Bandalungwa est encore sous le choc, après le meurtre crapuleux d’un étudiant finaliste de l’Unikin par quatre hommes en uniforme qui se livraient, dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 octobre, à une série d’extorsions dans les rues du quartier Lingwala.
Pourtant, Rigobert Kikufi, résidant sur avenue Kivunda n° 123, quartier Adoula, dans la même commune, raccompagnait à pied son copain qui habitait dans le quartier voisin.
Son seul tort est d’avoir échappé à ses malfaiteurs décidés à les dépouiller de leurs téléphones cellulaires, ainsi que le contenu de leur porte-monnaie. Il avait pris fuite, abandonnant son ami dans les griffes de ces inciviques. L’un des bandits a eu alors pour réflexe de pointer son arme en sa direction et d’ouvrir le feu sans sommation. Mortellement atteint, Rigobert Kikufi a rendu l’âme sur le champ, baignant dans son sang.
Devant cette scène insupportable qui révoltait déjà les premiers témoins, les bandits ont détalé chacun dans sa direction. Le sang de l’innocent criait vengeance au ciel. Le meurtrier a, après avoir abandonné son arme sur le lieu du crime, trouvé refuge à l’hôtel Dodo.
Les policiers du commissariat de Bandalungwa alertés par ce coup de feu, iront s’enquérir de la situation sur avenue Bayaka où ils trouveront le corps inerte de Rigobert Kikufi gisant dans une mare de sang. Aussitôt, ils se lanceront à la chasse des malfaiteurs.
Chemin faisant, un informateur occasionnel leur a indiqué qu’un élément incontrôlé se cachait encore à l’hôtel Dodo. Ils le surprendront en train de s’échanger, car il portait au dessus une tenue militaire et en dessous, une tenue civile. Aux pieds, il fut trahi par ses bottines.
Mis aussitôt aux arrêts, le sergent Bazika Tshilomba fut acheminé au Bataillon de la police d’investigations criminelles où il a été identifié. De ses aveux, on apprendra que chaque nuit, il réunit ses amis le sous-lieutenant Sezako Tabel, M. Mayamba Makembo et le premier sergent Ilunga Kayembe. Ainsi tout le film du meurtre de Rigobert Kikufi sera reconstitué dans ses moindres détails.
Des spécialistes des extorsions à main armée à Bandalungwa
Au Bataillon de la police d’investigations criminelles, on s’est intéressé à l’arme du crime. Cette pièce la conviction a été récupérée sur avenue Bayaka. C’est une Fa n° 4116. Et c’est grâce aux renseignements qu’il a fournis aux policiers, que ses deux comparses habitant le camp Kokolo ont été appréhendés.
Le troisième délinquant le premier sergent Ilunga Kayembe, que les enquêteurs ont raté à son domicile, est allé se réfugier du côté de Ngaliema, mais des recherches sont lancées avec l’aide de ses supérieurs hiérarchiques pour tenter de retrouver ses traces.
La police d’investigations criminelles tente d’autre part de reconstituer le palmarès de cette bande des malfaiteurs qui n’en est pas à son premier crime du genre. Et qui compterait une cinquantaine des braquages. A la demande des autorités civiles et des responsables de la justice militaire, les trois meurtriers de Rigobert Kikufi ont été déferrés devant l’auditorat militaire de garnison de Ngaliema.
Les jeunes de Bandalungwa du quartier Adoula révoltés par ce crime, promettent d’infliger le supplice du collier à tout déserteur ou élément incontrôlé qui sera pris en flagrant délit de vol à main armée ou extorsion dans les ruelles de cette commune.
Le prévenu Bajika condamné à la peine capitale
Le tribunal militaire de la garnison de Kinshasa/Ngaliema a condamné à mort, mardi, le prévenu Bajika Tshilumba, auteur du meurtre de M. Rigobert Ikufi tué par balles, dans la nuit de samedi dernier, sur l’avenue Bayaka, dans la commune de Bandalungwa.
C’était au cours de l’audience foraine et publique organisée dans l’enceinte de la municipalité. L’audience publique a débuté, lundi par l’audition des témoins et la descente sur le lieu à l’hôtel Dodo, où Bajika s’était abrité après le crime.
La dernière séance a repris mardi en présence de deux ministres provinciaux, en l’occurrence M. Godard Matemona de l’Intérieur et Mme Olenga de l’Education. Le tribunal a acquitté le sous lieutenant Sezabo qui a plaidé non coupable.
Par ailleurs, le 1er Sergent Bajika doit payer la somme de 25.000 FC à la DGRAD et 30.000 dollars américains (en francs congolais), au titre de dommage et intérêts à la famille de la victime. En outre, le tribunal a décidé la levée du corps du défunt de la morgue de l’Hôpital général de référence de Kinshasa pour son inhumation.
L’autorité municipale de Bandalungwa, M. Floribert Lebe Mupiya, a tenu à ce procès public afin que ses administrés puissent tirer la leçon et s’en servir et comprendre que l’Etat existe et que la « Tolérance zéro » n’est pas un slogan creux.
J.R.T./Le Phare
(DN/Milor/Yes)