Embouteillages, cris, bousculades... Tout bruisse au marché central Mzée de Lubumbashi, chef-lieu de la province du Katanga. De petits vendeurs à la sauvette crient à tue-tête, chacun vantant la qualité de son produit pour s’arracher la clientèle.
Lubumbashi, bien que des marches disposent de stands bien aménagés, de nombreux petits commerçants préfèrent vendre leurs produits a même le sol, sur la chaussée ou le trottoir, jusque tard dans la nuit. Cette activité qui fait vivre beaucoup de monde rend ces quartiers marchands ingérables et difficiles.
Embouteillages, cris, bousculades... Tout bruisse au marché central Mzée de Lubumbashi, chef-lieu de la province du Katanga. De petits vendeurs à la sauvette crient à tue-tête, chacun vantant la qualité de son produit pour s’arracher la clientèle. Sur les allées du marché, tout ou presque y est exposé a même le sol, sur un bout de carton ou un morceau de vieux sac. De l’aiguille à tisser aux appareils électroménagers, jusqu’aux vivres frais... Dans ce grand marché comme dans la dizaine d’autres plus petits que compte la ville, le scénario est souvent identique des centaines de petits commerçants préfèrent vendre leurs produits sur la chaussée, plutôt que dans les stands bien aménagés à l’intérieur des marchés.
Vendeuse de farine de maïs importée de la Zambie au marché zée, Clémentine Mbayo explique pourquoi. « Les vieilles femmes qui vendent ici depuis des années sont mécontentes des nouvelles venues. Elles envoûtent le marché et qui expose sa marchandise prés d’elle ne vend », raconte-t-elle, superstitieuse. D’autres petits commerçants avancent des raisons plus commerciales. « Quand on est à plusieurs dans un rayon avec le même produit, le client à le choix et nous vendons moins », explique Anita Mujinga, qui étale ses légumes sur le trottoir, entre un vendeur de chaussures et un de cuisses de poulet.
Tous au marché central
Bonnes raisons ou pas, le petit commerce faisant vivre de milliers de familles, les marchés sont généralement saturés. Construit pour 2 000 places, celui du centre-Elle (marché Mzée), le plus grand de Lubumbashi, attire tout le monde. Bien que sa capacité ait été portée à 4 500 stands, les places s’y disputent. « Il faut débourser 50 $ pour avoir un stand. Mais quand un occupant en libère un, il a déjà été vendu a un autre », explique Jean-Jacques qui comme d’autres vendeurs dans le même cas que lui, installent tout bonnement leurs petites affaires à l’extérieur du marché.
Comme le fait observer Jean Lenge, secrétaire administratif du marché Mzée, celui-ci n’est pourtant pas le seul qui soit bien construit à Lubumbashi. Mais les commerçants le préfèrent à ceux des communes périphériques de la ville, puisque s’y concentrent grands magasins et boutiques, quincailleries, boucheries et autres activités commerciales. Blanchard Kadima qui a dû quitter le marché de sa commune pour venir squatter au bord du marché Mzée, justifiée son geste par le fait que « les clients préfèrent acheter en ville à bon prix plutôt qu’à la cité », où les petits commerçants qui s’approvisionnent eux-mêmes en ville, sont obligés de revendre un peu plus cher leurs produits.
Marchés de nuit moins chers
Ces ventes sur le sol se poursuivent généralement le soir. Quelques heures avant l’heure de fermeture officielle des marchés, même des vendeurs possédant des stands les quittent pour s’installer dans la rue. Appelées « pirates » ou « wenze ya bitula » (marché des invendus de la journée), ces marchés qui se prolongent souvent jusque tard dans la nuit, aident de nombreux clients qui n’ont pas le temps de faire leurs courses pendant la journée. Pour ne pas faire des invendus notamment des vivres frais, les prix sont alors rabattus. « Pendant la journée j’achète une cuisse de poulet à 1 000 Fc, mais au marché pirate du soir, deux cuisses reviennent à 1.500FC ». raconte Julienne Ngoie, une mère de famille qui fait son marché le soir.
La police les chasse mais n’y réussit jamais. Toujours aux aguets, ils reviennent même quand leurs biens sont saisis. Coordonnateur urbain de l’environnement, Jean-Pierre Ilunga Ngwey s’en insurge. « Ils vendent jusque tard et rendent la ville malpropre. Ce qui coûte d’énormes efforts à la maire... En vendant a même le sol les vivres, ils exposent leurs clients aux maladies des mains sales », se plaint cet agent dont les services s’efforcent de veiller à la propreté des marchés.
(Milor/GM/PKF)
Syfia/La Références Plus