Pourtant, Rigobert Kikufi, résidant sur avenue Kivunda n° 123, quartier Adoula, dans la même commune, rac­compagnait à pied son copain qui habitait dans le quartier voisin.

Son seul tort est d’avoir échappé à ses malfaiteurs décidés à  les dépouiller de leurs télé­phones cellulaires, ainsi que le contenu de leur porte-monnaie. Il avait pris fuite, abandonnant son ami dans les griffes de ces inciviques. L’un des ban­dits a eu alors pour réflexe de pointer son arme en sa direction et d’ouvrir le feu sans sommation. Mortel­lement atteint, Rigobert Kikufi a rendu l’âme sur le champ, baignant dans son sang.


Devant cette scène in­supportable qui révoltait déjà les premiers témoins, les bandits ont détalé cha­cun dans sa direction. Le sang de l’innocent criait vengeance au ciel. Le meurtrier a, après avoir abandonné son arme sur le lieu du crime, trouvé re­fuge à l’hôtel Dodo.

Les policiers du commissariat de Banda­lungwa alertés par ce coup de feu, iront s’enquérir de la situation sur avenue Bayaka où ils trouveront le corps inerte de Rigo­bert Kikufi gisant dans une mare de sang. Aussitôt, ils se lanceront à la chasse des malfaiteurs.

Chemin faisant, un informateur occasionnel leur a indiqué qu’un élé­ment incontrôlé se cachait encore à l’hôtel Dodo. Ils le surprendront en train de s’échanger, car il portait au dessus une tenue militaire et en dessous, une tenue civile. Aux pieds, il fut trahi par ses bottines.

Mis aussitôt aux arrêts, le sergent Bazika Tshilomba fut acheminé au Bataillon de la police d’in­vestigations criminelles où il a été identifié. De ses aveux, on apprendra que chaque nuit, il réunit ses amis le sous-lieutenant Se­zako Tabel, M. Mayamba Makembo et le premier sergent Ilunga Kayembe. Ainsi tout le film du meur­tre de Rigobert Kikufi sera reconstitué dans ses moindres détails.

Des spécialistes des ex­torsions à main armée à Bandalungwa

Au Bataillon de la police d’investigations criminel­les, on s’est intéressé à l’ar­me du crime. Cette pièce la conviction a été récupérée sur avenue Bayaka. C’est une Fa n° 4116. Et c’est grâce aux renseignements qu’il a fournis aux policiers, que ses deux comparses habitant le camp Kokolo ont été appréhendés.

Le troisième délin­quant le premier sergent Ilunga Kayembe, que les enquêteurs ont raté à son domicile, est allé se réfu­gier du côté de Ngaliema, mais des recherches sont lancées avec l’aide de ses supérieurs hiérarchiques pour tenter de retrouver ses traces.

La police d’inves­tigations criminelles tente d’autre part de reconsti­tuer le palmarès de cette bande des malfaiteurs qui n’en est pas à son premier crime du genre. Et qui compterait une cinquan­taine des braquages. A la demande des autorités civiles et des res­ponsables de la justice mi­litaire, les trois meurtriers de Rigobert Kikufi ont été déferrés devant l’auditorat militaire de garnison de Ngaliema.

Les jeunes de Bandalungwa du quartier Adoula révoltés par ce crime, promettent d’infli­ger le supplice du collier à tout déserteur ou élément incontrôlé qui sera pris en flagrant délit de vol à main armée ou extorsion dans les ruelles de cette com­mune.

Le prévenu Bajika condamné à la peine capitale

Le tribunal militaire de la garnison de Kinshasa/Ngaliema a condamné à mort, mardi, le prévenu Bajika Tshilumba, auteur du meurtre de M. Rigobert Ikufi tué par balles, dans la nuit de samedi dernier, sur l’avenue Bayaka, dans la commune de Bandalungwa.

C’était au cours de l’audience foraine et publique organisée dans l’enceinte de la municipalité. L’audience publique a débuté, lundi par l’audition des témoins et la descente sur le lieu à l’hôtel Dodo, où Bajika s’était abrité après le crime.

La dernière séance a repris mardi en présence de deux ministres provinciaux, en l’occurrence M. Godard Matemona de l’Intérieur et Mme Olenga de l’Education. Le tribunal a acquitté le sous­ lieutenant Sezabo qui a plaidé non coupable.

Par ailleurs, le 1er Sergent Bajika doit payer la somme de 25.000 FC à la DGRAD et 30.000 dollars américains (en francs congolais), au titre de dommage et intérêts à la famille de la victime. En outre, le tribunal a décidé la levée du corps du défunt de la morgue de l’Hôpital général de référence de Kinshasa pour son inhumation.

L’autorité municipale de Bandalungwa, M. Floribert Lebe Mupiya, a tenu à ce procès public afin que ses administrés puissent tirer la leçon et s’en servir et comprendre que l’Etat existe et que la « Tolérance zéro » n’est pas un slogan creux.

J.R.T./Le Phare


(DN/Milor/Yes)