muzitoL’actualité politique en RDC est dominée ce week-end par la défense du budget 2010 par le Premier ministre à l’Assemblée nationale et l’examen de la motion de défiance contre lui, deux enjeux représentant de sérieuses menaces de chute du gouvernement. Si pour la défense du budget, le Premier ministre s’en est tiré à bon compte vendredi, il reste le deuxième obstacle à franchir de la motion de défiance contre laquelle la majorité va certainement se mobiliser encore pour barrer la route aux pourfendeurs impénitents campés dans l’opposition et qui avaient juré depuis trois mois d’avoir la peau de Muzito.

C’est cet enjeu que décortique, pour marquer sa position jamais démentie de recherche toujours de consolidation de l’alliance de la majorité AMP dont elle fait partie, la formation politique Union pour le développement du pays (UDCO) de Banza Mukalay Nsungu par la voie de son président de la Fédération provinciale du Katanga, ci-devant M. Dieudonné Mulimulwa, profitant de son passage actuelle dans la capitale Kinshasa pour réfléchir tout haut sujet dans l’interview ci-après à Digitalcongo.net.

Le gouvernement est à nouveau secoué par l’opposition qui cette fois est près du but du culbutage qu’il n’a cessé d’ourdir de l’équipe Muzito, puisqu’il a été constaté à la présentation du projet de budget 2010 par le Premier ministre à l’Assemblée nationale un vote à la sauvette très significatif de ce danger de chute. Qu’en pense l’UDCO dont est connu l’activisme au sein de l’AMP ?

En fait nous devons savoir que le gouvernement a été élu au niveau du Parlement. C’est un gouvernement de la Majorité parlementaire qui est sorti au Parlement. S’il y a méfiance au niveau du Parlement, le problème qui est le plus important pour le moment, c’est le budget. Il faut qu’on arrive à le voter, ensuite on passera après au niveau de l’examen de la motion de défiance contre le Premier ministre. Mais il y a un point que nous devons soulever, un point que nous les Congolais nous devons savoir : est-ce que c’est très important qu’à chaque année on doive changer le gouvernement ? Est-ce la solution ? Combien de fois on a changé de gouvernement chez nous ? Nous sommes toujours au début du commencement chaque jour !

Nous devons faire un effort, nous devons comprendre, nous devons savoir ce que nous voulons. Ce n’est pas chaque fois qu’il faut mettre les décideurs dans les erreurs politiques. Parce qu’en fait le Chef de l’Etat est là pour diriger le pays en étant soutenu par des gens. Il a des conseillers, il y a le Parlement, il y a le gouvernement, il y a le Sénat, il y a aussi le cabinet du président de la République. Il y a également des experts qu’on dit au niveau du gouvernement. Mais ce n’est pas en changeant de Premier ministre qu’on va arriver à une solution au Congo. Nous devons savoir qu’est-ce que nous voulons. Nous devons d’abord, nous Congolais, respecter les lois, nous devons connaître nos limites. Chacun doit savoir, là où il va, où se situe sa limite, et à quel niveau l’autre va arriver.

Puisque c’est le Parlement qui investit le Premier ministre, s’il constate que celui-ci faillit à sa mission, n’a-t-il pas donc pas le droit de le démettre ?

Bien sûr que le Parlement a le droit de déposer le gouvernement à tout moment ! Mais en fait c’est ce Parlement-là qui a choisi le Premier ministre. Ce dernier est venu du Parlement censé avoir fait un bon choix. Ensuite les députés sont là pour représenter le peuple et non pour l’induire dans les erreurs. Ils sont là pour représenter valablement le peuple. C’est quoi les difficultés de notre pays pour le moment ? C’est savoir ce que nous voulons ! C’est-à-dire que le pays est en difficulté. Ce ne sont pas les intérêts des individus qu’il faut considérer.

