kinshasaL’insécurité dans la commune de Kasa-Vubu à Kinshasa vient de s’enrichir d’une nou­velle légende. Celle d’un monstre âgé à peine de 23 ans, et qui, pour signer ses marques à l’opi­nion et imposer la loi de la force brutale dans son fief, a choisi la méthode forte, multipliant des ex­torsions par-ci et des at­taques à main armée par-là, avant de lancer des menaces ouvertes à la Police nationale congolai­se. Physique de bûche­ron, le corps balafré, vi­sage renfrogné aux traits serrés, Guy Munzemba alias Kwaki Bara alias 48 mémoires, sans domicile fixe, est à la tête d’une bande des malfaiteurs qui naviguent entre les « Kuluna » et les voleurs à main armée. Ses sinis­tres noms de guerre dont on ignore l’explication suffisent pour procurer la trouille aux habitants de Kasa-Vubu et même la chair de poule aux poli­ciers du commissariat de cette commune.

Ils sont entre une vingtaine ou une trentaine, lui et ses comparses, à se­mer la terreur et la désola­tion dans le périmètre com­pris entre les avenues Shaba et Assosa, et entre Victoire et Force pu­blique. A la nuit tombée, la bande à Kwaki Bara sort de sa tanière et opère des razzias dans les rues de cette commune. Et le matin, ce sont des pleurs et de grincements de dents des victimes. Dès qu’il est localisé dans une terrasse, il disparaît aussi­tôt la chasse lancée contre lui, au point qu’il n’a jamais croisé des éléments de la police.

Fort de ses vertus particulières acquises au Bas-Congo et son brevet de furtivité, « 48 mémoires » a dès son retour à Kinshasa, depuis le samedi 10 octo­bre dernier, promis de s’en prendre aux policiers qui seront lancés à ses trous­ses, non sans proférer des menaces contre le com­mandant Sara Lubaki Matu­mona du Bataillon de la po­lice criminelle, l’instructeur du dossier réalisé sur base des plaintes des victimes de cette redoutable bande. Mais l’on croit savoir que de ce défi lancé contre le corps de la police, et à moins d’un miracle particu­lier, le malfaiteur n’en sortira pas vainqueur.

Une longue liste des victimes

L’une des victimes de la redoutable bande, Be­toko Babongo Dodo, rési­dant sur rue Bosobolo n°44, commune de Kasa-vubu, se rappelle encore aujourd’hui la nuit de son cauchemar. C’était le 5 septembre vers 21 heures. Assis en com­pagnie de son ami Yoyo, devant sa parcelle, il a vu venir une foule des jeunes drogués, déchaînés, faisant du grabuge. Des Kuluna comme on en entend parler, dotés des armes blanches, s’approchèrent d’eux. Et au moment où il tentait de réa­liser ce qui leur arrivait, Be­toko et Yoyo reçurent une pluie de grosses pierres. S’il fut blessé à la cheville gauche, son ami le fut aux côtes et est toujours mal en point. De cette agression, il a perdu 320 dollars, 18.000 FC et un téléphone cellulai­re double sims.

La seconde victime qui s’est plainte à la police, est Mlle Tshianda Kasongo Rita, habitant sur avenue Busu-Melo n°65, dans la même commune de Kasa-­Vubu. Cette jeune fille de 22 ans, a eu le malheur de côtoyer Kwaki Bara qu’elle a toujours considéré comme un chauffeur de taxi. Des mois plus tard, la vraie identité de son copain s’est dévoilée à la lumière des crimes dont il était l’auteur principal. Elle rompit alors ses relations amoureuses avec ce chef de bande.

Le bandit se mit alors à la filer, et chaque fois qu’il la trouvait avec son nouvel amant, « 48 mémoires » les attaquait. La malheureuse  se retrouvera avec des cicatrices de blessures lui causées à l’aide d’une pierre lui lancée à l’oeil et d’un coup de ci­seaux. Le 28 août, vers 22 heures, le monstre surgit d’une rue de Kasa-Vubu, armé d’une double machette, et se lan­ça à la poursuite de son ex­-copine et de son rival. Ce dernier échappa en sautant dessus bord d’une muraille, laissant Tshianda subir la loi de 48 mémoires.

policeC’est à la suite des attaques subies et des me­naces de mort que cette jeune fille a saisi les servi­ces du Bataillon de la police d’investigations criminelles pour solliciter non seule­ment sa protection, mais aussi que le bandit soit mis hors d’état de nuire. D’autres victimes qui savent que le bandit sème la terreur sans être inquiété par la police de proximité, n’osent pas porter plainte.

Engagement de Oleko et la société civile dans la réforme de la Police

Des membres de la société civile engagée pour la réforme du sec­teur sécuritaire ont été reçus mardi en audience par l’inspecteur division­naire adjoint, Jean de Dieu Oleko. C’était au quartier général de l’Ins­pection provinciale de la Police/ Ville de Kinshasa. Chef de la délégation, le point focal/Kinshasa du noyau pour la réforme de la Police, Mafolo a salué la disponibilité de son hôte, avant de porter à sa con­naissance que la démar­che consistait, d’une part, à informer l’autorité poli­cière de la Ville Province de Kinshasa, de l’existen­ce, dans sa juridiction, d’un réseau de la Société Civile pour la reforme du secteur sécuritaire (Police-Armée­Justice) depuis mars 2009 et, d’autre part, à échanger avec lui sur les possibilités futures de collaboration entre la Police et la Société Civile pour la réussite du proces­sus de réforme qui vient d’être lancé avec l’opération des collectes de données du Policier.

L’occasion a également permis de passer en revue l’historique de la partici­pation de la Société Civile dans la réforme, les actions menées par celle-ci dans le cadre de la future Loi sur la Police, ainsi que le renfor­cement des capacités de membres du réseau pour faire face à la réforme. Les contributions coulées sous forme d’aide-mé­moire et autre « vision » de la société civile ont été remises à Jean de Dieu Oleko. Celui-ci a, pour sa part, rassuré la délégation du caractère citoyen du service qu’il anime et de sa disponibilité à travailler avec le réseau. Car « La police est avant tout une affaire du peuple », a con­clu le numéro un de la Po­lice pour la ville de Kins­hasa.

Le Phare


(DN/Tkm/Yes)