain au sein de cette entreprise, mais jette également un émoi auprès des autres Comités de Gestion du corps des entreprises membres de notre Association.

Des éléments en notre possession, les concernés sont sous condition judiciaire à la suite de la signature du contrat FERI avec une firme Italienne à la place d’une firme Belge malgré le bonus que ce contrat dégage au profit de l’Ogefrem (RDC).

A moins qu’il y ait autre grief non élucidé jusqu’à présent et s’il s’agit seulement du contrat FERI qui serait le nœud du problème, l’ANEP estime que l’arrestation de ces deux Mandataires ne se justifie pas.

En plus, l’affaire relevant du Civil pourrait connaître d’autres issues de procédure interne de l’Administration.

Ainsi, tout en soutenant l’opération «Tolérance zéro » initiée par le Chef de l’Etat et en ne faisant nullement ombrage au travail du Parquet d’établir la vérité et d’assurer la Justice distributive, 1’ANEP qui prend en confiance notre Justice : constate que l’arrestation suivie de l’incarcération de l’Adg et l’Adt dont la fuite n’était pas à craindre fait subir à 1’Ogefrem des préjudices énormes autant qu’aux personnes même de l’Adg et l’Adt ; sollicite par conséquent, auprès des Autorités attitrées la libération de l’Adg et l’Adt, qui jouissent jusqu’ici de la présomption d’innocence.

(CL/PKF)

Le Potentiel