Le Gouvernement, représenté à Istanbul (Turquie) par le ministre des Finances, Athanase Matenda, se déploie pour faire adhérer les partenaires extérieurs à sa cause.
Le bout du tunnel du second programme économique du gouvernement (PEG 2), pour lequel Kinshasa cherche soutien formel du FMI, n’est plus loin. Mais, avant l’étape cruciale de Paris où l’attendent ses créanciers traditionnels, le Gouvernement, représenté à Istanbul (Turquie) par le ministre des Finances, Athanase Matenda, se déploie pour faire adhérer les partenaires extérieurs à sa cause.
Istanbul, capitale de la Turquie qui abrite jusqu’aujourd’hui les assemblées d’automne du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale n’est pas le point de chute des négociations entre la RDC et le FMI pour la conclusion d’un second programme économique du Gouvernement (PEG 2) à soutenir au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance.
Néanmoins, c’est un rendez-vous à ne pas négliger. Car, il permet à la RDC de se rapprocher davantage de ses partenaires extérieurs, autres que ceux des institutions de Bretton Woods. Les enjeux sont de taille, indique dans le rang de la délégation gouvernementale, en séjour en sol truc.
Aucun détail n’est alors minimisé. Tout est pris en compte dans la perspective de la rencontre à Paris avec les créanciers traditionnels de la RDC réunis au sein du Club de Paris.
A Istanbul où il conduit la délégation congolaise, le ministre des Finances, avec à ses côtés, le gouverneur de la Banque centrale du Congo, Jean-Claude Masangu Mulongo, et d’autres experts du Gouvernement, ne dort pas sur ses deux lauriers. Toutes les rencontres sont bonnes pour avoir l’appui des partenaires dans la longue marche vers le point d’achèvement de l’initiative d’allègement de la dette en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE).
Ainsi, tour à tour, il a eu des entretiens avec la directrice du département Afrique du FMI, la vice-présidente de la Banque mondiale, des représentants du département du Trésor américain, du Fonds Koweïtien pour le développement économique Arabe, etc. Au centre de ces rencontres, un seul message : accompagner la RDC dans la course vers le point d’achèvement de l’initiative PPTE.
La nouvelle feuille de route adoptée à Kinshasa lors du dernier passage en août 2009 des experts du département Afrique du FMI fixe cette échéance à fin mai 2010. Mais, avant d’y arriver, la RDC doit franchir avec succès l’étape de Paris où l’attendent ses créanciers traditionnels du Club de Paris.
Matenda rassure
Le rendez-vous de Paris est crucial. La ministre des Finances n’a cessé de le répéter à ses interlocuteurs. A l’un d’entre eux, notamment la directrice du département Afrique du FMI, il a fait savoir qu’« à ce jour, les obstacles ont été non seulement identifiés, mais levés ». Mais, la pierre d’achoppement reste encore l’avenant devant sanctionné les amendements portés sur le partenariat sino-congolais.
Apparemment, la Chine ne s’y oppose plus, à en croire son ambassadeur en RDC qui l’a déclaré lors de son passage à la rédaction du journal Le Potentiel. Mais, le ministre des Finances s’est voulu prudent.
« Nous souhaitons que l’avenant soit signé au plus tard le 09 octobre pour permettre le traitement de ce dossier (Ndlr : du nouvel accord formel avec le FMI) au prochain Conseil d’administration du FMI. Au cas contraire, l’échéance risque d’être repoussée au mois de novembre, avec des implications sur la date de t’atteinte du Point d’Achèvement de l’Initiative PPTE ».
Or, le Gouvernement espère boucler en cette année 2009 toutes les négociations avec le FMI pour intégrer les grandes options du nouvel accord dans un premier temps, dans le budget 2010, et dans l’autre, dans le budget 2011 (dernière année d’exécution du programme en négociation). Ce qui explique l’intense activité diplomatique que déploie le chef de la délégation congolaise en marge des assemblées d’Istanbul.
Il s’agit, selon les acquis nous parvenus de la ville turque, d’obtenir un accord de principe du FMI, les discussions techniques du PEG 2, ayant été bouclées depuis Kinshasa. A Istanbul, rapporte-t-on, la délégation congolaise veut avoir l’appui indispensable des partenaires au développement aux fins, pense-t-elle, assouplir les positions du Club de Paris pour éviter toute résistance dans le prochain round des discussions avec les créanciers traditionnels de la RDC.
Le sujet a été longuement évoqué entre le ministre Matenda et les représentants à Istanbul du département du Trésor américain. L’entretien a porté essentiellement sur l’état du partenariat avec la Chine en perspective de l’atteinte du point d’Achèvement de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endetté, ainsi que la crise financière et son impact sur l’économie de la RDC.
Maintenir le cap des reformes
Avec ses interlocuteurs, Athanase Matenda a souligné la nécessité pour la RDC de renouer formellement avec le FMI afin de garantir ses chances d’atteindre au premier semestre 2010 le Point d’achèvement de l’initiative PPTE.
Même si des efforts doivent être fournis pour la stabilisation du cadre macro-économique, le ministre des Finances a sollicité de vive voix l’appui du Trésor américain pour, notamment permettre à la RDC de se mettre à l’abri des fonds vautours, sérieux handicap dans la machine de mobilisation des recettes de l’Etat.
Avec la vice-présidente de la Banque mondiale, une attention particulière a été accordé à la réforme des entreprises publiques. « Il est important d’avoir des principes et des objectifs clairs dans la réforme des entreprises, même si l’expérience de la Regideso est un succès », a commenté l’un des experts de la Banque mondiale présent à cette rencontre.
Réponse immédiate du ministre des Finances qui a promis au nom du Gouvernement de tout mettre en œuvre pour réussir cette épreuve. « Notre rôle est central, a-t-il dit, à cet effet, mais nous avons besoin de l’accompagnement de la Banque mondiale ».
Le Fonds Koweïtien pour le développement économique Arabe est allé, à son tour, voir le ministre des Finances pour avoir des assurances nécessaires à sa créance sur la RDC.
C’est aujourd’hui mercredi que se clôturent ces assemblées d’automne. Cependant, point de répit pour la RDC qui aura, dans l’entre-temps, ses regards tournés vers la Chine où les deux entreprises chinoises restantes doivent endosser à leur tour les amendements portés au partenariat initial sino-congolais.
Après cette étape, une autre épreuve de feu l’attend à Paris devant ses créanciers traditionnels. Ce n’est qu’après les « assurances financières » du Club de Paris que le Conseil d’administration se penchera, pour approbation de l’accord formel, sur le dossier RDC. C’est tout le travail en préparation à Istanbul.
(CL/PKF)
Le Potentiel