Digitalcongo.net 3.0

Home
Bonjour | 17/03/2010 1:12 | English Make DC Home page | RSS feed

Actualite RDC

International

Services

NEWSLETTER 'Basango'
CONNEXION Nom d'utilisateur Mot de passe Rappellez-moi | Vous avez oublié votre mot de passe? | Déjŕ inscrit?
La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) ébranlée par le dossier de démission massive d’un groupe de 17 prêtres contestant leur évêque du diocèse de Manono au Katanga, une inédite contestation que les prélats du Cenco condamnent comme une déviation de la loi canonique de l’Eglise

evequesDix-sept prêtres du diocèse de Manono, dans la province ecclésiastique de Lubumbashi, ont décidé de quitter la soutane pour une nouvelle vie laïque. La nouvelle, comme un traînée de poudre, a circulé en début de semaine dans les différents milieux de l’Eglise catholique congolaise. Aussitôt informés, les évêques, réunis au sein de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), n’ont pas attendu longtemps pour réagir. Aussi, la Cenco a-t-elle demandé aux 17 prêtres de regagner leur diocèse. Cependant, au moment où cette réaction des évêques est encore d’actualité, des sources concordantes font état d’une contre-réaction des 17 prêtres démissionnaires..

Selon nos sources, les prêtres concernés persistent et signent: «Mgr Vincent De Paul Kwanga doit partir». Quelle que soit la légitimité de la revendication, la contre-réaction des 17 prêtres pue, à mille lieues, une insubordination notoire, incompatible avec la vocation pour une vie consacrée. Autrement dit, les 17 prêtres défient les évêques. Ils reprochent à Monseigneur Vincent de Paul Kwanga Njubu, d’avoir affiché un comportement qui va à l’encontre de la doctrine chrétienne de la foi catholique et en contradiction avec le droit Canon. Les prêtres démissionnaires en appellent à l’implication du Vatican afin de décrisper la situation, selon une source sûre. Il convient de rappeler que les 17 prêtres reprochent à leur évêque, un comportement contraire au Droit canon.

L’abbé Aimé Ilunga, un des prêtres démissionnaires revient sur les circonstances de leur départ.: « Lors d’une visite pastorale, l’évêque s’est adressé à un esprit, qui est païen appelé «Mukalayi» et qui ne cadre pas avec notre foi »

D’après le prêtre, les 17 prêtres et l’évêque ont été entendus par une délégation des autorités ecclésiastiques du pays. «En vain. Bien au contraire, lesdites autorités ont plutôt réhabilité l’évêque sans tenir compte des reproches que les abbés lui ont faits.» « Qu’est-ce qu’on peut dresser face à ces griefs que nous avons reprochés à l’évêque. C’est la raison pour laquelle les 17 prêtres se sont dit : ça ne sert à rien d’être là en train de lutter pour rien. On risque même de causer des scandales dans la foi des chrétiens. C’est pourquoi, nous avons estimé que pour défendre notre foi, nous ne pouvons plus rester sous la direction de cet évêque… Carrément, nous quittons le couvent pour rentrer dans nos familles respectives», explique l’abbé Ilunga qui demande au nom de ses confrères que Rome puisse trancher le problème.

Pour rappel, Mgr Vincent De Paul Kwanga a été nommé évêque de Manono le 18 mars 2005, avant d’être intronisé trois mois plus tard. Soit le 18 juin 2005. Manono fait partie avec Kongolo et Kindu, des diocèses spiritains.

Il faut rappeler aussi qu’il y a cinq mois, on a assisté à des démêlées similaires au sein de l’Eglise catholique à Lwebo, au Kasaï Occidental. Un prêtre était entré en rébellion contre son évêque. Il s’agit de l’abbé curé de la paroisse Saint Jean-Baptiste de Lwebo. Il refusait d’obtempérer à la décision de l’évêque le suspendant de ses fonctions de curé. Selon des sources concordantes, tout avait commencé lorsque, avant d’aller en mission, l’abbé curé avait fermé le réfectoire du couvent. Pendant son absence, deux de ses confrères avaient été contraints de faire appel, le jour de la fête des légionnaires, à un menuisier pour accéder à cette salle. Chose que l’abbé curé n’avait pas appréciée à son retour. Ce dernier avait saisi le parquet de Lwebo et l’Agence nationale de renseignements (ANR) pour accuser ses compagnons de destruction méchante et d’injures à son égard. Informé de Rome où il était en mission, le vicaire épiscopal avait alors suspendu l’abbé curé et confié son intérim à l’économe de la paroisse.

