Athanase Matenda Kyelu et sa délégation ont exercé un lobbying auprès des partenaires concernés. Entre-temps, l’avenant issu du compromis entre la Rdc et la Chine doit être signé au cours de cette semaine.

Ceci, pour permettre au Conseil d’administration du FMI de se réunir. Au cas contraire, l’échéance sera repoussée à une date ultérieure, ce qui ne risquera pas d’avoir des incidences sur l’objectif commun, atteindre le Point d’Achèvement de l’IPPTE.


En effet, c’est depuis le week-end dernier que la délégation congolaise conduite par Athanase Matenda Kyelu, ministre des Finances a foulé le sol congolais. Soulignons qu’elle était composée du Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Jean-Claude Masangu Mulongo, et de quelques experts de la Présidence, de la Primature, du Ministère des Finances, de Budget, du Bureau central de coordination (BCECO), du Comité technique des réformes (CTR), etc.

Comme nous venons de le dire, l’objectif pour la délégation congolaise était unique : baliser le chemin pouvant permettre à la Rdc d’atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE. Pour ce faire, le compromis entre la Rdc et le Groupe d’entreprises chinoises coulé sous forme « d’avenant », doit parvenir au Club de Paris au plus tard au courant de cette semaine.

Cela, pour permettre au Conseil d’administration de se réunir et de se décider sur le cas de la Rdc. Ceci, dans la perspective pour la Rdc d’atteindre le point d‘achèvement d’ici le mois de mai 2010. Au cas contraire, l’échéance devra être repoussée, au désavantage de la partie congolaise.

Voilà pourquoi le séjour turc du ministre Matenda n’a pas été de tout repos. Celui-ci a eu des entretiens très fructueux tant avec les bailleurs de fonds traditionnels qu’avec certains partenaires déterminés à venir investir au pays de Joseph Kabila. Avec le Département du Trésor Américain, Matenda a puisé dans sa sagesse de fin négociateur afin de les convaincre à revenir au pays.

Ces derniers ont promis de revenir en aide à la Rdc, une fois que celle-ci a atteint le point d’achèvement.
« A ce jour, les seules difficultés pour la Rdc résident dans la maîtrise de la stabilité du cadre macroéconomique, ainsi que la crise qui a frappé durement le pays et qui a eu des répercussions sérieuses sur la composante recette », a-t-il déclaré.

C’est devant une délégation de la Banque mondiale conduite par Marie Françoise Marie-Nelly, Directrice des Opérations pour les deux Congo, qu’Athanase Matenda a eu du mal à la convaincre. « La Rdc a connu un moment difficile caractérisé par une situation de guerre à l’Est du pays. Ceci a conduit à des contreperformances. Mais grâce au concours des partenaires, nous avons amorti le choc », a indiqué Athanase Matenda, avant de remercier la BM pour son soutien.

Au sujet de la réforme des entreprises publiques, la Banque mondiale a demandé au Gouvernement d’avoir des principes clairs et communs. « Robert Zoellick et Joseph Kabila, respectivement Présidents de la Banque mondiale et de la Rdc avaient convenu pour des objectifs réalisables », souligne-t-on à la BM.

La réponse de la délégation congolaise conduite par Athanase Matenda ne s’est pas fait attendre : « Nous allons nous impliquer davantage pour véritablement être efficace et aller vite. Notre rôle est central, mais nous avons besoin de l’accompagnement de la Banque mondiale », a-t-il expliqué.

Des préalables

Après la séance de travail avec la Banque mondiale, Athanase Matenda a eu des entretiens francs avec Mme Antoinette Sayeh, qui est Directrice du Département Afrique du Fonds monétaire international (FMI).

Ceci, parce que de janvier à septembre 2009, l’économie de la Rdc a connu une alternance des périodes de stabilité et d’instabilité qui atteste de sa vulnérabilité face aux chocs et de la volatilité des taux d’inflation et de change.

Même si la Rdc doit à tout prix atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE pour arrêter le comptage des intérêts moratoires, ce pays post-conflit doit réaliser certains préalables.

