Plusieurs sujets ont été débattus entre le ministre Lambert Mende et la presse lors de cette rencontre, dont le lancement par les ONGDH d’une campagne visant à sensibiliser la Communauté internationale quant à la menace dont elles feraient l’objet en Rdc, la déchéance du gouverneur de la province de l’Equateur, retrait de certains groupes armés du processus de paix issu de l’Accord de Goma, la révision constitutionnelle.
Le Gouvernement a été saisi du lancement par les ONGDH d’une campagne visant à sensibiliser la Communauté internationale quant à la menace dont elles feraient l’objet dans notre pays. Le Gouvernement tient, avant toute chose, à affirmer sa totale solidarité avec tout défenseur des Droits de l’Homme menacé ou persécuté pour son activité au service de ces valeurs. Nous avons, d’ores et déjà, entrepris avec nos services de Police et la Justice d’élucider tous les cas criminels victimisant les Congolais de toutes les catégories socio-professionnelles qui ont été portes à notre connaissance, notamment les meurtres et des menaces contre des Journalistes en raison de leurs activités professionnelles.
Il nous faut toutefois déplorer, une fois encore, l’attitude de certaines ONGDH qui ont la prétention d’assumer un rôle de légitimation dans notre pays. Nous avons ainsi entendu, la semaine dernière, une ONG internationale demander le plus sérieusement du monde à la justice congolaise d’acquitter une personne. Par de telles revendications, cette ONG viole le principe de l’indépendance de la magistrature et commet, comme tant d’autres, une usurpation des prérogatives du souverain primaire et des institutions publiques mises en place par celui-ci. Nous ne cesserons jamais de rappeler aux uns et aux autres que l’Etat congolais ne se laissera pas déposséder de ses prérogatives.
Les ONGDH ont une place de choix dans un Etat qui s’est engagé à garantir le respect des Droits de l’Homme, comme c’est le cas pour la RDC. Le Gouvernement leur doit protection et facilitation mais il importe que leurs animateurs admettent que l’Etat Congolais et ses institutions existent et exercent leurs attributions conformément à la Constitution et aux lois de la République.
Les ONGDH congolaises, qui souvent versent dans la transposition de modèles préconçus et excentrés de lecture des faits et des idées sur les Droits de l’Homme, devraient ramener à la surface la réalité et les intérêts de la RD Congo. Malheureusement, la prétention de certains animateurs congolais d’ONGDH à la liberté se transforme en défi permanent contre les Institutions légitimes de l’Etat dans le souci de justifier la pérennisation du schéma de substitution comme au temps où la légitimité des dirigeants de l’Etat était contestable et contestée.
Depuis la semaine dernière, des ONGDH persistant dans une logique stérile de l’affrontement avec l’Etat, l’ont accusé et maltraité les animateurs dont certains auraient été tués et menacés « avec des journalistes ». S’il est vrai que le Gouvernement, saisi par les organisations professionnelles des médias, a sur sa table de dossier des journalistes tués ou menacés de mort dans l’exercice de leur profession, nous ne sommes informés d’aucun cas d’assassinat d’un défenseur des Droits de l’Homme depuis l’avènement de la IIIème République en 2006. L’amalgame délibéré opéré par les auteurs de cette campagne est choquant. On ne comprend pas par exemple pourquoi ce jumelage incongrue entre les professionnels des médias et les ONGDH. Comme si les journalistes étaient soudain dépourvus de parole, eux dont c’est le métier!
Les récents développements de l’actualité judiciaire tendent à démontrer que la phraséologie redondante sur les Droits de l’Homme est utilisée par d’aucuns comme un paravent idéal pour couvrir tous les trafics, même criminels. Ainsi, après que l’affaire dite de l’Uranium eut révélé que des activistes des Droits de l’Homme étaient accusés d’avoir rédigé des faux rapports sur leur pays uniquement pour garantir leur pain quotidien, on vient de découvrir également qu’il y en a qui se couvrent du même manteau pour commettre des crimes, notamment le terrorisme urbain.
