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J’étais accompagné des musiciens de l’Empire Fondation pour défendre la culture congolaise à l’étranger. Ce sont eux qui ont créé la situation que j’ai connue avec les départs massifs de tous les musiciens.

C’est depuis le dimanche 27 septembre 2009 que le patron du groupe Empire Fondation, le guitariste Kinanga Boeing 737 a regagné le pays après avoir passé près de 6 ans en Europe où il avait conduit une forte délégation de son orchestre.

Nous l’avons rencontré en sa résidence en présence de son manager, Président Willy de Paris Kekele Ignace. Boeing a parlé de son groupe et du sale coup que ses collègues l’ont joué à Paris. Il attire l’attention de Papy Tex de ne pas toucher aux musiciens qu’il a fait voyager et qu’ils ont été volatilisés en Europe. Suivons-le.

Visa : Pouvons-nous connaître la date exacte de votre départ en Europe et de votre retour à Kinshasa ?
Kinanga Boeing 737 : Je suis parti de Kinshasa le 22 février 2003 accompagné de mon groupe Empire Fondation. Je devais conduire une équipe complète mais quelques musiciens n’ont pas eu la chance de nous rejoindre à Paris. D’ailleurs, vous connaissez bien ce qui était arrivé au reste de la délégation. Depuis notre arrivée en France le 23 février 2003, ce n’est que le 27 septembre que j’ai regagné le pays.

Visa : Vous avez conduit une délégation de plus ou moins 25 musiciens, pourquoi êtes-vous rentré seul ?
K.B. : Vous connaissez que cela devient un système pour les musiciens congolais. A chaque fois qu’ils se rendent en Europe, rares sont les groupes qui rentrent avec tous leurs musiciens au pays. Je savais que la plupart des chanteurs que j’ai conduits en Europe étaient classés dans la catégorie des « désespérés ». Ils n’avaient aucun espoir de leur vie et surtout de voyager un jour pour l’Europe. Etant donné qu’ils avaient contribué à l’épanouissement du groupe Empire Fondation, j’avais décidé de les faire voyager.

Arrivé sur place, ils ont saboté l’orchestre en complicité avec quelques noms de nos frères et musiciens résidant en Europe, voire même le producteur était dans le coup.

Visa :
Boeing 737 est rentré au pays pour se lancer dans les affaires ou uniquement pour remonter son groupe Empire Fondation Kuenda Vutuka Kuenda ?
K.B. : Je suis artiste musicien, je mourrais artiste musicien. Je ne connais pas un autre travail à part la musique. D’ailleurs, j’ai déjà démarré avec les séances de répétition au lieu habituel, chez Grand Djo, sur l’avenue Kabinda n°A/1 dans la commune de Barumbu. Nous répétons chaque mardi, mercredi et jeudi. Nous procédons aussi aux recrutements des musiciens. Etant une offre d’emploi, nous donnons la chance à tout artiste musicien qui connaît bien son travail de venir passer son test à l’endroit cité ci-dessus.

Visa : Les musiciens de l’Empire Fondation restés à Kinshasa ont-ils renouvelé leur confiance à Kinanga Boeing 737 ?
KB. : Ceux qui ont renouvelé confiance sont là ainsi que des nouvelles figures. Comme nous lançons déjà cette offre d’emploi dans les colonnes de Visa qui est l’unique bihebdomadaire de notre pays spécialisé à la chronique musicale, nous aurons des recrues talentueuses dans le rang de l’Empire Fondation.

Visa : Boeing 737 est l’un des grands guitaristes de notre pays. Que ramenez-vous de l’Europe pour le développement de la musique congolaise ?
K.B. : Rien d’autre que mon intelligence. C’est pourquoi, je veux former les jeunes pour qu’ils heurtent les talents qu’avec les musiciens de l’Empire Bakuba. Après l’encadrement qu’ils bénéficieront de moi, ces jeunes de la nouvelle génération seront capables de jouer exactement comme l’Empire Bakuba alors qu’ils sont de l’Empire Fondation. Dès que je serai prêt, je présenterai l’équipe à la presse et au public.