On ne peut pas faire la politique avec les sentiments, on doit la faire avec objectivité. C’est-à-dire que nous devons savoir défendre les intérêts pas de soi, mais les intérêts de la population. On est au Parlement, on n’y a pas été emmené par sa famille, c’est la population. Le député doit pouvoir se dire : « Moi je suis au Parlement à cause de la population » On a choisi ce gouvernement et on doit lui laisser faire quelque chose de conséquent. Est-ce que le gouvernement de Muzito qui est là depuis combien de temps a les mains libres ? Est-ce qu’il a tous les moyens pour faire quelque chose ? Est-ce qu’on lui a laissé la liberté de s’exprimer ?

Vous savez : il y a un problème chez nous que nous devons comprendre. Pour un pays comme le nôtre qui vient de la guerre, un pays post-conflit – des conflits terribles – on est en train de se chercher pour se réaffirmer. Pour le moment nous devons donc fournir des efforts de compréhension de cette situation. Il nous faut laisser les responsables travailler au relèvement du pays. Le Premier ministre, j’ai pitié de lui, pourquoi ? C’est un homme qui ne sort pas de Kinshasa. On dirait qu’il est condamné ici dans la capitale. Le Premier ministre doit avoir un agenda à l’extérieur du pays. C’est-à-dire qu’il doit sortir chercher les moyens. Est-ce qu’on lui donne ce temps-là de sortir chercher des moyens. Parce que pour le moment au Congo qu’est-ce qu’on ne dit pas quand quelqu’un se déplace à l’extérieur du pays ! Eh bien on dit que ce monsieur est en train de sortir pour préparer quelque chose.

On a toujours des préjugés sur quelqu’un, même quand il a de bonnes idées, telle que sortir pour aller chercher des moyens pour le peuple congolais. Certes, nous sommes un pays riche, mais est-ce que le peuple l’est ? On dit toujours que le Congo est un pays très riche, mais est-ce que le Congolais est très riche, posons-nous la question ! Un Congolais, c’est quelqu’un qui est très pauvre. Ceux qui sont très riches dans ce pays, ce sont les gens qui viennent de l’extérieur et qui savent comment chercher l’argent au Congo. On le constate tous les jours. Un Libanais qui vient ici en babouche, le lendemain on le voit rouler en Rolls-Royce. Comment il a eu cet argent, il faut se poser la question ?

Pour moi, ce n’est pas le changement de gouvernement qui va changer ce pays. Non, ce n’est pas ça ! Disons que nous devons savoir comment laisser les gens travailler. Leur donner les moyens. Si on a des idées, il faut aller les donner au Premier ministre, en lui faisant remarquer ce qui ne va pas, et en lui proposant ce qu’il lui convient de faire pour que ça marche ! C’est un coup de chapeau mérité pour ce genre de donneur de conseil. Le Premier ministre est un humain. Il va changer en tant qu’intellectuel censé prendre à bon compte les suggestions qu’on lui fait. Un intellectuel, c’est quelqu’un qui ne conteste pas les suggestions qu’on lui apporte en se cabrant pour dire non aux propositions constructives qu’on peut lui apporter.

Mais quand on lui fait remarquer, par exemple, qu’en matière d’engagement de l’équipe des collaborateurs, pour un pays en difficulté, on dénote de l’irresponsabilité dans la pléthore de personnel de cabinet qu’il s’octroie, ce qui est presqu’en contradiction avec les moyens qu’on recherche. Est-ce une mauvaise observation ? Est-ce que le Parlement a tort de le relever ?

muzitoMais est-ce que ce Parlement-là lit réellement la Constitution ? Que dit la Constitution là-dessus ? Parce que la Constitution donne le nombre du personnel autorisé au cabinet du Premier ministre ! Qu’est-ce qu’on entend par pléthore ? Est-ce qu’il a dépassé le nombre du personnel lui autorisé ?

Combien de personnes lui est-il autorisé d’engager dans son cabinet d’après la Constitution ?