Et le prêtre suspendu avait vite fait de contester la décision de son évêque qu’il avait jugée illégale. Ce qui avait entraîné l’agitation au sein de la paroisse. Toutes les portes de la cathédrale étaient fermées. Et, certains bureaux et chambres du couvent inaccessibles durant 4 jours. Suite à cet incident, à son retour au pays, le vicaire épiscopal avait saisi le parquet de Lwebo pour que ce lieu bloqué soit rouvert aux autres prêtres et à la communauté chrétienne.

Avis des observateurs

Bien des voix des observateurs avertis pensent qu’il serait important que la haute hiérarchie de l’église Catholique songe à instaurer un système de tribunal ecclésiastique dans chaque pays vu que les problèmes entre les évêques et leurs prêtres sont de plus en plus multiples et divers. Car le recours à la juridiction du Vatican prend souvent plusieurs jours avant de trouver une solution. Ce qui fait que certaines situations comme le cas échéant arrivent même à tourner au pire. Et donc un tribunal ecclésiastique national permettrait aux religieux de trouver des solutions immédiates aux nombreux problèmes en suspens dans leurs diocèses.

Le Pape Benoît XVI dénonce les maux qui minent le clergé catholique en Afrique

Une fois encore la charge a été sévère. Au cours de la messe qui a ouvert, dimanche 4 octobre, le synode que le Vatican consacre durant trois semaines au rôle de l’Eglise catholique en Afrique, Benoît XVI a dénoncé avec virulence les maux qui, selon lui, frappent le continent. «L’Afrique, a estimé le pape lors de son homélie, représente un immense poumon spirituel pour une humanité en crise de foi et d’espérance, mais ce poumon est attaqué par deux pathologies dangereuses» : le matérialisme et le fondamentalisme religieux, « lié à des intérêts politiques et économiques».

Pour Benoît XVI, en effet, le monde occidental continue d’exporter sur le continent ses «déchets toxiques spirituels» tels que «le matérialisme associé à une pensée relativiste et nihiliste». Aussi, «le colonialisme, terminé sur le plan politique, n’est pas tout à fait achevé», a dénoncé le pape. Il s’en est également pris au deuxième «virus» qui, selon lui, s’est attaqué à l’Afrique : «des groupes qui se réfèrent à diverses appartenances religieuses se répandent sur le continent. Ils agissent au nom de Dieu, mais selon une logique opposée à la volonté divine, c’est-à-dire en enseignant et en pratiquant non pas l’amour et le respect de la liberté, mais l’intolérance et la violence».

Avec ce discours, le pape a donné une idée de l’ampleur de la tâche qui attend les quelque 250 prélats africains, réunis à Rome pour réfléchir au rôle d’une Eglise, appelée à se mettre «au service de la réconciliation, de la justice et de la paix». Il y a six mois déjà lors de son voyage au Cameroun et en Angola, où il avait présenté le document qui va servir de base de travail aux pères synodaux, Benoît XVI avait dressé un sombre tableau de l’Afrique et critiqué, en filigrane, une partie du clergé local.

Instabilité politique

S’appuyant sur cet état des lieux sans concessions réalisé par les épiscopats africains, le pape avait, tout au long de ce voyage, dénoncé la corruption, les violations des droits de l’homme, l’instabilité politique, la pauvreté, l’exploitation des richesses du continent par l’Occident... Le document accusait aussi les «forces internationales de fomenter des guerres pour écouler les armes» et les politiciens africains de «clientélisme» tout en précisant : «les problèmes sont non seulement dans la société, mais aussi dans l’Eglise «. Les évêques s’inquiétaient de leur impuissance face à la concurrence des «sectes «, notamment des mouvements évangéliques, et dénonçaient les «pratiques occultes» de membres du clergé catholique.

C’est sans aucun doute sur cette dernière partie que les évêques africains seront le plus attendus. Quoique dynamique, l’Eglise catholique souffre en Afrique de faiblesses : certains membres du clergé sont corrompus ou mènent des affaires lucratives ; d’autres s’engagent auprès de régimes peu démocratiques. Une partie du clergé accuse aussi un déficit de formation et le célibat n’y est pas toujours la règle. L’Eglise doit, selon le Vatican, évoluer pour demeurer cette «grande espérance» vantée par Benoît XVI.

Jean-Claude Kitete/Le Potentiel


(DN/Milor/GW/Yes)



Last edited: 10/10/2009 14:25:46

Avenue Kabasele Tshiamala No 21 (Ex. Avenue Flambeau No 4)
Kinshasa/Gombe, RD Congo
E-mail: lettres@digitalcongo.net, relapub@digitalcongo.net
Tel.: +2438941010; Fax.:+1 801 665 1067

© 2000 - 2010 Multimedia Congo s.p.r.l.