gorilleLe parc national de Kahuzi Biega dans la province du Sud-Kivu en République démocratique du Congo (RDC) est envahi depuis quelques mois par des constructions anarchiques, a déclaré dimanche à Kinshasa le conservateur national de ce parc, Alex Karako, au cours de la réunion thématique entre le ministre congolais de l’Environnement Conservation de la Nature et Tourisme, José Endundo et les principaux partenaires dans le domaine de la conservation de la nature.

Selon M. Karako, certains députés nationaux et provinciaux, de magistrats et des hommes d’Affaires ont acquis illégalement de vastes concessions et ont créé des fermes dans ce parc qui constitue à ce jour le dernier refuge au monde des gorilles de montagnes anthropoïdes menacés d’extension.

« Cette spoliation du parc date de plusieurs mois. Ces fermes dans le parc national de Kahuzi Biega appartiennent à des députés et des magistrats. Ces derniers se considèrent comme des intouchables. Tous les efforts menés par les responsables de l’Institut congolais pour la conservation de la nature pour mettre fin à cette spoliation sont restés afin, a expliqué le conservateur du parc national de Kahuzi Biega.

Le conservateur en chef a même mis en exergue les menaces proférées à son endroit par un magistrat qui occupe une grande concession dans la parc.  Il a demandé au ministre de l’Environnement, de la Conservation de la nature et du Tourisme de porter cette question au niveau du parlement et du gouvernement afin que les propriétaires de ces constructions anarchiques dans le parc national de Kahuzi Biega soient sévèrement sectionnés.

La présence des militaires

Le conservateur a également relevé la présence massive des militaires des Forces armées de la RD (FARDC) dans le parc, notamment dans la station de Tshivanga qui en fait est le site hébergeant les gardes parcs et leurs familles.

« Pour le moment les militaires sont encore dans le parc. Ils mènent des opérations visant à neutraliser des rebelles de Forces démocratiques de libérations du Rwanda (FDLR) et autres groupes armés disséminés dans le parc. Mais là où il y a problème c’est quand ces militaires demandent à nos gardes parcs de leur servir de guide dans leur mission », a-t-il expliqué. Le conservateur a toutefois souligné que depuis trois semaines, grâce au dialogue amorcé depuis quelques temps entre l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICON) et les autorités militaires, il y a eu une sorte d’entente entre les militaires des FARDC et les gardes parcs.

L’autre fléau qui touche le parc est celui du braconnage à grande échelle qui vide le parc national de Kahuzi Biega de ses richesses fauniques. Aujourd’hui, a-t-il martelé, des braconniers se servent des armes de guerre pour massacrer les gorilles, les antilopes, les éléphants et les autres espèces rares du parc.

Parlant de la Mission de l’ONU en RDC (MONUC), le conservateur a fait savoir que celle-ci a installé des observateurs pour faire du monitoring sur les dégâts causés par les militaires et autres groupes armés au niveau du parc.
 
« La Monuc organise également des patrouilles mixtes, il y a un accord de principe avec elle. Mais la réalisation de sa mission dans le parc est encore insuffisante par rapport à nos attentes », a-t-il conclu. Situé à environ 65 km au Bukavu, le parc national de Kahuzi Biega est le seul endroit au monde où l’on trouve encore en grand nombre les gorilles des montagnes et les gorilles des plaines. Ces espèces figurent sur la liste des espèces animales en voie de disparition et qui sont déclarés comme espèces protégée par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

(DN/Milor/GW/Yes)

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