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Fâcheuses retombées des récents refoulements des Angolais de la RDC en rétorsion aux brutales et massives expulsions des Congolais d’Angola : les entreprises agro-industrielles des Cataractes au Bas-Congo, telle la Sucrière de Kwilu-Ngongo, ont vu filer un bon nombre de leurs travailleurs avec pour conséquence un regrettable ralentissement des activités de ces sociétés

deplacesOn ne sait pas comment les dirigeants angolais ne s’étaient-ils pas rendu compte du désastre de leur politique de violence aveugle contre les émigrants congolais. Soit ils étaient certains, l’expérience du passé aidant, que le gouvernement congolais ne réagirait pas, soit ils ne savaient pas que plusieurs Angolais vivaient en Rdc où ils occupaient des postes qui auraient pu revenir aux Congolais. Soit dit en passant, en cette matière, la Rdc était en avance par rapport à d’autres pays de la Sadc et de la Ceeac sur l’intégration. Les Congolais ont développé une mentalité panafricaine alors que dans beaucoup d’autres pays voisins on en est encore au protectionnisme primaire, voire barbare.


Il nous revient à la suite de la politique de réciprocité engagée par le gouvernement congolais que dans la seule usine de la Sucrière de Kwilu-Ngongo, plus de 800 Angolais y travaillaient, alors que les Congolais en chômage allaient tenter l’aventure ailleurs. Lorsque prenant peur à la suite de la violence aveugle déversée sur les Congolais expulsés d’Angola, et craignant les représailles, les travailleurs angolais de Kwilu-Ngongo commençaient à fuir, abandonnant leurs postes, la Sucrière de Kwilu-Ngongo a fermé pendant deux jours, le temps de convaincre les fuyards angolais de revenir. Il leur a été donné l’assurance que ceux qui voulaient à tout prix partir attendent la fin de la campagne à la fin de ce mois d’octobre. Cela a permis à l’usine de rouvrir ses portes après deux jours d’arrêt.

Les quelque 800 Angolais se retrouvaient à tous les niveaux de la hiérarchie de l’usine, dans les plantations et à la maintenance des machines. Selon le correspondant de l’ACP à Mbanza-Ngungu, des départs massifs d’Angolais dans les mêmes conditions sont également signalés à Lukala, Kimpese, Kolo Fuma et Lufu Toto, agglomérations qui abritent depuis plusieurs décennies un grand nombre de réfugiés angolais. Beaucoup étaient légalement engagés et d’autres œuvraient dans le petit commerce qui, selon la loi est exclusif aux nationaux. On estime entre cinq mille et dix mille au total le nombre d’Angolais en situation irrégulière qui ont dû quitter la province du Bas-Congo depuis le début de l’opération de refoulement initiée par les autorités compétentes.

Les Angolais peuvent dire à qui veut les entendre qu’ils participent à l’économie du Congo au point d’obliger une usine de fermer à la suite de leur départ. Ce qui est important, c’est que les Congolais ne les ont pas exclus. Ils ont donné une leçon de la preuve du contraire. Cet exemple de Kwilu-Ngongo permet de faire comprendre aux Angolais que ce ne sont pas seulement les Congolais qui vont manger le pain des Angolais. D’ailleurs, les Congolais se contentent de petits travaux en Angola, alors que les Angolais occupent en Rdc des emplois dignes et stables.

L’Angola se réveille

Après plusieurs casses, les Angolais se sont rappelés les bonnes relations qui unissent les deux pays. Ils se sont souvenus de la possibilité de régler à l’amiable cette question de migration, sinon par voie diplomatique. C’est ainsi que les délégations ministérielles congolaise et angolaise viennent de se concerter mardi à Kinshasa, en ayant des discussions sur la gestion des expulsions des leurs ressortissants. En attendant, l’opération d’expulsions mutuelles reste suspendue.

Les deux délégations ont harmonisé leurs vues, sur les mécanismes de respect des normes humanitaires dans l’opération d’expulsion des ressortissants en séjour irrégulier en RDC et en Angola. De deux côtés, on a reconnu que cette opération d’expulsion ont été menée dans des conditions inacceptables. Parmi les solutions envisagées, les experts étudient comment informer au préalable les Etats concernés avant toute expulsion. Ce, afin de faciliter la sécurité et l’accueil des expulsés dans leurs pays d’origine.

Les expulsions ne reprendront qu’après la mise en place des mécanismes communs entre la RDC et l’Angola, ont indiqué des sources proches de la délégation angolaise. La délégation angolaise était conduite par le vice-ministre des Relations extérieures, Jorge Chicoty, alors que du côté congolais, la délégation a été conduite par le vice-ministre des Affaires étrangères, Ignace Gata. La délégation angolaise était composée du vice-ministre de la Défense et de l’Intérieur.

Le président Edouardo dos Santos a délégué son envoyé spécial auprès du Chef de l’Etat congolais avec un message clair : on est deux pays voisins, réglons cette question à l’amiable. Le Président Kabila a aussi livré son point de vue sur la question. Il a dénoncé la violence dans ces expulsions avant de demander d’étudier ce qui peut être fait pour que les opérations se déroulent de façon acceptable. C’est en définitive le ministre congolais des Affaires étrangères Alexis Thambwe Mwamba qui a donné ces informations à la presse. Le chef de la diplomatie congolaise à poursuivi en disant que la dégradation de la situation humanitaire des expulsés a motivé l’arrêt de ces expulsions par les deux Etats.

« Si on considère par exemple la question des réfugiés, sur le territoire congolais vivent près de 112.000 refugiés angolais. Parmi eux, le HCR en a recensé 78.000, selon nos statistiques contre 12.000 réfugiés congolais vivant en Angola. C’est vrai qu’on n’aborde pas la question des réfugiés. Mais c’est pour montrer qu’avec ces questions humanitaires, il faut faire extrêmement attention.

Si nous devons renvoyer ces réfugiés, cela poserait énormément des problèmes du côté angolais. Avec ces concertations, nous voulons que désormais, chaque fois qu’il y a expulsion des irréguliers, les personnes concernées puissent être assurées de la protection et de la dignité humaines », a ajouté Alexis Thambwe Mwamba.

La RDC et l’Angola ont décidé, lundi, de mettre fin aux expulsions mutuelles de leurs ressortissants. La décision a été prise par les présidents Joseph Kabila de la RDC et Edouardo dos Santos de l’Angola. L’annonce de cette décision a été faite sur les antennes de la RTNC, la télévision nationale congolaise, par le vice-ministre des Relations extérieures angolais, Jorge Chicoty.

« Je suis très satisfait car le président Kabila a immédiatement donné des instructions pour que cessent toutes les exactions qu’il y a ici au Congo. En Angola aussi, il y aura cessation [des expulsions] et donc plus de questions qui vont inquiéter les citoyens congolais résidant en Angola et les Angolais résidant en RDC », a déclaré Jorge Chicoty, au sortir de l’audience que venait de lui accorder le Président Joseph Kabila.

SG/L’Avenir


(TKm)



Last edited: 14/10/2009 18:11:56

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