monsengwoNous ne cesserons jamais de le dire tout haut, l’Eglise catholique congolaise d’aujourd’hui n’est plus au front comme cela devait être le cas, surtout quand les plus démunis de la société ne savent plus tenir le coup. Mais chez nous, bien avant Monsengwo, son prédécesseur avait permis à un groupe de compatriotes triés sur le volet, de bâtir leur vie, plus de vingt ans durant, sur le dos des minables salariés. Véritables pressoirs dont on se sert juste pour obtenir un gain et qu’on renvoie après à la merde. Tous ces hommes et femmes entretenus grâce aux fonds ainsi générés pendant que les enseignants étaient payés comme tout le monde le sait, doivent répondre un jour de cette injustice.

Cette clique a pris goût en mangeant à la même table que le roi et aujourd’hui il faut être ingénieux pour réussir à la détourner de la voie qu’elle a réussie à se frayer. Mais une question vient à l’esprit. Est-ce que Mgr Monsengwo, qui vivait à Kisangani à l’époque de son prédécesseur Etsou ignorait quelque chose de cette machine mise en place pour créer des castes dans l’enseignement, Dieu seul sait au profit de qui, puisque les mêmes enseignants ne roulent pas encore carrosse, malgré tous les lands que leurs écoles récoltent chaque mois.

Sa décision est tombée très tardivement, parce que les inscriptions dans toutes les écoles commencent bien avant septembre, souvent dès fin juillet. De nombreux observateurs demeurent convaincus que le prélat a publié sa décision pour faire plaisir aux parents malheureux de l’église, afin qu’ils continuent de croire aux capacités de l’homme de faire quelque chose pour eux, alors qu’en réalité c’est du déjà vu.

Il va aboyer et la caravane poursuivra son bonhomme de chemin, tant pis pour les démunis frères et sœurs en Christ. Hier, la question n’avait pas évolué d’un pouce. On ne comprend pas comment et pourquoi un homme aussi bien organisé peut faire croire aux gens que cette fois ce sera la bonne. Hier en 2008 personne dans le secteur de l’enseignement catholique ne voulait entendre quelqu’un parler de la fin de la prise en charge. Qu’est ce qui a changé aujourd’hui en 2009, dans l’entendement de Monsengwo, pour que tous ces hommes et femmes virent du mal au bon?

La question est posée. S’il a une réponse à donner à ses lecteurs catholiques, tant mieux, il va se justifier. A notre sens, il n’y a rien de neuf qu’il ne peut pas révéler à la communauté, si réellement il tient à faire quelque chose pour les fidèles démunis qui font partie de la majorité de notre peuple. Monsengwo n’a rien à proposer de concret. Qu’il cesse de distraire ses fidèles catholiques qui le connaissent assez bien déjà. Avec un petit recul dans les temps, on se rendra vite compte que Mgr Monsengwo n’en est pas à sa première.

Il suffit de se rappeler les mille et un texte qu’il déversait dans les médias alors qu’il était à la CENCO. Il faisait semblant de compatir avec la population exploitée, en publiant de messages pour condamner la prise en charge, alors qu’il cherchait tout simplement à déshabiller St Paul pour habiller St Pierre. Ce qui devait arriver est effectif. Hissé au perchoir, Dieu merci, il a fini par monter à la communauté sa vraie identité. Et comme le ridicule ne tue nullement sur cette terre, notre prélat a pris le plus officiellement du monde une décision portant perception dans les écoles catholiques des frais scolaires sans commune mesure avec les revenus des parents catholiques.

Un syndicat du pays - un des rares qui vaille la peine - le COSSEP pour ne pas le citer, a levé son doigt, même un peu tardivement, pour condamner cette drôle de façon de cohabiter avec des fidèles que l’on pousse lentement, mais sûrement à la mort. Demander aux parents, qui vivent en moyenne avec un dollar par jour - chiffre de la Banque Mondiale- que ne peut ignorer l’archevêque de Kinshasa, de payer 100 dollars pour un enfant du primaire, c’est vraiment faire montre d’une volonté manifeste de refuser de voir la réalité en face. En d’autres termes refuser de reconnaître que le Congolais moyen est malheureux. Comment un tel frère en Christ peut-il entreprendre la moindre initiative de révision à la hausse des salaires?

Comme si cela ne suffisait pas, notre prélat demande aux enfants du secondaire de verser 180 dollars. C’est tout simplement suicidaire, relève le COSSEP. Et nous avec. Par ailleurs, tout le monde a appris que Laurent Monsengwo est allé plus loin que son défunt prédécesseur, en prenant la décision de créer un fonds avec l’argent des mêmes pauvres parents, pour soit disant leur venir en aide, comme si leur misère datait d’il y a un an seulement. Avant où était-il? Qu’est ce qui a changé, Bon Dieu dans cet environnement là en particulier et dans le social du Congolais en général?

Et ici COSSEP n’est pas allé par le dos de la cuillère. Le collectif dit non, vous avez bien lu NON, au chef de l’église de Kinshasa. Défenseur des démunis, nous restons à l’entière disposition de toutes les forces sociales qui veulent aider notre peuple à quitter l’asservissement, pour aspirer à une vie meilleure, qui passe par des actions concrètes, à impact visible et non par des paroles d’appel de fonds en direction des pauvres, mieux des faibles. COSSEP peut compter sur nous pour relayer ses prestations.

Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est le fait que aux catholiques aussi- et surtout à eux - l’Eternel leur demandera pourquoi avoir tant pris chez les minables, jusqu’à les laisser vivre désespérés, toute leur vie durant? Ils peuvent tromper les dirigeants et le peuple de ce monde, mais jamais l’Etre suprême. Le jugement arrive!

(TN/TH/GW/Yes)

B. Badi Badi/La Prospérité