Visa : On ne cesse de raconter que Pépé Kallé serait parti avec son groupe Empire Bakuba. Pourquoi ça ne marche pas alors qu’il a laissé d’éminents artistes musiciens ?
KB. : Pépé Kallé serait parti avec son groupe parce qu’il n’y a pas d’entente, il n’y a pas d’amour, il n’y a pas d’union entre nous qui sommes restés. De son vivant, Kallé travaillait avec ses collaborateurs. Ce qui n’est pas le cas pour le reste du groupe. Chacun se bat seul.
Nous étions nombreux au sein de l’Empire Bakuba mais il y a un petit nombre seulement qui se bat bec et ongles pour se maintenir et moi je suis parmi ceux là. Celui qui va réussir fera l’honneur de l’Empire Bakuba. Ce qui importe, c’est l’intelligence et la sagesse.

Visa : Nous avons appris que Papy Tex avait décidé de remettre Empire Bakuba sur les rails, suite à une sortie officielle dans la salle Kennedy à Paris ?
KB. : Papy Tex est parti en Europe seul et jusque-la, il est toujours seul. Comment pourra-t-il remonter le groupe Empire Bakuba? D’ailleurs tel qu’il est actuellement, il n’est jusque-là stable et pausé et comment fera-t-il pour remonter la pente ?

C’est moi, Boeing, qui avait amené les musiciens de l’Empire Bakuba en Europe et non quelqu’un d’autre. Ils avaient voyagé au sein de l’Empire Fondation. Si Papy Tex ose le faire, il sera sommé de me payer trop cher. Etant donné que c’est moi qui les avais fait déplacer de Kinshasa à l’Europe, il sera obligé de me dédommager.

Papy Tex était parti faire son business en Europe, tandis que moi, j’étais parti en mission de service en Europe avec des documents officiels du Ministère de la Culture et des Arts et de l’Umuco. J’étais accompagné des musiciens de l’Empire Fondation pour défendre la culture congolaise à l’étranger. Ce sont eux qui ont créé la situation que j’ai connue avec les départs massifs de tous les musiciens. Ils ont provoqué la séparation au sein de l’Empire Fondation.

Ce n’est pas en Europe qu’il va remonter le groupe Empire Bakuba, qu’il rentre à Kinshasa reconstituer l’orchestre. J’ai toujours été choqué de l’acte qu’ils ont posé, ils ont porté un coup dur contre moi en abusant de la carrière de ces musiciens.

Visa : Pouvons-nous connaître la présence de Kekele Ignace à vos côtés ici à Kinshasa ?
KB. : M. Kekele Ignace qui est à mes côtés est mon manager. C’est un producteur, il est de la maison « La Grâce de Dieu », il travaille avec Maître John Moïse de Paris. Ils produisent l’Emission « En direct de Paris studio » on l’appelle aussi Président Willy de Paris. C’est leur maison « La Grâce de Dieu » qui va produire mon maxi single que je veux bientôt préparer après le recrutement des musiciens.

Visa : Dans la famille, tous les enfants ne se comportent pas la même chose. Au cas où¸ un ou trois de vos anciens collègues de l’Empire Bakuba venaient se joindre à vous au sein de l’Empire Fondation que sera votre réaction ?
K.B. : S’ils viennent au moment où je me bats, là je peux accepter. Mais, s’il s’agit de me rejoindre au moment où j’ai terminé à semer pour que nous partageons la récolte, là je dis non. Je dois cueillir ce que moi-même j’ai semé. Car, je ne partagerai jamais ma récolte avec de fainéants.

Visa : Avez-vous un équipement de musique pour bien évoluer à Kinshasa ?
K.B. : J’ai Maître John de Paris et Président Willy de Paris, ils m’ont déjà offert une paire d’instruments de musique. Ils ont trouvé en moi un produit commercial.
Il ne me reste que un terrain pour le siège de mon orchestre. J’en profite de l’occasion pour demander aux autorités un lopin de terre, même dans un milieu le plus reculé de la capitale.

Visa : Durant votre séjour prolongé en Europe, le pays a perdu plusieurs grands noms de la musique et du théâtre, avez-vous un mot à dire ?
K.B. : La mort c’est le chemin incontournable à tous. Je regrette seulement parce qu’ils sont morts trop jeunes à l’âge de 48 ans. Madilu, Pépé Kallé, Sans Souci et autres n’ont pas atteint l’âge qu’il faut.  Je présente    mes condoléances  à leur famille.

(Tkm/BT/PKF)

B.G/Visa



Last edited: 08/10/2009 16:23:49

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