felixLa célébration le lundi 12 octobre de la fête nationale du Royaume d’Espagne a été marquée à Kinshasa par une réception organisée à la résidence de l’ambassadeur espagnol en RDC, M. Félix Costales Artieda, qui a évoqué la commémoration de la conquête de l’Amérique du Sud par son pays qui, fait exceptionnel dans l’histoire des Etats, a retenu cet exploit pour représenter l’événement de symbole de gloire nationale. Et la date du 12 octobre a été fixée pour sa célébration en Espagne et dans ses représentations diplomatique.  

La dimension culturelle que met en valeur l’Espagne pour imprimer la magnificence de sa fête nationale a amené M. Félix Costales Artieda qui s’adressait à ses invités à la réception pour signaler la coîncidence de cette date avec le vingtième anniversaire également commémoré en RDC de la mort du grand artiste musicien congolais Luanmbo Makiadi objet de fierté nationale congolaise.

Le diplomate a saisi cette opportunité pour annoncer l’ouverture prochaine à Kinshasa d’un Centre Culturel Espagnol Cervantes, comme il en existe dans plusieurs pays où est implantée la cmmunauté espagnole, en souvenir du nom de l’écrivain de ce pays auteur du célèbre personage Don Quichotte de la Manche. Une semaine du cinéma espagnol à lancer dans la capitale congolaise ce jeudi 15 octobre va annoncer les couleurs de cette maison de culture pour la promotion de la langue espagnole,

Voici le discours de l’ambassadeur Costales Artieda présentant ce programme culturel de sa représentation diplomatique en RDC.

Excellences, chers collègues, chers amis.

Merci d’être venu. Merci de partager avec nous encore une fois ce jour du 12 octobre, fête nationale de l’Espagne. J’avais toujours cru qu’il était connu de tous que le 12 octobre est bien évidemment associé à la date de la découverte de l’Amérique. Ce jour-là l’Espagne a ajouté à sa dimension traditionnelle européenne une dimension américaine qui est chaque jour plus présente dans la réalité espagnole de nos jours.

Mais non, ici au Congo j’ai remarqué que ce fait n’est pas très bien connu. Cela est dût peut-être au fait que l’Espagne n’a pas eu une grande présence coloniale en Afrique ou au fait que la réalité de l’Amérique latine est assez éloignée de l’histoire et des problèmes de tous les jours des Congolais, et aussi peut-être au fait qu’en Afrique la Fête Nationale est traditionnellement associée à la date de l’indépendance en signe d’émancipation des pouvoirs coloniaux.

Mais l’année prochaine la République Démocratique du Congo et la plupart des pays hispanophones de l’Amérique Latine, fêteront ensemble leur anniversaire d’indépendance: 50 ans pour le Congo, 200 ans pour l’Amérique Latine.

Ce sont de dates lourdes, importantes. Il s’agit d’une bonne opportunité pour réfléchir sur le chemin parcouru, sur les erreurs commises, sur les choses bien faites. Une bonne opportunité pour entamer un processus de réflexion qui devrait – si l’on pose les bonnes questions- nous aider à nous rendre plus forts et à voir de façon plus claire et nette l’avenir.

Chers amis,

L’année prochaine est aussi un an important pour l’Espagne, car mon pays aura pendant le premier semestre, jusqu’au 30 juin 2010 tout précisément, la Présidence de l’Union Européenne. On fait face, encore une fois, à un moment décisif de la construction européenne car après le résultat positif du deuxième référendum irlandais il y a quelques jours, il est prévu que le Traité de Lisbonne puisse entrer en vigueur sous la Présidence espagnole de l’Union Européenne.

Une Europe plus forte, une Europe plus unie et plus présente dans le monde devrait nous aider à mieux gérer l’actuelle crise financière et économique globale, cette véritable crise de gouvernance mondiale, à laquelle on est toujours en train de faire face, une crise économique des plus graves ces derniers cinquante ans.

luamboChers amis

Il faut l’avouer, même cette petite fête a été touchée par les conséquences de cette crise. Oui, depuis Madrid on nous a instruit de faire circuler moins de «tortillas » et d’essayer de boire moins de « sangría ».

Heureusement les autorités de Madrid sont loin d’ici et auront probablement beaucoup d’autres chats à fouetter avant de s’occuper de ce qui passe ici aujourd’hui, maintenant. Alors on a décidé à l’Ambassade d’appliquer cette maxime créée par les anciens Virois espagnols en Amérique Latine pour échapper aux contraintes imposées par des lois édictées dans la métropole mais de difficile application pratique sur place : « Se cumple pero no se acata » : « On obéit mais on ne consent pas ». J’espère que malgré tout il y aura assez de « tortillas » et assez de « sangría » pour tout le monde !

La crise pourtant n’a pas affaibli la détermination du Gouvernement espagnol de continuer à augmenter son aide au développement aux pays tiers et à lutter contre la pauvreté extrême dans le monde. On maintient toujours l’objectif d’atteindre le 0,7% du Produit Interne Brut à titre d’Aide Officielle au Développement en 2012. C’est beaucoup d’argent quand on considère que l’économie espagnole est actuellement la neuvième économie parmi les plus grandes au monde. Et cette volonté veut témoigner de l’engagement du gouvernement espagnol dans le développement de l’Afrique et de la RDC en particulier.

Mes chers amis, sans paix et sécurité il n’y a pas de développement. Sans un tissu institutionnel responsable, transparent et stable nous ne serons pas en mesure de créer les conditions de base capables de satisfaire les besoins nécessaires de nos populations et d’assurer l’avenir de nos enfants. On ne peut pas, on de doit pas faiblir dans cet effort, car de cette détermination dépend le bien-être des Congolais.

Je ne serais pas long, rassurez vous, mais je ne peux  pas terminer ces mots sans rendre hommage a mes compatriotes espagnols qui vivent et qui travaillent en RDC. En particulier aux nombreux religieuses et religieux qui œuvrent avec abnégation dans le silence et beaucoup de foi dans l’anonymat le plus total, pour aider et pour soulager les besoins d’autres êtres humains plus nécessiteux. « Gracias por vuestra fuerza y por vuestro trabajo ».

Chers amis,

Aujourd’hui 12 octobre on commémore aussi les vingt ans de la disparition d’un grand artiste congolais, le musicien Franco Luambo. C’est pour cela que je ne voudrais pas terminer ces paroles sans lui rendre hommage, sans faire un petit toast en l’honneur de la musique universelle qu’il représente, tout en vous laissant avec l‘une de ses chansons les plus connues.

C’est pour cela que je vous invite à lever votre verre avec moi.
Que vive la musique congolaise !
Que vive l’Espagne !
Que vive la République Démocratique du Congo !
Merci beaucoup !


Daniel Nzuzi/MMC


(DN/Yes)