C’est mercredi au cours du point de presse hebdomadaire que le porte-parole de la Monuc a annoncé, en confirmation, l’arrestation en Ouganda du génocidaire rwandais Idelphonse Nizeyimana, le boucher de Butare, que les autorités de Kampala ont aussitôt transféré au TPIR d’Arusha
Le porte-parole de la Monuc, Madnodje Mounoubai, a confirmé l’arrestation par l’Ouganda de M. Idelphonse Nizeyimana, génocidaire rwandais. C’était au cours du point de presse animé, hier mercredi 7 octobre 2009 à Kinshasa.
La Monuc a confirmé l’arrestation par l’Ouganda de M. Idelphonse Nizeyimana, génocidaire rwandais et son transfert, le mardi 6 octobre 2009 au TPIR d’Arusha en Tanzanie. Selon le porte-parole de la Monuc, Madnodje Mounoubai, « son arrestation constitue un pas important dans la lutte contre l’impunité et un signal fort de l’engagement des Etats de la région des Grands Lacs pour la paix et la sécurité». Il a ajouté que le secrétaire général des Nations unies a encouragé tous les Etats membres à poursuivre leur coopération avec le système de justice internationale pour l’arrestation de tous ceux qui sont sous le coup d’un mandat d’arrêt du TPIR. Idelphonse Nizeyimana était arrêté dans un petit hôtel d’un quartier populaire de Kampala et serait entré en Ouganda, en provenance de la RDC, le 1er octobre par le poste frontalier de Bunagana, dans la province du Nord-Kivu.
Originaire de la préfecture de Gisenyi au Rwanda, Idelphonse Nizeyimana est un ancien officier de renseignements au sein de l’armée rwandaise au moment du génocide et membre présumé de «l’Akazu», c’est-à-dire de l’entourage du président de l’époque Juvénal Habyarimana. Il était le suspect recensé dans la catégorie des principaux planificateurs du génocide pour la région de Butare et figurait sur la liste des 12 accusés toujours recherchés par le TPIR.
Nizeyimana est accusé par le Tribunal d’Arusha d’avoir notamment planifié le massacre d’étudiants et d’enseignants tutsis de l’université. C’est lui qui dressait les listes de personnes à assassiner.
Le TPIR obtient donc une nouvelle victoire. Nizeyimana figurait parmi les dix personnes qu’il recherchait le plus. Le Tribunal qui, en août dernier, avait déjà mis la main sur un autre génocidaire présumé, Grégoire Ndahimana arrêté en RDC.
S’agissant de la situation militaire, le chef des informations militaires, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich a signalé qu’au Nord-Kivu, «les FDLR ont intensifié leurs activités à l’Ouest de Masisi et à l’Est de Walikale à travers le déploiement des armes lourdes, le redéploiement des troupes dans les axes importants et la multiplication des infiltrations ».
Il a également indiqué qu’une résurgence d’actes indisciplinées des FARDC a été rapportée à Kanyabayonga, Nyanzale, Mweso et Kilolirwe, suite au retard de paiement de leur solde ou aux détournements des salaires.
En réaction à ces activités des miliciens au Sud d’Irumu, le commandant des Casque bleus, le général Babacar Gaye, a séjourné en Ituri et a tenu plusieurs réunions, en particulier avec les FARDC et facilité l’élaboration d’une stratégie visant à restaurer la stabilité dans la région troublée du sud d’Irumu.
Toutefois, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich a dit : « la pacification de l’Ituri passe par le dialogue politique que les parlementaires ont eu avec les chefs des groupes armés ».
(DN/Milor/GW/Yes)
Louis-Paul Eyenga Sana/Le potentiel