La Constitution dit que le Premier ministre doit avoir au moins 600 personnes pour son cabinet ! Là-dessus sont compris chauffeurs, conseillers, autre personnel, etc. Au niveau de la Primature, il doit y avoir donc au moins 600 personnes, C’est cela que dit la Constitution. Est-ce que le Premier ministre est allé au-delà de ce nombre ?

Il y a aussi le contexte qui impose l’austérité et une réaliste rigueur…

Mais la Constitution, c’est nous peuple congolais qui l’avons élaborée. Nous savons que le pays vient de la guerre, pourquoi n’avons-nous pas dit que le Premier ministre dispose d’un personnel restreint à son cabinet ? Parce que nous venons de la guerre. Et cette Constitution a été élaborée après la guerre ! Tout ce qui est contenu dans cette loi fondamentale qui nous régit, nous l’avons fait malgré nous. Pourquoi nous avons des parlements provinciaux, nous qui venons de la guerre ? Nous sommes donc allés trop vite. On devrait supprimer ces structures pour les mettre en place plus tard dans une meilleure conjoncture !

On a donc donné ce pouvoir-là au Premier ministre et il est allé à moins que le nombre lui consenti de 600 personnes. Il a, à ce qu’on dit quelque 450 agents et cadres. Encore faut-il en avoir les preuves. Y a-t-il des gens qui sont allés contrôler ce personnel de la primature en en relevant exactement le nombre, même s’il y en a moins. Vous savez : c’est tout cela qui amène à dire que nous les Congolais on ne s’aime pas. Il faut aimer son chef en le laissant gérer le pays, et attendre son tour. On ne peut pas tous être chefs au même moment, c’est impossible !

Mais dans les autres cabinets ministériels on ne remarque pas de pléthore de personnel, surtout qu’on ne sent pas toujours l’activité qui s’y déploie !

Vous savez : dans les cabinets ministériels que nous avons l’habitude de fréquenter, il n’y a parfois que la récréation, surtout quand le ministre y est absent. On dirait que c’est le ministre seul qui travaille, et pourtant un ministère doit être comme une entreprise privée avec un PDG et toute une hiérarchie bien structurée de collaborateurs jusqu’aux huissiers. Vous avez le directeur de cabinet, les conseillers, le personnel administratif et tous les agents d’exécution, etc. Tous doivent travailler correctement avec un horaire de travail à observer dans sa rigueur. Si c’est à 7h30’ qu’il faut arriver au bureau, eh bien on ne doit pas déroger à la règle, sans invoquer le moindre prétexte tels des embouteillages qu’il faut s’arranger à éviter en quittant la maison à 5 heures du matin pour arriver à temps au service.

Dans les autres pays, par exemple, quand vous arrivez à un cabinet ministériel à 7h30’, vous trouvez que tout le monde est au service et s’y active très consciencieusement. Le bureau d’un ministre apparaît comme une société privée que les gens respectent et où le personnel travaille correctement. Mais chez nous ici, vous arrivez dans un bureau ministériel, on dirait qu’il y a eu la guerre avec désertion de tout le monde. C’est seulement quand le ministre est là que son personnel essaye de travailler. Tout cela c’est de l’hypocrisie ! Les gens ne travaillent pas, ils sont toujours derrière quelque chose !

C’est la manière de composition de ces cabinets qui pose problème avec des personnes qu’on impose souvent sans considération des critères de compétence. Ce sont des situations sur lesquelles le Parlement ne jette jamais de regard.

Je crois que le Parlement est là pour mettre les choses sur les rails. C’est vrai qu’au niveau des ministères, il peut arriver qu’il y ait des failles. Mais nous devons savoir pourquoi on ne cherche pas à mettre la personne qu’il faut à la place qu’il faut, surtout pour un pays qui se cherche comme le nôtre. Moi j’ai vu un film de Thomas Sankara quand il est arrivé au pouvoir. Il a dit que dans son pays il faut consommer burkinabé et les gens ont effectivement consommé burkinabé. Il adit que tous devaient faire les rails : les gens ont travaillé pas avec la machine mais à la main. Il a dit qu’il fallait faire le coton, eh bien on a fait le coton et on s’est habillés burkinabé. C’est cela le pays.

