Le malaise qui frappe le Parti lumumbiste unifié (PALU) vient de prendre une allure catastrophique avec cette invitation adressée à Mme Thérèse Pakasa, secrétaire générale désignée et M. Jackson Bofunga, président du comité de crise, par un magistrat du parquet près le tribunal de grande instance de Matete. Les deux personnali­tés se sont présentées le lundi 28 septembre au parquet pour éclai­rer la lanterne du magistrat au sujet d’une lettre adressée le 24 avril dernier à Antoine Gizenga par Mme Pakasa.

Cette missive qui constitue une réaction du comité de crise à l’exclusion de M. Jackson Bofunga du PALU a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. En effet, M. Stéphane Ilanga, un chercheur indépendant, qui avait été chargé de déposer ladite lettre au siège du PALU au quartier De bonhomme a été séquestré et bastonné par les militants du PALU commis à la garde de leur siège.

Conduit au sous commis­sariat de la police le plus proche, le malheureux agent occasionnel du courrier a été entendu et ver­balisé par un Opj. N’ayant trouvé aucune infraction pouvant justifier sa garde a vue dans ce lieu, le sous commissariat de la Pnc n’a pas trouvé mieux que de se dé­barrasser de ce « colis »  gênant en le transférant au parquet de Matete.

Après 6 jours d’incarcération au parquet alors que la loi n’autorise que 48 heures de garde à vue, l’incriminé a été relaxé pu­rement et simplement par le ma­gistrat qui a conclu a un non lieu ayant estimé que cette affaire est un conflit politique qui devra être traité politiquement. Néanmoins pour en savoir plus, l’homme de droit a invité à son office Mme Pakasa et M. Jackson Bofunga qui sont au centre de cette affaire.

A cette occasion, le président du comité de crise a fait à l’inten­tion du magistrat un survol histori­que du PALU qui, pour rappel, est le produit d’une alliance de 6 par­tis politiques dont le PSA d’An­toine Gizenga. Il a stigmatisé l’existence d’un catéchisme aux allures subversives qui prône la xénophobie, le fondamentalisme politique du genre Al-quaïda, le recours aux milices pour lutter contre le néocolonialisme, etc. Selon lui, ce document qui conti­nue à être vulgarisé dans des cel­lules du parti alors que le pays est entré dans un processus démo­cratique, est devenu obsolète et doit être révisé de fond en com­ble.

Il a déploré le fait que depuis 45 ans d’existence le PALU n’a jamais organisé un seul congrès alors que les statuts stipulent que le bureau politique est élu par le congres pour un mandat de 3 ans. En conséquence, a-t-il indiqué, ceux qui se targuent aujourd’hui d’être les dépositaires de l’idéal du PALU n’ont pas qualité de déférer d’autres militants de ce parti en justice.

C’est pourquoi, a conclu Jack­son Bofunga, le combat du comité de crise consiste à faire organiser un congrès pour remettre le PALU sur les rails et actualiser ses sta­tuts. Comment, s’est-il demandé, un même parti politique peut-il dis­poser de trois statuts différents signés par une même personne (Antoine Gizenga) à la même date (22 août 1964) ?

Ce qui est aber­rant est que l’un des statuts censé avoir été signé en 1964, dans ses dispositions finales, salue la vic­toire de Nelson Mandela sur le néocolonialisme alors que Man­dela a été libéré en 1984 ? Allez-y comprendre quelque chose s’est écrié M. Bofunga.

En définitive, Mme Pakasa et M. Bofunga déclarent vouloir la redynamisation de leur parti autour des idéaux lumumbistes. Aussi demandent-ils au gouvernement de mener une enquête sur te fonc­tionnement du PALU pour l’aider à se conformer aux lois de la Ré­publique.

(CL/Milor/Yes)

H.M./L’Observateur