Le récent déplacement de l’artiste musicienne Tshala Muana avec sa troupe en Ouganda s’est soldé par un scandale dont l’onde de choc éclaboussera pour la postérité l’image de candeur ingénue de Méjé et, partant, de la femme congolaise tout court.
De par le monde comme ici même au pays en RDC, on n’en revient pas encore sur les images choquantes visionnées sur le net rapportant un spectacle haut en couleurs pour la répulsion épidermique et la révolte qu’elles suscitent sur le plan de la morale la plus élémentaire. Il s’agit, comme en commente plus d’un en cercle qui continue à s’élargir, d’images en rapport avec un récent concert livré par le groupe Mamu Nationale de Tshala Muana à Kampala, en Ouganda.
Ces images, qui montrent la très sexy et pulpeuse chanteuse-danseuse Méjé 30 en pleine exhibition sur scène dans son plus simple appareil, sont d’une audace indiquant que cette fois les maîtres du Show-biz congolais ont irrémédiablement franchi le Rubicon de l’impudicité. C’est du moins les premiers commentaires recueillis à chaud au lendemain de l’irruption sur le net de ces images qui portent gravement atteinte à la dignité offensée de la femme congolaise.
Comme il fallait s’y attendre, les premières réactions ont condamné sans réserve la jeune chanteuse (22 ans) autant que son mentor Tshala Muana. On a fait grief à cette dernière d’avoir laissé sa protégée offrir en spectacle les rondeurs des parties intimes de son anatomie. Et comme il fallait s’y attendre aussi, la réaction des concernés du monde congolais du Show business ne s’est pas faite attendre.
Elisabeth Tshala Muana d’abord, Me Claude Mashala l’avocat-conseil de l’orchestre Mamu Nationale ensuite, et également Félix Wazekwa sur le tard, ont confié leurs avis dans les colonnes de l’hebdomadaire « Visa ».
Patronne de l’orchestre « Mamu Nationale » anciennement « Dynastie Mutuashi » et première incriminée dans cette affaire de moeurs qui défraie la chronique, Tshala Muana a été la première à exprimer sa consternation sur le petit écran de la Rtga.
« C’est un montage éhonté ; c’est inadmissible. Je ne peux pas tolérer ce genre de comportement parmi mes danseuses parce que moi-même je n’ai jamais fait montre d’indécence dans mon accoutrement de scène et je ne me suis jamais comportée de façon scandaleuse tout au long de ma carrière. La vérité est qu’on en veut à cette fille pour le succès qu’elle est en train de récolter. C’est un montage monstrueux » !
Dès que les images révélant au public la nudité de Méjé 30 ont envahi le net,Tshala Muana, emportée par un courroux en parfaite adéquation avec son tempérament de femme qui ne s’en laisse pas compter a tenu ces propos sur le petit écran de la Rtga.
Son avocat conseil, Me Claude Mashala, est monté au créneau lui aussi pour et, dans la bouche de l’homme du barreau, on a entendu le même son de cloche que chez Tshala Muana.
Pour lui, sa cliente serait avec Méjé 30 des victimes prises dans le collimateur des « jaloux » non autrement identifiés et contre lesquels il va ester en justice contre inconnu pour débusquer les auteurs de cette machination ». Le troisième intervenant dans cette triste affaire a été Félix Wazekwa, le très sérieux patron de « Cultur’S Grave ». Comme les deux prédécesseurs, il a donné un point de vue qui n’a permis à personne de voir vraiment clair dans cette affaire.
Ainsi, tous les propos entendus se sont bornés à « réfuter, fustiger et clouer la cybercriminalité au pilori. A les entendre s’expliquer, c’est elle, la cybercriminalité, qui est coupable d’avoir offert aux internautes de se saouler de la nudité de la Méjé 30 ou de celle de sa sosie. C’est donc vers la cybercriminalité que les trois intervenants orientent l’opinion si elle veut savoir qui se cacheraient derrière ces pseudos jaloux.
Et ainsi, puisqu’on excipe l’absence d’authenticité dans cet élément filmé que l’on ravale tout aussi impudiquement au rang de montage et de trucage, les maîtres du Show-biz congolais croient se donner bonne conscience et dégager à bon compte leurs responsabilités dans cette affaire.
Tant que l’on ne nous édifiera pas par exemple sur ce qu’a été la tenue de scène qu’a portée Méjé 30 ce soir-là, les dispositions de sécurité qui ont entouré la prestation des photographes admis à opérer devant la scène ainsi que leurs identités et leurs organes de presse, l’éclairage de la salle, la qualité des invités à cette soirée-porno, la nature du contrat qui a lié l’orchestre avec le promoteur : tant qu’on éclairera pas notre lanterne sur ces éléments d’appréciation qui pourraient mûrir notre réflexion, eh bien on sera parti pour longtemps dans la manifestation de la vérité, et on nous laisse sur notre soif. Dans cette perspective peu réjouissante, Méjé 30 et sa sosie tout crachée non autrement identifiable resteront inséparables dans cette confusion d’identités. Encore, faut-il que cette sosie existe effectivement !
Mais, tant qu’à faire, nous demeurons convaincus que quelque part, il y a des gens qui savent ce qui s’est exactement passé au cours de ce concert de Kampala. Ce qui nous chiffonne, c’est que tout se passe comme si cette affaire n’altère en rien la réputation de la jeune fille congolaise qu’est Méjé 30, aujourd’hui terriblement traumatisée par les séquelles de ce feuilleton qui a dévoilé sur la place publique l’élément fondamental de sa féminité.