Nous devons respecter les lois. Quand un Congolais ne respecte pas les lois, ce n’est pas normal, on n’arrivera pas à quelque chose. On peut changer cent mille fois le gouvernement, au moment que les lois ne sont pas respectées chez nous, c’est rien. On peut prendre l’exemple de n’importe quel pays voisin. Ce n’est pas que ce sont des miracles qu’ils produisent, mais leurs performances sont le résultat de la discipline qu’ils s’imposent. Il y a des pays voisins sur les routes desquels on ne peut pas trouver les sachets tels qu’ils envahissent tout notre environnement chez nous, dès lors que les autorités ont décrété de ne plus voir les sachets, et ça n’entre pas. Si on voit quelqu’un avec un sachet, il écope dix ans de prison, c’est ce qui se respecte. Est-ce que cela est de la dictature ? Non, c’est normal, le pays doit marcher comme cela.

Si on dit que les voitures de service doivent rester au bureau après le service, ce n’est plus avec ces voitures que vous devez aller vous prélasser dans des courses personnelles, aller dans les boîtes de musique et autres débits de boisson, non ! On doit respecter l’interdiction et ne pas abuser des biens publics en dehors des heures de service. C’est cela qui se pratique dans les pays voisins. Après le service, ta femme vient te chercher avec ta voiture privée, ce n’est pas que tu n’es plus ministre pour cela.

Pour qui que tu sois dans le gouvernement ou les cabinets ministériels, la voiture de service ; c’est la voiture de service. Si on instaure cela, on doit le respecter ! Le jour où l’on doit quitter le service, ceux qui sont appelés à vous remplacer doivent trouver une voiture impeccable. Ce n’est pas qu’on vous donne une voiture et après deux mois elle se retrouve déclassée. Ce n’est pas normal. L’Etat congolais n’a pas toujours les moyens d’acheter continuellement de nouvelles voitures !

Des observateurs qui suivent l’agitation au Parlement pensent que les membres de la représentation nationale qui ressentent de plus en plus les difficultés financières qu’éprouvent les populations en expriment des ressentiments contre le Premier ministre mieux logé à bonne enseigne de la conjoncture, ce qui expliquerait les attaques contre le chef du gouvernement.

En fait comment définir un parlementaire ? C’est un élu du peuple, quelqu’un qui sort du peuple. Le gouvernement est là, il est élu par le Parlement. Il est investi du pouvoir exécutif et gère ainsi le pays, tandis que le Parlement est là pour contrôler les actions du gouvernement. Je vois très mal comment un Parlement peut être en conflit avec le gouvernement qu’il a mis en place. C’est-à-dire quoi ? Comment, par exemple dans la vie peut-on être contre son enfant qu’on a mis au monde ? On a fait un enfant et après on dit que cet enfant n’est pas à soi. Ainsi est le gouvernement qui vient du Parlement. Aujourd’hui ce Parlement est contre son gouvernement. Non ça n’a pas de sens.

mulimulwaPersonnellement je ne vois pas pourquoi on peut faire cela. Si réellement le gouvernement n’est pas arrivé à la satisfaction des attentes de la population, le Parlement devait l’appeler et lui démontrer ses failles, comme un papa qui en train de conseiller son fils ou sa fille sans les mettre à nu devant les voisins en disant que l’enfant est voleur, qu’il ne fait rien à l’école. Quand on le dit ainsi aux voisins, ce n’est pas le fils ou la fille sur qui on va rigoler, mais sur toi-même le père ! C’est le père qui ne fait pas correctement son travail. C’est cela le problème du Parlement, si on peut se référer à cet exemple.

