Intervention remarquée à l’Assemblée générale de l’Onu à New York du ministre des Affaires étrangères A. Thambwe Mwamba à la tête de la délégation congolaise pour avoir réaffirmé la position de fermeté de la SADC contre le régime putschiste contesté de Madagascar
La présidence RD-congolaise de la SADC commence à faire mouche. Alexis Thambwe Mwamba, ministre RD-congolais des Affaires étrangères représentant le Président Joseph Kabila à l’Assemblée générale de l’ONU, a confirmé la position adoptée par les Etats membres lors du 29ème Sommet de cette organisation sous-régionale, tenu du 7 au 8 septembre 2009 à Kinshasa. Il s’agit de l’observance de la fermeté vis-à-vis du régime putschiste d’Antananarivo dirigé par Andry Rajoelina.
Jeudi 24 septembre 2009, le chef de la diplomatie RD-congolaise apprend que le Président malgache est inscrit sur la liste des intervenants du jour suivant à la tribune des Nations unies. Dépité, Thambwe réunit ses collègues de la SADC pour exposer la préoccupation de Kinshasa qui trouve aberrant qu’un régime putschiste mis au ban de l’organisation sous-régionale, puisse arracher une consécration internationale à la tribune de la toute puissante ONU. Kinshasa refuse donc de donner une quelconque caution aux régimes émeutiers qui ressurgissent en Afrique. Pour donner toutes les chances de réussite à sa démarche et, en accord avec ses pairs de la SADC, Thambwe intervient par motion, exposant clairement la préoccupation commune de la SADC.
Cette proposition est assortie d’une demande d’audience auprès de la présidence de l’Assemblée générale de l’ONU. Le groupe de la SADC est reçu par le président de l’Assemblée et les préoccupations sont clairement exposées au point d’arracher le retrait du président malgache de la liste des intervenants. Surprise. Vendredi, la liste n’a subi aucune modification. Thambwe récidive avec une deuxième motion. Cette fois, il adopte un ton plus ferme. En substance, le groupe SADC menace de claquer la porte de ces assises au cas où la parole serait accordée à Rajoelina. Le groupe assoie son argumentaire sur l’article 71 du règlement intérieur de l’Assemblée générale. Après débat sur la motion, la position défendue par le groupe SADC finit par être endossée par l’Assemblée générale des Nations unies.
La démarche de Kinshasa fait mouche car un ministre, plénipotentiaire soit-il, a réussi à empêcher à un Président de la République -insurgé- de prendre la parole. Pour rappel, la démarche de Thambwe fait suite à la position de la SADC, présidée par la RD-Congo depuis le 8 septembre 2009 pour un mandat d’un an, qui a décidé de suspendre la participation du Madagascar de cette organisation, au motif que les dirigeants actuels ont accédé au pouvoir à la faveur d’un putsch. Un véritable succès diplomatique qui témoigne du retour en force et de la détermination de Kinshasa à rayonner sur le plan international.
Des commentaires sont allés dans tous les sens à propos de ce ministre qui, depuis sa prise des fonctions à la tête des Affaires étrangères, ne ménage aucun effort pour que la RD-Congo reprenne sa place de leader dans les sous-régions de l’Afrique centrale et de l’Afrique australe. L’on se souviendra de son premier voyage, le lendemain de sa nomination, en territoire rwandais pour le règlement de la question relative aux conflits armés à répétition à l’Est du pays. Sa franchise, sa détermination et la démarche proposée ont fini par convaincre et ramené la paix.
C’est encore Thambwe qui, en décembre 2008, a pris la défense de la cause RD-congolaise devant le Conseil de sécurité de l’ONU. Il a réussi à faire accepter la thèse de l’agression au sujet de différentes guerres à répétition. Cette clarification a permis aux décideurs, au niveau international, de comprendre qu’il s’agissait plutôt d’une guerre militaro- affairiste et non pas d’un conflit visant l’extermination d’une minorité. La thèse a été corroborée par le rapport des experts des Nations unies ayant déterminé le Conseil de sécurité de renforcer le mandat de la MONUC en RD-Congo.
(DN/TH/GW/Yes)
Kisungu Kas/Africa News