Tel est le cas de l’avocat Firmin YANGAMBI du Barreau de Kisangani, Président de l’ONGDH « Paix sur Terre » qui a été arrêté mercredi par la Justice militaire de notre pays alors qu’il était en train de convoyer une cargaison d’armes de guerre dans le but de lancer un nouveau mouvement insurrectionnel contre la République à partir de Kisangani. Transféré à Kinshasa dimanche dans l’après-midi Me Firmin Yangambi est à la disposition de la Cour Militaire devant laquelle il devra répondre de cette accusation.
Comme pour le dossier de l’Uranium, le Gouvernement est de l’avis que rien ne peut justifier l’immunité d’un justiciable pour le simple fait de sa notoriété ou ses relations amicales dans la communauté humanitaire. La justice Militaire fera son travail en entamant dès ce jour l’instruction de ce dossier selon toutes les règles de l’art. Une question se pose à ce sujet jusqu’où faut-il laisser des particuliers libres de mettre en péril l’Etat et le peuple Congolais ?
S’agissant de la situation en Province de l’Equateur, pour le Gouvernement, une page a été tournée avec les Arrêts 087 et 088 du 21 septembre 2009 qui ont ouvert la vacance à la tête de cette Province l’une de plus peuplées de notre pays. Il est heureux que le principal concerné, le Gouverneur José Makila, ait publiquement annoncé qu’il se pliait à la décision ainsi prise à son égard par la Haute Cour.
Une autre page s’ouvre donc aujourd’hui pour cette Province avec le scrutin à organiser pour l’élection par l’Assemblée provinciale de l’Equateur des nouveaux Gouverneur et Vice-Gouverneur. Le Gouvernement estime qu’il faut donner maintenant toutes les chances à la CEI de réussir à organiser cette élection dans le délai de 15 jours à dater de la notification de l’Arrêt de la Cour à la Commission.
Quant au retrait de certains groupes armés du processus de paix issu de l’Accord de Goma, le Gouvernement tient à préciser son entendement de ce processus en ces termes :
- la paix reste une option incontournable de la RDC
- le processus de pacification engage actuellement ne vise nullement des entorses à l’ordre juridique instauré dans notre pays depuis les élections générales de 2006.
Ainsi donc, l’intégration à l’armée ne peut être comprise comme la soumission de celle-ci aux caprices de ses nouveaux membres, mais comme l’admission de ceux-ci au sein des FARDC dans le strict respect des lois et règlements régissant la Défense Nationale. L’un ne va pas sans l’autre. Tout comme les politiciens membres d’anciens groupes rebelles, qui désirent poursuivre leurs activités politiques, doivent convertir leurs structures en partis politiques respectueux des lois de la République et des règles du jeu démocratique. Il y a assez de marge exploitable dans ce sens. Mais, il n’est pas concevable de mettre en poche la démocratie, ce serait amener le pays à avancer à reculons.
Enfin, je dirai un mot sur la nouvelle affaire en vogue au sujet de l’éventualité d’une révision constitutionnelle. Certaines imaginations fécondes sont allées jusqu’à suggérer une possible désapprobation par le ministre de la Communication dune démarche présidentielle. La vérité est que j’ai indiqué dans ma réaction à l’éditorial de RFI
- 1) que la concertation interinstitutionnelle existe depuis 2006 et qu’elle n’est pas destinée à la révision constitutionnelle
- 2) que le principe de la révision était légal puisque constitutionnel et qu’il fallait arrêter de le dramatiser;
- 3) j’invitais l’opinion à ne pas mettre la charrue devant le boeuf en se laissant distraire par des conclusions non encore produites par des experts, qui en la phase actuelle de leur cogitation, n’engagent pas encore les Institutions.
(CL/TH/Yes)
Forum des As
Last edited: 29/09/2009 16:21:45