C’est comme les gens qui parlent du mal du Chef de l’Etat. Est-ce que vous avez déjà vu un Belge qui parle du mal de son roi ou de son gouvernement ? Il n’y en a pas ? Quand vous parlez du mal de votre chef, ce n’est pas que vous ridiculisez votre chef, mais vous vous ridiculisez vous-même. Nous devons le savoir.

Au Parlement il y a l’opposition qui ne doit évidemment pas avoir des cadeaux à faire au gouvernement de la majorité…

L’opposition chez nous est une opposition des individus ! C’est-à-dire que, quand je ne vous aime pas, je deviens votre opposé à vous. L’opposition doit être objective et constructive. L’opposition est là pour mettre le gouvernement sur les rails en démontrant comment il a dérapé, voilà ! Et le gouvernement doit se dire : eh ! moi j’ai l’opposition derrière moi en train de me contrôler, donc je dois faire attention et veiller à bien m’acquitter de mes responsabilités. L’opposition ou autres aigris n’ont pas à faire prévaloir des ressentiments pour dire, par exemple, que ce monsieur-là a deux voitures, moi je n’en ai pas, pourquoi il a eu cela. Non ! Le soleil luit pour tout le monde, et chacun a sa façon de voir ce soleil-là. Quand je suis la télévision chez moi en compagnie d’autres personnes, chacun a sa façon de percevoir et d’analyser l’information qui est diffusée.

Il y a un problème pour nous Congolais. Nus devons changer, nous devons soutenir ce gouvernement. Il est vrai que tout homme n’est pas parfait, on n’est pas de l’eau qui est aimée par tout le monde. Mais nous devons aider le gouvernement, nous devons aider les membres du gouvernement. Il n’est pas normal qu’on soit totalement mauvais. Un homme n’est pas un imbécile, il réfléchit, il a des idées et toutes les idées qui viennent d’un homme ne sont pas toutes mauvaises.

Donc, pour vous, il n’y a pas à désespérer du gouvernement en dépit de la situation qu’il gère et qui s’avère difficile ?

Non, si ça ne marche pas, ce n’est pas seulement à cause du gouvernement, c’est à cause de nous aussi, les gens qui sommes en dehors du gouvernement. Nous devons aussi aider ce gouvernement en nous demandant pourquoi ça ne marche pas. Est-ce que nous respectons nos lois ? Est-ce que le Congolais respecte les lois du Congo ? C’est cela le début du problème : nous devons les respecter. Je prends un simple exemple. Un policier qui vous arrête sur la route, ce n’est pas pour vous emmener en prison, mais peut-être que vous avez enfreint au code de la route. Mais si, quand il vous arrête, vous doublez votre vitesse, vous voulez écraser ce policier-là. Simple exemple.

Quand, par exemple, vous arrivez en Zambie, ici à côté : un policier est à 100 mètres, il ne vous arrête pas, vous-même vous commencez à mettre les feux de position. Arrivé à 3 mètres de lui, vous vous arrêtez avec votre feu de position jusqu’au moment qu’il vous dit de passer sans vous demander des papiers. Pourquoi ? Parce que les gens respectent leur Constitution et leurs lois. Notre Constitution, c’est notre chapelet, la bible de l’Etat que nous devons respecter. Mais quand nous Congolais ne respectons pas nos lois, vous voulez que l’Etat fasse quoi, ou que le gouvernement arrive à faire quoi ?

Mais vous savez que les grands transgresseurs de la loi se recrutent dans les rangs de ceux qui ont la charge de la faire respecter, c’est pourquoi est d’ailleurs déclenchée l’épuration de la campagne de « Tolérance zéro »…

Et là je peux arriver à dire que nous devons choisir les gens, parce que ce n’est pas n’importe qui, qui doit arriver au pouvoir pour assumer les charges publiques. Le pouvoir n’est pas fait pour tout le monde. C’est vrai, il y a des gens qui sont capables d’exercer le pouvoir, mais qui ne le détiennent pas. Il y a des gens qui peuvent bien diriger mais qui ne sont pas là. Et quand on regarde les gens qui passent au gouvernement, ils y arrivent sur des recommandations. Il y a des fois que le Chef de l’Etat s’incline devant des gens qu’on lui confie au terme d’arrangements d’alliances politiques.

