La rentrée judiciaire est le titre qui fait l’unanimité dans les journaux parus ce matin dans la Capitale congolaise.
LA REFERENCE PLUS aussi bien que LE POTENTIEL et LE PHARE mettent en évidence les détourneurs des deniers publics, visés dans la mercuriale que le procureur général de la République a prononcée lors de cette rentrée judiciaire samedi 3 octobre dernier.
Pour LA REFERENCE PLUS, « Flory Numbi, le procureur général de la République, a plaidé pour la levée des immunités aux dirigeants pour que la rigueur de la loi s’applique à tout le monde en cas d’infraction. Les magistrats ont ainsi reçu le feu vert pour traquer non seulement les petits citoyens mais aussi les « kuluna en cravate » responsables d’infractions… ».
Pour sa part, LE POTENTIEL constate que « les corrupteurs et les détourneurs sont couverts par les immunités ».
Néanmoins, ce quotidien pense que la mise en garde lancée à l’endroit des détourneurs a beaucoup de chance de réussir dans la mesure où celle-ci constitue « une belle réplique qui intervient trois mois après le terrible réquisitoire du président de la République sur les opérateurs judiciaires.
LE POTENTIEL relève par la suite que le PGR s’est adressé au législateur auquel il a demandé de « réadapter les textes relatifs au régime des immunités et des privilèges dont bénéficient certains d’entre nous ».
Pour LE PHARE, si « Le PGR a invité les Congolais à dénoncer les détourneurs », il a par la même occasion promis la garantie de l’anonymat à la population.
L’AVENIR réserve sa grosse manchette sur le remaniement ministériel dont « les choses se précisent », affirme-t-il, « pour plusieurs raisons ».
Le journal pense que le départ de l’ancien ministre des Relations avec le Parlement, le professeur Adolphe Lumanu pour le cabinet du chef de l’Etat, et le décès, il y a une semaine du ministre de l’Economie André-Philippe Futa constituent deux paramètres qui permettent de croire que le chef de l’Etat n’est pas très loin de procéder au remaniement de l’équipe gouvernementale.
Partant, le journal se fait l’écho de l’opinion qui, dit-il, « demande que les prochaines nominations soient faites en fonction des objectifs à atteindre et non en termes de la désignation des ministres potentiels par des chefs de partis ».
S’agissant de la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) qui aurait dû intervenir de plein droit dès l’installation du nouveau Parlement à l’issue des élections législatives de 2006 et qui poursuit encore ses activités malgré tout, LE POTENTIEL note que « la CEI dissoute bénéficie de la force majeure en droit constitutionnel » au terme de l’arrêt de justice autorisant la prolongation du mandat de la Commission électorale indépendante.
Se référant donc à cet arrêt, le 1er président de la Cour suprême de justice « autorise la prolongation de ce mandat afin d’assurer la gestion des affaires courantes ».
En cela, note ce quotidien, la CSJ se fonde sur le principe du droit de « la force majeure en droit constitutionnel ».
Avec la suspension de sa remise en liberté, « le pire s’annonce pour Bemba », titre LE PHARE qui gratifie son titre d’un commentaire qui signale qu’effectivement, « l’horizon s’est considérablement assombri pour le leader du MLC depuis que la Chambre préliminaire II a décidé d’accorder à l’appel du procureur Moreno O’ Campo un effet suspensif sur la décision de remise en liberté provisoire ».
Pour ce journal, « tous les paramètres d’appréciation du dossier judiciaire du numéro Un du MLC ainsi que la gravité des charges qui pèsent sur lui indiquent qu’il est parti pour un procès dont la première audience pourrait avoir lieu probablement au début de 2010 ». LE PHARE rappelle à ses lecteurs que « la CPI a habitué les Congolais à des renvois d’audience qui prennent au moins six mois, soit en moyenne deux audiences par an ». Et de rappeler que « Thomas Lubanga a dû consommer deux années de détention provisoire avant l’ouverture de son procès. Jean-Pierre Bemba s’achemine vers sa deuxième année de séjour à La Haye, sans qu’il soit fixé sur la date de la première audience de son procès ».
Compte tenu de tous ces paramètres, LE PHARE a raison de croire que, quoi que l’on puisse penser, il est difficile d’envisager au leader du MLC une sortie du tunnel avant les prochaines élections de 2011, et par conséquent, il invite à présent « les cadres et militants du MLC à avoir les deux pieds sur terre, que son procès se termine par son acquittement ou sa lourde condamnation ».
(CV/Yes)
Clément Vidibio/MMC
Last edited: 05/10/2009 14:05:01