Quatre banques de la RDC, en l’occurrence, la Banque congolaise, la BCDC, la Raw Bank et la Biac viennent d’être classées parmi les 30 premières banques de l’Afrique centrale et de ce fait la RDC arrive en 3ème position des pays de la région en nombre d’institutions bancaires
La Rdc est désormais le troisième pays de la zone Afrique centrale en nombre de banques classées : la Banque congolaise (16ème place), la Banque commerciale du Congo ‘BCDC’ (18ème), la Raw Bank (19ème) et la Banque internationale pour l’Afrique au Congo ‘BIAC’ (24ème), indique la revue Jeune Afrique dans son édition « Spécial Finance 2009 ».
Après des années de règne sans partage sur le secteur bancaire de l’Afrique centrale, le groupe BGFIBank perd son rang de numéro un régional, détrôné par la filiale gabonaise de l’américain Citibank. Alors même que sa maison mère tremblait, menacée par la crise financière internationale, sa petite structure locale installée à Libreville – mais surtout active à Port-Gentil – voyait son total de bilan progressé de 82% en monnaie locale. Une évolution stupéfiante qui permet à Citibank Gabon, une banque commerciale très tournée vers les financements pétroliers et industriels, d’afficher un produit net bancaire représentant plus du double du groupe BGFI, pourtant présent dans trois pays de la région (Gabon, Congo et Guinée équatoriale).
« Dans une zone habituellement très calme, le haut du tableau de notre classement 2009 est riche d’autres surprises. L’une d’elles vient d’abord de Guinée équatoriale, où la CCE Bank GE prend la quatrième place de notre classement, dépassant désormais toutes les banques camerounaises, dont sa banque sœur Afriland First Bank, qui partage avec elle le même actionnaire de référence, Paul K. Fokam », souligne notre source qui note que pour se hisser à ce niveau, CCEI Bank GE a bénéficié largement du boom économique en cours à Malabo, lié directement à l’exploitation des ressources pétrolières.
Malgré tout, au-delà de ces évolutions individuelles et des performances annuelles plus ou moins fortes des groupes leaders de la zone, la physionomie globale du tableau change un peu. Le Cameroun et le Gabon continuent à dominer la liste, le premier en tant que poids lourd économique de la zone, le second en tant que plate-forme financière. Ils classent respectivement sept et six établissements dans le Top 30. Ils devancent la Rdc, désormais le troisième pays de la zone en nombre de banques classées (quatre) : la Banque congolaise (16ème place), la Banque commerciale du Congo (18ème), la Raw Bank (19ème) et la Banque internationale pour l’Afrique au Congo (24ème). Ces bons résultats bancaires sont le reflet du poids économique croissant du géant d’Afrique centrale. Derrière, avec trois banques classées, vient le dynamique Rwanda, puis le Congo – avec deux établissements, dont la filiale de la BGFI, très active dans le pays, qui occupe la 10ème place au niveau régional – et le Tchad (avec seulement deux banques, occupant le bas du tableau). Au total, les trente premiers établissements d’Afrique centrale affichent un total de bilan en hausse de 15%, preuve que le ralentissement économique n’avait pas encore affecté la région en 2008.
« Parallèlement, la multinationale chérifienne continue de lorgner la Banque commerciale du Congo (BCDC), située en Rdc, dont la banque Fortis souhaitait se désengager. Mais fidèle à sa politique de contrôle majoritaire, Attijariwafa n’a pas souhaité se contenter des 26% détenus par le groupe belge… », indique Jeune Afrique. Dans le même temps, la BCDC a perdu son rang, pourtant historique, de numéro Un national, dépassé par la Banque congolaise, qui affiche pour son vingtième anniversaire un total de bilan de 319 millions de dollars. A noter toujours du côté de Kinshasa, l’arrivée dans le classement de la Banque internationale pour l’Afrique au Congo (BIAC), une banque créée en 1970 mais en plein renouveau.
Coup de chapeau à JC Masangu
Selon le numéro 22 de Jeune Afrique, si le franc congolais n’a pas totalement dégringolé durant les années de guerre, si Kinshasa a finalement renoué en août dernier avec le Fonds monétaire international (FMI) – avec en ligne de mire des annulations de dette – et si l’économie du pays n’a pas sombré malgré les difficultés actuelles du secteur minier…, le mérite en revient pour une large part à Jean-Claude Masangu Mulongo.
Gouverneur de la Banque centrale du Congo depuis 1997, il a su durer tout en résistant autant que possible aux injonctions politiques visant à faire tourner la planche à billets. Il a été, enfin, l’un de ceux qui ont contribué à trouver un compromis concernant l’accord avec la Chine – infrastructures contre minerais – dénoncé par les bailleurs de fonds. En plus, la Rdc regorge aujourd’hui environ 18 banques commerciales, fruit de l’assainissement du secteur bancaire congolais. Un fait qui va inéluctablement influer sur un pays qui était depuis longtemps connu pour sa sous bancarisation.
JMNK/L’Avenir
(DN/Tkm/GW/Yes)