Est-ce que ces alliances politiques, si on les analyse très bien, peut-on dire, par exemple dans le cas des partisans et membres de l’AMP qu’ils ont vraiment contribué à l’élection du Chef de l’Etat ? Vous savez que le Chef de l’Etat est pris en otages par nous-mêmes, disons-nous la vérité ! Le Chef de l’Etat doit être libre pour choisir proprement les collaborateurs dignes de l’accompagner dans ses lourdes charges.

C’est comme cela que le président de la République en était arrivé à avouer sa peine dans la recherche d’au moins 15 collaborateurs compétents à ses côtés…

Non, non, on ne peut pas dire qu’il manque les quinze personnes qu’il cherche dans les 60 millions des Congolais. Vous savez : il y des Congolais capables, des Congolais valables. C’est le choix, ce sont les recommandations qui faussent le problème. Le Chef de l’Etat doit choisir lui-même sans recommandation. Il dit que telle personne, je le prends, sans recommandation qu’il doit refuser. On ne peut engager quelqu’un par recommandation, ce sont des critères de compétence qui doivent prévaloir ? Quelqu’un qui est appelé à travailler dans l’intérêt du pays, s’il s’y prend mal, on ne le voit pas, on voit le Chef de l’Etat. Alors on se contente de dénoncer en clamant que ce pays ne marche pas, qu’il est mal gouverné, que le Chef de l’Etat n’a pas fait ceci ou cela. Le Chef de l’Etat n’est pas Dieu, il est un individu comme nous. Il doit être aidé par son entourage. On ne doit pas avoir des gens qui sont plus riches que la République, c’est très dangereux.

Un mot de la fin après toutes ces pertinentes observations et remarques en signe de conclusion.

Le mot de la fin me reporte à ce que nous disons à notre parti l’Union pour le développement du Congo UDCO, en nous considérant comme l’œil du Chef de l’Etat. Là où il y a la vérité, nous devons le dire. Nous sommes là pour dire la vérité au sein de notre famille politique qui est l’AMP. Nous ne devons pas induire le Chef de l’Etat en erreur. Le gouvernement qui est là pour le moment est venu du Parlement. Nous demandons aux élus du peuple de ne pas se contredire sur ce qu’ils avaient fait. Ils avaient choisi ce gouvernement, qu’est-ce que ces élus lui reprochent ? Si ce gouvernement est incapables, ce que le Parlement l’est aussi, puisqu’il nous a donné un gouvernement sorti de son sein. Il ne sert absolument à rien de changer de gouvernement chaque année. Le peuple congolais a besoin de reconstruire le pays. Ce n’est pas en changeant continuellement le gouvernement qu’il y parviendra.

Certes il y a des gens qui sont restés au pouvoir depuis que le président est là. Il y a sans doute à demander aux gens qui sont restés trop longtemps au gouvernement, ceux qui ont travaillé avec l’ancien gouvernement du long régime de 32 ans, de céder la place à une nouvelle génération de cadres du pays. On dit que dans notre pays il y a toujours des chômeurs. Comment peut-on diminuer ce chômage quand ceux qui s’accrochent au pouvoir depuis l’ancien régime ne veulent pas lâcher prise ? Faut-il que les cadres qui terminent les études continuent d’attendre jusqu’à ce que les vétérans arrivent à mourir pour les remplacer ? Non il faut bien que se renouvelle la classe politique pour plus de dynamisme de l’action politique en vue du sursaut recherché du développement de la RDC.

Propos recueillis par Daniel Nzuzi/MMC


(DN/Yes)