Les vagues d’expul­sions de Congolais depuis l’Angola s’in­tensifient gravement. Telle est la conclusion expri­mée hier mercredi 30 sep­tembre par le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies en RD Congo (Ocha) après avoir soigneusement observé la situation huma­nitaire catastrophique en présence dans la province du Bas-Congo.

A cet ef­fet, l’agence onusienne a indiqué qu’au moment où on recensait en juillet dernier 2000 expulsés, aujourd’hui les estimations sont à plus de 18.000 per­sonnes. Les territoires de Tshela et Muanda sont les plus concernés par ces refoulements qui se font dans des conditions dé­gradantes.

« On rapporte notamment des fouilles corporelles inacceptables sur des femmes, des vio­lences sur les femmes en­ceintes, le dépouillement de biens, l’emprisonne­ment de personnes et une brutalité déplorable » a souligné Séverine Flores, chargée de l’information publique.

Aussi précise-t-elle­ qu’à leur arrivée sur le sol Congolais, les ex­pulsés se regroupent dans des familles d’accueil ou se dirigent vers les centres urbains. Cependant, dans les zones de retour, Ocha note une certaine tension entre ces renvoyés et les ressortissants angolais, notamment à travers des attaques contre des commerçants angolais instal­lés dans le Bas-Congo.

Une mission d’évaluation inter-agences est en pré­paration pour évaluer les besoins et organiser une réponse éventuelle a an­noncé la responsable de Ocha.

Sud-Kivu: retour timide des déplacés

Au moment où l’on observe des mouvements de retour des déplacés du Nord-Kivu vers leur milieu d’origine, la situation sem­ble être timide dans la pro­vince voisine du Sud-Kivu, constate Ocha.

Ce dernier note cependant la présen­ce des nouveaux déplacés fuyant les opérations mili­taires en cours des forces loyales (FARDC) contre les rebelles rwandais des FDLR. Ainsi, dans les ter­ritoires de Fizi et d’Uvira, Ocha rapporte des exac­tions par des hommes ar­més, designés FARDC, qui ont été commises con­tre les populations civiles. Il est notamment fait men­tion d’incendies de mai­sons, de vols, ainsi que de pillages de biens des dé­placés.

Par ailleurs, Ocha a tenu à rappeler que les opé­rations militaires en cours continuent de provoquer plus de déplacements que de retour. « Déjà au cours des 6 derniers mois, on en­registré seulement 5.800 personnes retournées dans différentes territoires alors qu’on compte plus de 700.000 personnes dépla­cées dans l’ensemble de la province du Sud-Kivu » a lâché la responsable de l’Ocha.

Aussi, ajoute-elle, sur les hauts plateaux du territoire de Fizi, les condi­tions sécuritaires ne permettre pas aux acteurs hu­manitaires d’accéder à un nombre indéfini de familles déplacées qui restent sans assistance.

Enfin, très éloignée de tumultes séculaires de l’Est de son pays, la pro­vince de l’Equateur a reçu près de 358 déplacés cen­trafricains fuyant de conflits interethniques dans leur pays. Selon Ocha, plus de 80% d’entre eux sont des femmes et des enfants ayant trouvé re­fuge vers Mobayi-Mbongo, dans le Nord Ubangi. Plu­sieurs blessés sont pris en charge dans les centres de santé de la ville, a annoncé l’agence onusienne.

(CL/Tkm/Yes)

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