Le cinéma congolais a été à l’honneur le mercredi 23 septembre à la Halle de la Gombe/Centre culturel français de Kinshasa. Le réalisateur congolais Balufu Bakupa-Kanyinda a présenté ses deux derniers films, notamment « Nous aussi avons marché sur la lune » et « Juju Factory ». Un public sélect et cinéphile a assisté à ces projections.

Court métrage de 16 minutes, « Nous aussi avons marché sur la lune » revient sur le rêve d’Apollon 11, l’équipage d’astronautes américains qui ont été les premiers à fouler le sol lunaire. Mais au-delà de la réalité du 21 juillet 1969, c’est le rêve que nourrit chaque homme dans la réalisation de son bonheur. Dans ce court métrage, Balufu exprime sa position d’être libre ayant des rêves et des ambitions.

Le film est tourné exclusivement à Kinshasa, avec dans la distribution des rôles, le musicien Jean Goubald Kalala -qui fait pratiquement ses grands débuts dans le cinéma-, les comédiens Jean Chaka Tshipamba, Dorcas Mbombo, l’enseignant Tanga (Jean Goubald) et sa femme Nika (Dorcas Mbombo) qui est médecin se retrouvent chez le peintre Muntu-wa-Bantu (Jean Chaka) qui est le frère de Dorcas Mbombo pour suivre cet événement mondial. Ils ont tous les yeux braqués sur la lune.

Dans ce film, Balufu met en exergue à travers une sorte de galerie photos des figures tutélaires incarnant des valeurs morales et spirituelles à l’époque, telles que, Patrice Lumumba, Aimé Césaire, Gamal Abdel Nasser, etc.

Le prétexte émane de l’enseignant Tanga qui apprend à ses élèves de s’imprégner du roman de Césaire « Le cahier du retour au pays natal » et de rêver bien au-delà de la réalité terrestre, à l’instar de la conquête de la lune, un rêve qui s’est concrétisé aux Etats-Unis.

Deuxième film de la soirée, Juju Factory est long métrage de 97 minutes dans lequel le réalisateur Balufu alterne le style documentaire et la fiction. L’acteur Dieudonné Kabongo et Katik Donatien Bakomba, Carole Karemera, Pascale Kinanga, Nolda Massamba sont dans la distribution des rôles de ce film.

C’est l’histoire d’un écrivain (Dieudonné Kabongo) qui écrit un livre sur le quartier Matonge à Bruxelles. Et dans ce livre, il insère les revendications et autres dénonciations sociales et politiques, revenant sur certains faits historiques. L’éditeur (Bakomba) veut l’obliger à écrire un livre pour des fins commerciales. L’écrivain ne cède pas à son éditeur. Finalement, le livre est édité et connaît un franc succès.

« Juju Factory » littéralement « usine de la foi » sensibilise à la persévérance, à la confiance en soi. « J’ai fait un film pour exprimer ma prise de position », a fait savoir Balufu au cours de l’échange qui a suivi la projection du film.

Le cinéma, a-t-il déclaré, un art subversif, un art de la prise de position. Il n’existe pas de cinéma neutre. Ceci explique le fait qu’il ait des plans subjectifs dans le film. Créé en 2007, le film a déjà remporté cinq oscars du meilleur film dans des festivals du cinéma, et deux prix du meilleur acteur.

(Tkm/BT/PKF)

Martin Enyimo/Le Potentiel