Aussi, que ce soit elle qui figure sur les images concernées ou que ce soit une sosie illusoire, il reste que c’est son nom qui est projeté au centre de l’actualité, et c’est sa féminité qui, de ce fait, a pris un sacré coup. Quand bien même on argue qu’il s’agit d’un montage, la banalisation de cette affaire doit avoir persécuté Méjé dans son for intérieur. Toutes les dénégations entendues jusque-là ne suffiront pas pour rasséréner les esprits de la jeune étoile montante de la chanson congolaise et lui redonner bonne conscience au point de lui permettre de supporter comme par le passé les regards qui la dévisagent.
En effeuillant la marguerite !
Loin de nous l’idée d’affirmer ni d’infirmer quoi que ce soit dans cette affaire aux contours troubles où la réputation, la dignité, la sexualité et l’honneur d’une jeune femme sont ainsi cruellement violés parce qu’ils sont publiquement livrés en pâture à la consommation internationale !
On voudrait bien penser que toute cette histoire ne serait réellement qu’un trucage éhonté, un montage maléfique réussi par des « jaloux » décidés de casser du sucre sur la tête de la jeune Méjé 30 pour briser sa carrière, et, pour finir, mettre le coup sur le dos de la cybercriminalité.
De la sorte, forts de ces dérivatifs, tous les intervenants se donneraient bonne conscience en disant que cela suffira pour atténuer le choc psychologique chez la pauvre fille. Pour notre part, nous n’en sommes nullement convaincus. Toutes ces dénégations nous donnent l’impression qu’elles visent à escamoter le sexe des anges alors que la cybercriminalité lui a ôté la feuille de vigne qui le recouvre pudiquement. Ces dénégations sonnent comme si l’on voudrait esquiver la dure épreuve de la recherche de la vérité « vraie » dans cette affaire.
En effet, à supposer même que l’on veuille contraindre l’opinion à se satisfaire de la culpabilité avérée de la cybercriminalité, n’est-ce pas que l’on doive dans ce cas avouer que la seule évocation d’une responsabilité d’une cause abstraite escamote en fait celle de l’individu ou du groupe d’individus qui en sont physiquement responsables. Car s’il ne peut pas y avoir de corruption sans corrupteurs, de même il est impensable de faire allusion à la cybercriminalité sans rechercher ceux qui se terrent derrière ce mot. Mais qui donc se cacheraient derrière ce mot si ce ne sont pas les patrons du show-biz eux-mêmes ? Combien de fois ne nous a-t-il pas été donné l’occasion de décrier à longueur des colonnes de journaux les dérapages pornographiques auxquels ils dirigent la danse congolaise ?
La dépravation des moeurs est devenue un fait anodin dans nos compositions musicales. A preuve : les albums largués ces deniers mois sur le marché du disque pourraient tous tomber sous le coup de la censure si celle-ci n’existait pas que de nom. Parcourez les albums de Werra (Techno Malewa), de Koffi ( L’album du patron), de Bozi Boziana (Crise financière), de Fally Ipupa (Arsenal des belles mélodies), de Ferre Gola dans « Chérie Kongolo » dans l’album « Qui est derrière toi ?) : tous constituent un florilège d’insanités qui offensent la morale publique. Ils devraient faire l’objet de poursuite pour atteinte à la moralité publique. Hélas, c’est compter sans les complicités et les compromissions de ceux-là mêmes qui auraient dû réprimer les incongruités qui se débitent dans nos chansons.
Quant aux chorégraphies, n’en parlons pas ! Elles offusquent les bonnes consciences autant que les jupettes que portent les danseuses qui se f… de leur dignité comme du fond des premières couches que leurs mamans leur avaient mises au sortir de la maternité ! On se demande en fin de compte où l’on va avec cette permissivité qui n’en finit pas de renverser toutes nos échelles de valeur. Au nez et à la barbe des pouvoirs publics qui laissent faire…
C’est dans ce marigot que nagent ceux qui alimentent la cybercriminalité. C’est ici le lieu de rencontre de ceux qui poussent derrière la roue de la dépravation morale de la société congolaise.
On y trouve ceux qui font dans la jactance comme ceux qui vouent un culte divin à l’impudicité. Les cybercriminels potentiels se repaissent des audaces qu’ils se permettent sur ces danseuses dépourvues de protection judiciaire, et qui acceptent tout ce qu’on leur demande de faire. C’est à ce prix, et à ce prix-là seulement qu’elles peuvent espérer voyager.
Nous ne saurons clore le chapitre sans nous demander s’il y a jamais eu un ministre de la Culture et Arts dans nos gouvernements successifs. Nous voulons comprendre pourquoi ces autorités gouvernementales laissent-elles donc faire ce bordel insoutenable qui défait nos mœurs et porte la dépravation jusqu’au sein de nos familles.
Et où est passée la Commission de censure dans tout cela ? Où est l’organe de la loi devant ces continuelles atteintes à la moralité publique alors que l’on laisse se dévergonder notre société au jour le jour ? Jusques à quand ira-t-on trop loin pour se décider à n’appliquer « Tolérance zéro » que dans les contrôles de véhicules automobiles ?
C’est ici l’occasion de rappeler aux uns et aux autres que cette passivité nous entraîne inexorablement vers le déclin de notre société, comme Ninive et Babylone naguère dans les récits bibliques, et Capoue au temps de Hannibal.. Faudra-t-il, en lieu et place de faire pénitence hic et nunc, que l’on soit surpris, comme il fut démontré dans ces similaires cas antiques, par les foudres du ciel ou les volcans de la terre qui emportèrent ces cités impures ainsi tristement copiées chez nous ?
Clément Vidibio/MMC
(DN/CV/Yes)