muzitoLes élus nationaux ont adopté à leur écrasante majorité les propositions faites par les Honorables députés Bolenge Pitchou et Kanku Clément d’inscrire ces deux matières au calendrier qui était en discussion ce jour-là.

Pour le Mlc Bolenge Pitchou, l’Assemblée nationale joue sa crédibilité à travers cette question car aussi longtemps que le « boa » ne sera pas éventré, la chambre basse du Parlement sera considéré comme une caste des personnalités conservatrices soucieuses de se ménager mutuellement et de protéger leurs intérêts en violation de la loi. Ce qui constitue une sorte de suicide vis-à-vis des électeurs en ce moment où s’approche à grand pas l’échéance électorale de 2011.

Son collègue Kanku Clément, de la même obédience politique que lui mais proche du Mlc, d’habitude plus combatif et hargneux, n’a pas eu beaucoup de peines pour convaincre les élus nationaux. En effet, sa tâche était d’autant plus simplifiée que la question était déjà programmée, de droit, au calendrier de la session ordinaire précédente parce qu’elle a été déposée au cours de celle-ci. Et conformément aux prescrits de la Constitution et du règlement intérieur de la chambre basse, elle devrait être examinée endéans 48 heures au moins, à dater de son dépôt au bureau de l’Assemblée nationale. Mais, suite à l’abondance des matières et du délai très court qui restait à courir avant la fin de la session de mars 2009, l’examen de cette motion de défiance n’a pas été inscrit à l’ordre du jour d’une des plénières.

Il ne restait plus qu’à réinscrire cette question au calendrier de la présente session. Ce qui n’a pas été fait de manière explicite dans le projet soumis à l’appréciation des représentants du peuple. En effet, le projet sus-évoqué s’était contenté de diluer la question dans le concept général de contrôle parlementaire, jugé trop vague par l’initiateur de la motion de défiance.

C’est dans un souci de clarté et de précision que l’opposant Kanku Clément a voulu faire apparaître dans ce calendrier la question de la motion de défiance contre Adolphe Muzito. On peut dire qu’il est sorti de l’hémicycle avec un brin de satisfaction puisque, faute d’avoir obtenu de manière formelle cette inscription, il a obtenu les assurances fermes du Président de l’Assemblée nationale Evariste Boshab. Celui-ci a réaffirmé, du haut de son perchoir, que la question fait bel et bien partie de la rubrique contrôle parlementaire et que c’est à ce titre qu’elle sera examinée. Il n’y a donc pas lieu de lui réserver un traitement particulier par rapport à d’autres questions relevant du contrôle parlementaire. Toutefois, a-t-il indiqué, le bureau s’engage à respecter la procédure prévue par le règlement intérieur pour l’examen de cette question.

En d’autres termes, cela voudrait dire qu’une certaine priorité sera accordée à l’examen de cette motion de défiance. Et si tout le monde a le même entendement ou la même interprétation des textes, il ne serait pas tendancieux d’affirmer que le Premier ministre pourrait se présenter dans les prochains jours devant les députés nationaux pour un exercice que tout le monde attend avec intérêt.

Ce n’est donc plus qu’une question des jours voire d’heures. Le tout dépendra aussi de la vitesse avec laquelle le Gouvernement bouclera le budget de l’Etat pour l’exercice 2010, car les élus seront saisis du texte du budget. La session étant budgétaire, la chambre basse sera obligée de prioriser l’examen et l’adoption du budget par rapport à toute autre question surtout qu’il faudra que le Sénat s’y penche juste après.

Dans cette optique, la motion de défiance perdra toute son actualité jusqu’à la fin de l’examen du budget dans les deux chambres. Comme on le voit, le calendrier politique est très dynamique ; il ne dépend pas des députés seuls. Muzito peut encore le perturber, mais à condition qu’il sache tirer le bénéfice des avantages qui s’offrent à lui. C’est cela la politique.

Mais l’Assemblée nationale n’a pas que cela à faire. Il existe  une panoplie des matières à traiter. C’est ainsi que les élus nationaux ont proposé des ajouts des matières, entre autres le rapport de la gestion du bureau, la création des commissions spéciales chargées d’expliciter la synthèse des rapports des vacances parlementaires, l’inscription de la proposition de loi portant réglementation de la liberté des manifestations en Rdc et la loi portant protection des conservateurs.

Le projet ainsi présenté pour le bureau a subi des multiples modifications et a suscité, comme on a pu le constater, des vifs débats, notamment en ce qui concerne la proposition de loi portant révision de certaines dispositions constitutionnelles dont certains élus ont demandé la suppression du calendrier, faute d’en connaître l’auteur.

Le débat houleux qui s’en est suivi a permis de maintenir cette proposition au calendrier mais à la condition de voir son auteur, l’Honorable député Tshibangu Kalala, actualiser la liste des signataires et se conformer au règlement intérieur et à la Constitution.

(CL/TH/Yes)

Charles Mukonkole/La République