populationUne centaine des fidèles kimbanguistes (soit 17 hommes, 64 femmes et 13 enfants) en provenance de Soyo en République d’Angola  ont été accueillis,  au moment de l’accostage de leur embarcation au beach  Kungu de Boma, par des cris hostiles  de la foule, en particulier les trafiquants qui participent au commerce frontalier des produits pétroliers entre ce pays et la RDC.

Ces Kimbanguistes angolais qui se rendaient en pèlerinage à la cité sainte de Nkamba, dans le territoire de Mbanza-Ngungu, district des Cataractes,  ont eu la vie sauve grâce à l’intervention du maire de Boma, Marie-Josée Niongo Nsuami, arrivée en catastrophe sur les lieux pour calmer les esprits,  exhortant  les Congolais à s’abstenir de tout acte de vengeance sur les Angolais.

« Les Congolais sont  un peuple pacifique qui se doit de témoigner un amour sincère envers ses voisins », a-t-elle lancé,  avant de demander aux Angolais de retourner dans leur pays, afin d’éviter le pire,  la mairie de Boma n’étant  pas, a-t-elle souligné, en mesure de garantir  leur sécurité face à une population encore sous le choc à la suite des traitements inhumains  et dégradants infligés à leurs compatriotes refoulés  récemment  des provinces angolaises de Cabinda et de Soyo.
 
Malaise à Boma à la suite de la présence des Congolais refoulés de l’Angola

Un malaise  caractérisé par un esprit de vengeance plane sur la ville de Boma où des milliers des Congolais refoulés du Cabinda en République d’Angola sont depuis quelques jours retournés dans leurs familles respectives  après avoir perdu tous leurs biens, souvent le fruit de plusieurs années de travail dans ce pays, a constaté l’ACP.

« Nous devons chasser tous les « Bazombo » installés dans notre ville », lancent des jeunes Bomatraciens regroupés dans les carrefours de la ville portuaire.  Pour leur part,  les « Bazombo » (Ndlr : nom d’une tribu angolaise par lequel les Congolais désignent  avec une nuance péjorative les Angolais installés en RDC),  craignent  de plus en plus de sortir sur la voie publique de peur qu’ils ne soient lynchés par la foule.

Quant à l’autorité politico-administrative locale qui déplore les violences et autres  exactions perpétrées sur les Congolais par les militaires d’un pays frère, elle s’efforce néanmoins de calmer les esprits et de trouver des pistes de solution en faveur  des refoulés, notamment   en supportant leurs frais de transport vers  leur destination finale, Kinshasa ou la cité de Muanda pour la plupart d’entre eux.

Le gouvernement du Bas-Congo apporte une aide alimentaire aux refoulés de l’Angola

Une double mission du gouvernement provincial du Bas-Congo diligentée respectivement à Cabinda, chef-lieu  de la province angolaise  du même nom, et à la frontière de Nzobe Luzi, dans le secteur du même nom, territoire de Tshela au Bas-Fleuve, vient d’apporter une aide alimentaire ainsi qu’un important lot de médicaments de première nécessité offert par l’OMS aux compatriotes refoulés de l’Angola.

Confiée respectivement au ministre provincial en charge de l’Intérieur et de l’administration du territoire ainsi qu’au ministre provincial ayant dans ses attributions le Plan et le budget, cette double mission a permis au gouvernement provincial d’évacuer ces refoulés comprenant des hommes, des femmes et des enfants dans leurs milieux d’origine, a précisé le ministre provincial de la Justice, droits humains, information et presse, porte-parole du gouvernement, Me Nicolas Mabeka ne Niku, qui a livré cette information vendredi à la presse.

Le geste du gouvernement provincial, fruit d’un financement propre, a été fort apprécié par les bénéficiaires et par la population locale, a ajouté le ministre.

(DN/Milor/GW/Yes)

ACP