matadiDécidemment, l'environnement douanier au Port international de Matadi et comme partout ailleurs en Rd Congo est loin d'être assaini.

Pour les opportunités faciles de l'enrichissement rapide que ce milieu offre, tout le monde s'y jette à corps perdu. Devenu le lieu de prédilection pour tous les congolais et étrangers expatriés, tous y vautrent jusqu'à l'empester.
 
Il suffit de savoir bien jongler avec les documents douaniers, de bien tisser et d'entretenir de bonnes relations avec les opérateurs économiques, les autorités et les gestionnaires même de la douane pour vite se trouver au ciel.

La douane devient ainsi une grande vaste pègre où la fraude de tout genre s'observe régulièrement. Dernièrement, un réseau de maffieux dirigé par sieur Texas non autrement identifié avec ses complices Moustafa et un major des FARDC dont le nom, semble-t-il, n'est pas dans les effectifs des militaires de la circonscription de la ville, a été démasqué et maîtrisé grâce à la vigilance de l'ANR.

Cette bande a été arrêté à l'Hôtel de la Gare où logeait la partie civile tandis que le major l'a été à son domicile où une arme a été saisie, révèle notre source. Ce groupe disposait des documents de plusieurs chancelleries et des papiers de la présidence de la République comportant toutes les signatures et estampes (cachets).

Les papiers les rendaient intouchables au port et à la douane et leur permettaient de faire sortir les marchandises de leurs clients pour le compte de la Présidence et autres organismes bénéficiant le régime d'exonération douanière.

Selon quelques témoignages, plusieurs véhicules d'occasion et des conteneurs de friperies sont sortis du Port exonérés pour le compte de la Présidence de la République alors qu'il ne s'agissait que de fausses exonérations et de faux enlèvement d'urgence.

C'est l'extravagance du chef de la bande qui a servi de fil conducteur à leur arrestation. Celui-ci a commis l'imprudence de coller à sa jeep des étiquettes avec la mention : présidence de la République. Tiqué, le Redoc qui ne pouvait pas s'expliquer la présence d'une mission de la Présidence dans son ressort sans qu'il en soit informé, a largué ses collaborateurs à ses trousses et ont découvert le pot aux roses. 

Arrêtée, la bande a avoué son forfait. C'est la major des FARDC qui aurait servi à la présidence de la République qui aurait aussi mis ces documents à la disposition de la bande. Accusée pour usage, faux en écriture et trafic d'influences, cette bande à Texas a été acheminée à Kinshasa pour interrogatoire.

Toutefois, l'opinion souhaite que dans le cadre de la tolérance zéro, des sanctions exemplaires soient appliquées. Mais dans les milieux proches de la douane, les faussaires existent toujours et encore car, les fausses exonérations et faux enlèvements d'urgence continuent.

A se demander si les responsables douaniers ne sont-ils pas capables de déceler un faux document du vrai et maîtrisent-ils quelles sont les marchandises ou effets qui sont admis en exonération et en enlèvement d'urgence et dans quelles conditions ? Sinon, cette hémorragie sera difficile à arrêter.

(CL/Yes)

L’Observateur