Notamment, la finalisation d’un audit des arriérés intérieurs accumulés à fin décembre 2007 et l’adoption par le Gouvernement d’un plan pour leur apurement ; la création d’un service s’occupant de la fiscalité minière au sein de la Direction générale des impôts (DGI) ; la mise en place d’une commission chargée de l’évaluation des incitations et des exonérations fiscales accordées dans le cadre du code minier, du code des investissements et des conventions spéciales et enfin, la désignation d’un cabinet indépendant de renommée internationale pour effectuer l’audit des critères quantitatifs du programme moyen terme.

Les Institutions de Bretton Woods se lancent dans la réforme

Les Assemblées annuelles des Gouverneurs de la Banque mondiale et du Fonds se sont effectivement ouvertes le 06 octobre 2009 dans la salle de congrès d’Istanbul, non loin de l’hôtel Hilton. Le ton a été donné par le Premier ministre turc, Reccep Tayyip Erdogan, qui a félicité les deux Institutions de Bretton Woods pour avoir adopté de mesures qui de son avis commencent à récolter des fruits.

« Vous tous qui diriger l’économie mondiale, vous devez réfléchir et tirer les enseignements de l’actuelle crise », a-t-il déclaré. Il a encouragé son pays, la Turquie, qui à la différence de plusieurs autres Etats du monde n’a pas adopté des mesures protectionnistes face à la crise.

« Le protectionnisme est une partie sauvage du capitalisme et le 21ème siècle doit être celui de la solidarité, d’entraide mutuelle », souligne t-il, avant de formuler le vœu de voir le monde se doter des mesures pour que les perspectives ne s’assombrissent pas.

Robert B. Zoellick, Président de la Banque mondiale, a d’abord présenter les condoléances à la République démocratique du Congo, qui venait de perdre un membre influent de son Gouvernement, en la personne du ministre Philippe Futa.

Il a par la suite mis l’accent sur la poursuite du programme de réformes ambitieux pour permettre à son Institution de gagner en efficacité et en performance tout en confortant sa légitimité parmi les pays en développement qu’elle dessert.

Dans une allocution, il a énoncé les grands axes des réformes engagées par la Banque mondiale : améliorer l’efficacité du développement, promouvoir la transparence et une bonne gouvernance, et continuer d’améliorer le rapport coût-efficacité. « Le monde a besoin d’institutions agiles, souples, compétentes et comptables de leurs actions », a-t-il souligné devant l’assemblée du Conseil des Gouverneurs du Groupe de la Banque mondiale.

« Le Groupe de la Banque mondiale confortera sa légitimité, améliorera son efficacité et son efficience, accroîtra sa transparence et élargira encore le champ de sa collaboration avec l’ONU, le FMI, les autres banques multilatérales de développement, les bailleurs de fonds, la société civile et les fondations qui sont des acteurs du développement de plus en plus importants ».

Au Fonds monétaire international (FMI), son Directeur général, le Français Dominique Strauss-Kahn sur les réalisations de son Institution l’année dernière.

Il s’agit de l’augmentation des financements d’urgence, puisque ses engagements sont aujourd’hui plus de deux fois supérieurs à ce qu’ils étaient durant la crise asiatique ; l’ injection de 283 milliards de dollars dans l’économie mondiale en procédant à une nouvelle allocation de droits de tirage spéciaux ; le FMI a porté ses prêts concessionnels à 17 milliards de dollars jusqu’en 2014, dont 8 milliards (soit le triple du montant disponible avant la crise) seront décaissés au cours de deux prochaines années ; l’instauration d’une nouvelle ligne de crédit modulable permettant aux pays ayant de bons antécédents d’accéder immédiatement à des financements élevés sans conditions supplémentaires, etc.

Au regard de tout ce tableau, nous pouvons donc dire que l’année écoulée a été marquée par des changements spectaculaires dans l’économie et la gouvernance mondiales et au sein du FMI. « Ces changements sont le reflet de l’esprit de coopération qui animait les pays.

Je crois que les leçons de l’histoire sont claires : dans les années 30, le repli sur soi n’a fait qu’aggraver la crise ; aujourd’hui, nos efforts conjugués ont permis d’éviter que le monde ne s’enfonce davantage dans la crise », a indiqué Dominique Strauss-Kahn.

(Tkm/CL/PKF)

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